Est-on sûr que le cheval soit bien utilisé ?

Autres informations / 28.08.2013

Est-on sûr que le cheval soit bien utilisé ?

« Bien que les questions économiques ne soient pas toujours une finalité, elles sont toujours une nécessité. L'organisme France Galop n'y échappe pas. Comme tout organisme, il a ses clients (qui lui procurent des rentrées d'argent) – en grande partie le PMU – et ses fournisseurs (auxquels il verse de l'argent) – en grande partie les propriétaires qui eux-mêmes paient par prélèvement les entraîneurs et les jockeys.

Satisfaire le PMU, c'est lui fournir des courses sur lesquelles le parieur joue.

Satisfaire les fournisseurs de France Galop, c'est leur assurer un retour qui leur permette de continuer.

Alors je pose cette question : est-on sûr que les allocations vont aux courses et aux chevaux permettant le développement du PMU ? La réponse est dans le programme ; l'analyse serait à faire.

Est-on sûr que le cheval, produit du fournisseur, soit bien utilisé ?

Beaucoup de naissances, beaucoup de courses pour jeunes chevaux, beaucoup de rebut, peu de courses pour les bons chevaux qui ne sont pas des cracks (et beaucoup de courses de province très barrées, pour les chevaux d'âge, courses probablement peu rentables pour France Galop, et chevaux médiocres souvent coûteux pour leur propriétaire).

Il se pourrait qu'il soit intéressant d'orienter davantage le programme vers des courses pour bons chevaux aux carrières longues, connus et appréciés des parieurs, satisfaisant les propriétaires et les éleveurs qui aiment voir courir leurs chevaux et les aidant financièrement.

Raisonner ainsi, c'est un peu s'écarter de l'objectif de sélection uniquement. Mais c'est la réalité, les choses ont évolué depuis que l'on cherchait à sélectionner pour améliorer la cavalerie, moyen de transport.

Une des raisons d'être des courses et du cheval de course aujourd'hui, c'est de faire plaisir au parieur et aux propriétaires, c'est donc de courir bien et longtemps, ce qui n'empêche d'ailleurs pas la sélection.

Pour les courses d'élite de sélection, dont on n'est pas sûr qu'elles génèrent davantage d'enjeu, elles pourraient être financées en partie par les acteurs du marché, notamment les vendeurs, les agences de vente et de courtage, puisque ce sont eux qui en tirent les bénéfices.

Vous aurez reconnu que l'auteur est un petit propriétaire éleveur, qui privilégie le fait d'aimer les chevaux et les courses, et qui souhaite pouvoir continuer. »

Pierre Rives