Poule d’essai des poulains (gr1) : style vendôme, de la haute joaillerie

Autres informations / 12.05.2013

Poule d’essai des poulains (gr1) : style vendôme, de la haute joaillerie

« Le

cheval de course parfait. » C’est avec ces mots que Nicolas Clément a accueilli

Style Vendôme  (Anabaa), qui lui a offert

un premier classique en remportant la Poule d’Essai des Poulains (Gr1).

L’émotion de l’entraîneur était d’autant plus grande que Style Vendôme porte

les couleurs du comte André de Ganay, l’un des premiers propriétaires à lui

avoir fait confiance, avec Green Flyer , en 1990. Gagnant à 2ans, invaincu à

3ans, efficace sur tous les types de surface, capable de s’adapter à des

conditions de course très différentes : Style Vendôme est en effet un poulain

complet, capable de faire la différence en quelques foulées, comme il l’avait

montré pour sa rentrée dans le Prix Montenica (L) où ses derniers deux cents

mètres avaient été sensationnels. Il réalise également le doublé Prix

Djebel-Poule d’Essai, qui n'avait pas été réalisé depuis Kingmambo . C’était en

1993… Après son succès très convaincant dans le Prix Djebel, Nicolas Clément

avait aussi pensé aux "Guinées", mais en concertation avec les

propriétaires du poulain, c’est l’option Longchamp qui a été retenue, d’abord

en raison de l’opposition mais aussi considérant que le fait de jouer à

domicile était un avantage. À présent, deux choix s’offrent à lui, comme nous

l’a expliqué Nicolas Clément : « Les St James’s Palace Stakes (Gr1) à Royal

Ascot sont la suite logique, mais je pense aussi au Prix du Jockey Club… »

UN

PARCOURS SANS HEURT

Pour

arriver à ce couronnement, Style Vendôme a aussi bénéficié d’un coup de pouce

du destin, puisque vendredi, à 10 h 30, à l’heure où une partie de la course

s’est jouée, il a hérité du numéro 3 dans les stalles. Grâce à cela, il a eu un

parcours beaucoup plus fluide que quelques-uns de ses adversaires les plus

dangereux, dont  Intello (Galileo), même

s’il a dû prendre l’avantage assez tôt, plus tôt qu’il ne le fait

habituellement. Devant, les chevaux qui sont sortis de la fausse ligne droite

en tête, Princedargent (Kendargent), 

Pearl Flute (Piccolo), Bright Strike (Smart Strike) et  My Approach (New Approach) ont en effet

complètement craqué. « J’ai eu peur qu’il ne s’arrête une fois devant, a

raconté Nicolas Clément. Mais il est allé au bout en se montrant très

courageux. » Style Vendôme a en effet mis son coeur sur la piste pour résister

à tous les assauts, dont ceux de 

Dastarhon (Dansili), qui l’a toujours eu en ligne de mire, et Intello

qui aurait mérite mieux après avoir connu tous les malheurs et s’être élancé de

la stalle 17… Style Vendôme est donc sacré après un début de carrière sans

aucun faux pas. La seule fois où il a été battu, c’était pour ses débuts, dans

le Prix Yacowlef (L), mais Nicolas Clément avait expliqué qu’il ne l’avait pas

spécialement affûté. Il lui a ensuite trouvé un engagement sur mesure à Dieppe

avant qu’il ne remporte le Prix François Boutin (L). Nous avions alors titré,

au sujet de ce succès : "Une Listed tombée du ciel". Le jockey de  Havana Gold (Teofilo) avait en effet chuté à

quelques mètres du poteau alors qu’il avait course gagnée. Style Vendôme a

retrouvé Havana Gold dimanche, et il l’a dominé sans conteste possible. Havana

Gold s’est retrouvé loin dans le parcours, mais il a pu progresser contre le

rail dans la ligne droite. Il a même pris un instant l’avantage, mais a marqué

le pas à la fin, sûrement par manque de tenue. Il termine cinquième.

 

DU CÔTÉ

DES PROPRIÉTAIRES

LE COMTE

ANDRÉ DE GANAY : « UNE RÉUSSITE MIRACULEUSE »

Le comte

André de Ganay était présent à Longchamp pour assister à la performance de

Style Vendôme, qu’il détient en copropriété avec Christian Baillet. Installé en

Argentine, il a pu voir ses couleurs très anciennes briller dans un classique

français. « Nous avons peu de chevaux ici mais nous avons eu la chance d’avoir

l’an dernier une très bonne pouliche, Yellow and Green. Et maintenant, voilà

Style Vendôme ! C’est un miracle. Je suis d’ailleurs très reconnaissant aux

personnes qui ont permis cette réussite. Avec Christian Baillet, l'entente est

bonne et nous formons un beau duo. J’ai bien pu suivre la course : ma casaque

est jaune et on la voit de loin. J’ai vu mes couleurs progresser tout au long

de la ligne droite. Cette victoire, c’est une énorme satisfaction ! »

 

CHRISTIAN

BAILLET : « UNE INTENSITÉ QUE L’ON NE RETROUVE NULLE PART AILLEURS QUE DANS LES

COURSES… »

Christian

Baillet est associé avec le comte André de Ganay sur la propriété de Style

Vendôme. C’est un investisseur relativement récent dans les chevaux de course,

puisqu’il a débuté son activité il y a douze ans. Ce passionné de chevaux de

sport, qu’il élève dans son haras, nous a confié son émotion après avoir

remporté son premier Gr1.

JOUR DE

GALOP. – AUJOURD’HUI, C’EST VOTRE JOUR DE GLOIRE. QUE RESSENTEZ-VOUS ?

Christian

Baillet. – Avant la course, on y croit toujours un peu, même si on sait que

tout peut arriver. Et quand ça se passe bien, quand on évite les aléas, cela

fait très plaisir de gagner.

PENDANT

LA COURSE, NOUS ETIONS A VOS COTES ET VOUS SEMBLIEZ TRES CALME…

Au fond,

ce que je souhaite avant tout, c’est qu’il n’arrive rien de grave, qu’il n’y

ait pas de catastrophe. Il faut avoir la même sérénité dans la victoire que

dans les places ou dans les défaites.

AVANT

D’INVESTIR DANS LES COURSES, VOUS ETES TRES ACTIF DANS LES CHEVAUX DE SPORT.

QUEL PARALLELE FAITES-VOUS ENTRE CES DEUX ACTIVITES ?

Les deux

plaisirs sont différents et je ne veux pas les comparer. Mais il y a une

intensité dans les courses que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, du moins

dans le monde du cheval.

ENVISAGEZ-VOUS

D’ELEVER DES PUR-SANG ?

Pas pour

l’instant. Actuellement, je n’élève que des chevaux de sport et je trouve que

les deux ne sont pas très compatibles. 

Ou alors il faudrait élever dans deux lieux différents. Enfin, je n’ai

pas encore sauté le pas mais… ça viendra peut-être un jour.

 

DASTARHON

FAIT BRILLER DES COULEURS DE L’EST

Dastarhon

porte les couleurs d’Avaz Ismoilov, un propriétaire ouzbek. Son courtier est

Jean de Chevigny, qui nous a raconté : « Avaz Ismoilov est un grand éleveur

d’Akhal-Téké. Il est passionné de chevaux et, un jour, alors que j’étais avec

lui, j’ai vu à l’arrière de sa voiture un catalogue de Tattersalls. Il m’a

alors expliqué que les pur-sang l’intéressaient aussi. Il a acheté ses premiers

chevaux en France en 2011. Cinq en tout et il a déjà la chance d’être deuxième

d’un Gr1 avec Dastarhon. »

 

UNE

GRANDE PERFORMANCE DE DASTARHON

À la

deuxième place, on retrouve un cheval que l’on n’attendait pas forcément aussi

haut.  Dastarhon (Dansili) n’avait que

peu d’expérience et n’avait couru qu’une fois cette année, où il avait été

devancé par  Anodin (Anabaa). Il réalise

une drôle de performance, après avoir suivi dans un premier temps Style Vendôme

dansson effort et avoir trouvé l’ouverture à l’intérieur. « C'est un très beau

cheval. J'étais très confiant avant le coup et je pense qu'il va encore

s'améliorer. Il est encore un peu "bébé" : dans le parcours, il

regardait beaucoup les autres chevaux. Il finit très fort. Je ne sais pas ce

que va décider son entourage, mais c'est un très bon cheval pour l'avenir », a

confié Umberto Rispoli.

INTELLO

AURAIT MERITE MIEUX

Intello

n’a pas eu le temps de remonter Style Vendôme malgré sa ligne droite

exceptionnelle. À trois cents mètres du poteau, il avait encore plus de dix

longueurs à refaire sur les chevaux de tête. « Le cheval est rentré avec des

atteintes et déferré. Il a malheureusement eu un mauvais parcours, et quand on

voit la ligne droite qu’il a effectuée, on sait que nous avons vraiment un bon

cheval… », nous a confié Pierre-Yves Bureau. Gale Force Ten (Oasis Dream) fait

partie de ceux qui n’ont pas connu de problèmes dans le parcours, et le

troisième des Middle Park Stakes (Gr1) l’an dernier a pu prendre la quatrième

place.  Morandi (Holy Roman Emperor) est

une des autres bonnes notes de la course. Jean-Claude Rouget a précisé avant

l'épreuve qu’il avait le Prix du Jockey Club en tête pour son pensionnaire et

qu’il souhaitait surtout le voir bien finir dans la "Poule". Vu la

façon dont Morandi a conclu son parcours, il peut envisager le Derby français

avec sérénité.

UN

SUCCES POUR L’ELEVAGE PARIENTE

Élevé

par Guy Pariente, Style Vendôme est issu de la famille du valeureux  Dobby Road, 75 courses au compteur, vainqueur

du Prix d’Arenberg (Gr3) et troisième du Grand Critérium (Gr1).  Domino Queen (Primo Dominie), troisième mère

de Style Vendôme, est la génitrice de Dobby Road, qui est aujourd’hui étalon.

Style Vendôme est aussi le neveu de 

Maroon Machine (Muhtathir), deuxième du Critérium du Fonds Européen de

l’Élevage (L). Sa mère,  Place Vendôme

(Dr Fong), a terminé deuxième du Prix Ronde de Nuit (L) et troisième du Prix

Sigy (L). Place Vendôme avait été achetée 28.000 euros par l’Agence Fips (Hervé

Bunel) en octobre 2005 à Deauville. Style Vendôme est son deuxième produit.

Elle a également un 2ans par Orpen, à l’entraînement chez Nicolas Clément, et

un yearling par  Kendargent.