30.000 € d’amende pour les absents de dax

Autres informations / 16.07.2013

30.000 € d’amende pour les absents de dax

Comme JDG vous le révélait hier en exclusivité, les entraîneurs accusés d’avoir volontairement déclaré certains de leurs chevaux non partants à Dax ont été condamnés à 1.500 euros d’amende pour chaque cas litigieux. Soit une amende totale de 30.000 euros... qui correspond plus ou moins au manque à gagner consécutif à l’annulation des "Multis" du 4 juillet à Dax.

On connaît désormais l’ampleur des sanctions consécutives à l’affaire des non partants de Dax. Vingt chevaux dont l’absence n’était pas justifiée par un certificat vétérinaire ont suscité une amende de 1.500 euros : neuf chez Cédric Boutin (13.500 €), six chez Mathieu Boutin (9.000 €), quatre chez Thierry Doumen (6.000 €), et peut-être un aussi chez David Windrif (1.500 €). L’amende totale doit donc atteindre 30.000 euros.

L’enquête a été diligentée par les quatre commissaires de Dax (J.-Y. Bénard, J.-P. Capitaine, F. Galibert et T. Robinson). Ceux-ci ont pris contact avec les entourages des chevaux concernés (propriétaires, entraîneurs et jockeys) pour obtenir un complément d’information, en leur demandant d’envoyer un fax... à France Galop directement, et non à Dax comme on aurait pu le penser. France Galop a également été présent dans l’enquête à travers le docteur Gadot, sollicité par les commissaires dacquois pour vérifier le bienfondé des certificats vétérinaires de certains chevaux. Hier lundi, le courrier signé par les quatre juges de Dax est donc arrivé chez les entraîneurs, précisant la sanction de 1.500 euros d’amende par cheval quand les explications données n’étaient pas jugées satisfaisantes.

L’article 130 laisse en effet une grande latitude aux commissaires : entre le satisfaisant et le non satisfaisant, la frontière est mince.

Surtout quand on parle d’un cheval déclaré non partant "sans motif" comme le prévoit le Code des courses... Il faudra sans doute, à l’avenir, faire évoluer cette règle.

LES CONDAMNES FERONT APPEL

Du côté de Dax, le président Gayan-Sourden justifie cette décision par la préméditation [lire notre encadré]. Chez France Galop, pas de réaction officielle pour l’instant.

Du côté des entraîneurs concernés, la stratégie de défense demeure inchangée. Pour eux, chaque non partant de Dax avait une bonne raison de ne pas aller aux courses. Ils vont donc, comme nous l’annoncions hier, faire appel de cette décision. Les commissaires d’appel parisiens trancheront.

PAS DE PROBLEME JEUDI A VICHY

Enfin, des rumeurs faisaient état d’une possible menace concernant le Quinté de Vichy de jeudi. Comme à Dax, certains chevaux ressemblaient à des non partants en puissance (par exemple des chevaux totalement hors distance)... mais ils ont finalement disparu des listes. Le Quinté de Vichy devrait donc être épargné.

LE SYNDICAT NATIONAL DES PROPRIÉTAIRES S’EST RASSEMBLÉ À VICHY

En plein cœur de la Grande Semaine du galop de Vichy, le Syndicat national des propriétaires a tenu son assemblée générale, ce mardi. Les grandes questions du moment ont été abordées par son président, Philippe Bouchara, et par le président de France Galop, Bertrand Bélinguier. Retrouvez les points évoqués en pages 5 et 6 de JDG.

JEAN-LOUIS GAYAN-SOURDEN :

« LES COMMISSAIRES ONT SANCTIONNÉ LA PRÉMÉDITATION »

Nous avons contacté Jean-Louis Gayan-Sourden, Président de la Société des courses de Dax, pour avoir son sentiment sur les sanctions révélées hier (1.500 € par cheval non partant, le jeudi 4 juillet à Dax). « Je pense que l’importance des sanctions a été portée par les commissaires de la Société des courses de Dax car ils ont considéré qu’il s’agissait de préméditation. Vingt chevaux sur les trente non partants sont sanctionnés. Ceux qui ne le sont pas, c’est parce que les commissaires ont considéré qu’ils avaient fourni des certificats vétérinaires valables. Les commissaires ont appliqué les règles,

car ils sont persuadés qu’il s’agit de préméditation. » Plusieurs éléments portent à croire à cette hypothèse de la préméditation, selon Jean-Louis Gayan-Sourden. « Il faut savoir que lors des engagements pour cette réunion, il y avait 35 % de chevaux engagés en plus par rapport à d’habitude. Dont certains provenant de maisons qui ne sont jamais venues à Dax. Aux premiers forfaits, elles ont laissé leurs chevaux. De même, aux partants probables, elles ont laissé un nombre incroyable de partants. J’avais même téléphoné à France Galop pour demander à diviser l’un des handicaps, et ce n’était pas possible car il y avait trop de chevaux provenant de la même maison. Pour toutes ces raisons, je suis persuadé qu’il s’agit de préméditation. »

Jean-Louis Gayan-Sourden a par ailleurs souligné les dommages, aussi bien financiers qu’en termes d’image, que ce nombre important de non partants a entraîné : « Cela a fait perdre de l’argent aux turfistes qui ont joué des "Multis" le matin dans les points courses. Ces entraîneurs ont par ailleurs fait éliminer une quarantaine de chevaux, et certains propriétaires étaient prêts à aller en justice. Ils ont fait perdre 300.000 euros à l’État et à la Société de courses (*). En termes d’image, c’est aussi mauvais pour nous. Avoir une réunion premium qui passe à la télévision, est un moment très important. Et cela a été très dur à vivre pour tous les bénévoles de la Société des courses, qui aiment leur sport ! »

(*) 300.000 euros – ou 200.000 euros selon d’autres sources – ne constituent pas la somme que l’État et la Société de courses se seraient partagée ; c’est le chiffre d’affaires qu’auraient suscité les "Multis" ayant dû être annulés. La perte de résultat pour la filière courses varierait plutôt entre 20.000 et 30.000 euros... Un montant qui correspond à la sanction financière infligée aux entraîneurs.