Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Gémix, l’héritier

Autres informations / 10.06.2013

Gémix, l’héritier

En s’imposant dimanche dans la Grande Course de Haies d’Auteuil, Gémix (Carlotamix) a offert un premier Gr1 en tant qu’éleveur à Yves Frémiot, qui dirige depuis de nombreuses années le haras d’Ayguemorte, juste à côté de Bordeaux. Une victoire qui résonne comme une consolation pour l’éleveur, qui a vu il y a quelques jours Carlotamix quitter son box pour rejoindre l’Irlande et Coolagown Stud. « Malgré les bons résultats de Carlotamix comme étalon avec, outre Gémix, des chevaux comme Va, Calvin Williams ou Cœur à Cœur, les éleveurs l’ont boudé et cette année, il n’a sailli que sept juments pur-sang et trois angloarabes, nous a expliqué Yves Frémiot. Cela m’a mis le moral à zéro, et quand des Irlandais sont venus me voir pour l’acheter, j’ai accepté leur offre. Il est dommage pour l’élevage français de voir partir un tel cheval... Heureusement, l’entourage de Gémix a eu l’intelligence de garder le cheval entier et j’espère qu’il pourra un jour faire la monte en France. »

GO MILA, LA POULINIERE PROVIDENCE

Gémix est donc un produit 100 % Frémiot, puisque sa mère est issue d’une souche présente à Ayguemorte depuis trois générations. Cette famille est celle de Go Mila (Go Marching), la troisième mère de Gemix, qu’Yves Frémiot a récupérée comme poulinière après sa carrière de courses. « Elle courait sous les couleurs de mon ami Gérard Schocron. C’était une jument avec beaucoup d’influx, qui partait en tête et allait souvent au bout. Elle a gagné cinq courses en province, en appliquant cette tactique. J’aimais aussi son père, Go Marching, qui apportait beaucoup de vitesse. » Pour l’anecdote, Go Mila, élevée par Joël Seyssel, entraîneur du roi du Maroc, a été baptisée ainsi en référence à sa fille, Ludmilla, surnommée Mila.

Go Mila a été croisée avec des étalons faisant la monte à Ayguemorte, et avec Solicitor, elle a donné à la famille Frémiot l’un des produits phares de l’élevage, Go Milord, lauréat du Prix Quincey (Gr3). « J’avais présenté Go Milord à Deauville. C’était un petit poulain, très vif et intrépide, et personne n’en a voulu. Marcel Rolland l’a acheté à l’amiable. Il a débuté à réclamer. Il était resté dans sa boîte et avait fini en trombe, à la deuxième place. Je crois que lors de son succès dans le Prix Quincey, il avait été emmené en main en boîte, tellement il débordait de vitalité. Gémix a hérité de ce trait de caractère ! Poulain, il était très gentil mais ne tenait pas en place. » Go Mila a également produit deux bons chevaux d’obstacle, Go in Front et Gospel. C’est aussi la mère de Gondwana (Hours After), la génitrice de Gat (Nombre Premier), lauréat du Prix Frédéric de Lagrange (L), et de Darling Story (Nombre Premier), gagnante du Prix Delahante (L).

UN PROPRE FRERE DE GEMIX NE CETTE ANNEE

Ges (Hours After), la mère de Gémix, a elle aussi quitté récemment le haras d’Ayguemorte. Présentée pleine de Carlotamix en novembre dernier à Osarus, elle a été vendue à Xavier Goupil (élevage Borget), vétérinaire comme Yves Frémiot, pour seulement 4.500 euros. « Je l’ai eu au téléphone il y a quelque temps, et il m’a annoncé que la jument avait mis bas d’un mâle, propre frère de Gemix donc. M. Goupil est très lié à Jehan Bertran de Balanda, et a priori, le poulain n’est pas destiné à la vente... » La souche de Ges a été conservée par les Fremiot via une sœur de Gémix, Gezite (Dragon Dancer) qui, pour le moment, apprend son métier de cheval d’obstacle en province. Gondwana perpétue elle aussi le sang de Go Mila au haras.