évolution n’est pas révolution

Autres informations / 31.08.2013

évolution n’est pas révolution

Si ce thème « Programme et allocations des courses au galop » ne suscite pas plus de réactions que ça, malgré l’affaire scandaleuse de Dax, c’est sans doute que, justement, il n’y a pas tant que ça à redire.

Il faut se rendre compte qu’en vingt ans le nombre de courses au galop « PMU puis Premium » en France s’est multiplié peut-être par trois ou quatre. Il a fallu soit les créer, soit les modifier en régions, adapter les hippodromes aux normes, etc., ce n’était pas rien. Cela s’est plutôt bien passé dans l’ensemble et ça continue, avec au moins autant de partants par course en province (vient y courir qui veut) qu’en région Parisienne. Et tout à coup, pour quelques Parisiens qui n’ont pas compris les bienfaits des réformes concernant les indemnités de transport, on devrait tout revoir, partout et sur tout ! Évolution n’est pas révolution !

 

Par ailleurs, est-il normal qu’un cheval « reçoive » dans une année plus en indemnités de transport qu’en gains de courses ? Les trotteurs ne reçoivent rien et ne se plaignent pas, eux, on peut craindre et redouter ce qu’ils pensent de tout cela ! S’il manque des courses pour telle ou telle catégorie de chevaux en région parisienne (Commission de pro grammes en Île-de-France ???) d’abord ce n’est sans doute pas nouveau et à qui la faute ? Les personnes concernées compétentes, élues ou non, réunies autour d’une table, vont résoudre ensemble les problèmes, n’en doutons pas, sans qu’il faille forcément remettre en cause tout le programme français. On ne peut pas à la fois se réjouir de la décentralisation mise en place par Jean-Luc Lagardère qui a telle ment fait se développer le PMU par l’augmentation des réunions « premiums » et se plaindre d’avoir l’occasion d’aller de temps en temps gagner des courses en province ! Il y a bien longtemps que les provinciaux sont obligés d’aller courir leurs bons chevaux à Paris ; c’est ainsi, ils n’en font pas une affaire d’État.

 

Pour éclaircir le débat, il faut savoir que les commissions de programmes sont régionales et constituées, en plus des di recteurs de fédérations, de propriétaires, d’entraîneurs, d’éleveurs, de jockeys, de représentants d’hippodromes locaux, élus aux comités régionaux et aux fédérations par leurs pairs et pour quatre ans. Dans l’Ouest, fait marquant et unique, les fédérations Ouest et Anjou-Maine s’unissent pour le bien de tous depuis environ vingt ans pour synchro niser et harmoniser les programmes et conditions de courses se disputant sur quatre-vingt-quinze hippodromes, ce qui n’est pas banal. Les membres, au nombre d’une ving taine, se réunissent trois fois par an et par spécialité : plat et obstacle. Les représentants de France Galop sont pré sents. Ils proposent, dirigent et valident chaque course. La compétence de tous, fondée sur l’expérience à traiter le sujet, est incontestable, comme dans toutes les régions, on peut le croire. La préoccupation majeure de cette commis sion est de valider des conditions de courses devant conve nir à tous types, âges et catégories de chevaux, assortie de rectificatifs pour une course n’ayant pas par exemple réuni suffisamment de partants l’année précédente.

 

Toutefois, il y a lieu de souligner et de noter la force de pro positions de Génération Galop ayant été mûrement réflé chies, basées quand même prioritairement sur la région parisienne et le programme classique, dirons-nous. Bien sûr que le programme dit classique pour 2ans et 3ans doit être alléchant, pour l’image des courses en France, la compéti tivité internationale et pour que les éleveurs vendent tou jours mieux leurs yearlings. Mais sans entretenir la médiocrité, la priorité à défendre reste quand même le pro gramme pour tous les autres chevaux. D’abord parce que ce sont eux qui fournissent la majorité des partants, en plat comme en obstacles, indispensables au PMU (et autres pre neurs de paris) manne de la filière, mais aussi parce que ces chevaux représentent pour presque 90 % les proprié taires résidants en France, « espèce » à conserver et même à préserver. Sans eux, demain tout s’écroule, moitié moins de courses et six partants par course, donc plus de jeux ou presque, plus beaucoup d’allocations ! Caricature ? Peut être, mais quelques-uns, croyant pouvoir se passer d’eux ou ne plus en avoir besoin, oseraient-ils souhaiter une si tuation pareille ? Regardons bien ce qui se passe autour de nous ! 

 Bien sûr, tout doit évoluer. Exemples : utiliser plus encore les P.S.F. de Chantilly, de Pau, de Pornichet et Lyon l’hiver en mini meetings pour « alléger » Deauville, théâtre de trop d’éliminés, créer comme à Vichy « Une semaine du galop dans l’Ouest » sur les hippodromes de Nantes, Angers, Le Lion d’Angers, Craon, Châteaubriant, Pornichet…, dévelop per des courses avec qualification par les gains totaux (comme au trot), avec surcharges, afin de remplacer des handicaps dit-on trop nombreux, handicaps pour très bons chevaux, mettre des valeurs handicap P.S.F., autoriser plus encore les 2 et 3ans gagnants d’une course E, F ou G à re courir ces mêmes catégories de courses en les surchar geant, bien sûr, cela leur éviterait d’aller vers les

« réclamers » parfois seule solution, pour l’économie. Exem ples : baisser à 20 % la prime propriétaire dans les courses

« à réclamer » et ne pas payer le dernier dans les courses de quatre et cinq partants, etc.

Sachant que l’effectif d’un entraîneur peut évoluer en qualité et en quantité d’une année à l’autre, il est évident que cer taines conditions de courses locales ayant convenu durant une année peuvent moins convenir l’année suivante.

Sans oublier le calendrier changeant, comme les dates de réunions, un programme cohérent et satisfaisant pour tous est plus facile à dire qu’à faire, le constat redouté est : d’avoir déshabillé Pierre pour habiller Paul ! Restons confiants.

Philippe DESBOIS, propriétaire depuis quarante ans