Il faut sauver le gran premio di merano

Autres informations / 24.08.2013

Il faut sauver le gran premio di merano

Gianni Martone et ses amis, réunis sous le drapeau de Merano Galoppo, ont déjà réussi à sauver l’hippodrome de Maia de la faillite. Ils ont maintenant un nouvel objectif : la mise en place d’un Gran Premio digne de son nom. « La passion nous a amenés à former une nouvelle société pour la gestion de l’hippodrome. J’aime les courses et Merano, et je ne pouvais pas imaginer de voir l’hippodrome fermé. Cela me semble honteux. Ce printemps, nous avons, vite fait, monté une équipe, et c’était parti. Ce que nous faisons, c’est plus que du bénévolat : nous travaillons en payant pour avoir le droit de travailler », explique Gianni Martone. Ce dernier a connu une très bonne réussite comme propriétaire, avec le gagnant de Gr1 Estejo (Johan Cruyff), ainsi qu’avec le champion sur les haies Lord Madonna (Try my Best).

La saison de Merano, assez serrée avec 22 réunions, est repartie au mois de mai. L’obstacle est le point fort de l’hippodrome. D’après Gianni Martone, les résultats sont très bons : « Je suis très content de la réponse du public. Merano est un endroit assez spécial, et nous retrouvons nos anciens clients, avec aussi de nouveaux visages. Lorsque nous avons repris la gestion de l’hippodrome, notre but n’était pas de gagner de l’argent. Pour le moment, et malgré toutes les difficultés rencontrées, nous pouvons dire que le pari est gagné. »

UNE EPREUVE A VISEE INTERNATIONALE

Il s’agit maintenant de doubler la mise. Le célèbre Grand Prix de Merano, programmé le 29 septembre, sera disputé alors que les 250.000 euros d’allocations de l’édition 2012, remportée par le champion français Rigoureux (Villez), n’ont pas encore été payés. Nous sommes dans le domaine de l’absurde, mais le monde des courses, en Italie, est difficile à expliquer. Ou ce sont plutôt les attitudes des politiciens italiens qui sont impossibles à comprendre. Gianni Martone n’a pas trop envie de rire sur ce sujet : « Je suis une double victime, en tant que propriétaire de chevaux mais aussi comme actionnaire d’un hippodrome. Il n’est pas question de manier la langue de bois : le ministère de l’Agriculture est très en retard sur le paiement des allocations 2012, parce que l’argent était bloqué par la bureaucratie, alors que les somme allouées pour l’année 2013 semblent disponibles. Mais les propriétaires et les professionnels n’ont reçu que les virements du mois de février. C’est le "bazar" (sic), et c’est surtout difficile à expliquer à nos amis étrangers ! Je viens de recevoir un mail du ministère, annonçant que les paiements de septembre 2012 seront assurés dans le plus court délai. Je suis sûr et certain que tout sera payé, mais la question qui se pose est : quand ? Les retards des paiements ont déjà entraîné un boycott des grands prix de plat de la part des étrangers. C’est au détriment des propriétaires italiens, parce que la valeur commerciale de leurs gagnants de courses de Groupe se trouve réduite. C’est aussi grave pour l’obstacle, car le Gran Premio Di Merano a été, depuis sa création en 1935, une grande course internationale, et l’affrontement entre les Italiens et les Français en a fait l’histoire. »

Dès lors, que faire face a un ministère très fort en promesses, mais bien lent à les tenir ? Gianni Martone joue le jeu à fond : « Lundi, nous irons à Waregem comme ambassadeurs, afin de rencontrer les entraîneurs français. Je ne veux même pas imaginer un Gran Premio italo-italien, sans étrangers. Nous sommes en train de faire des travaux assez importants sur l’hippodrome, afin d’offrir le meilleur accueil au public et à nos invités, mais cela ne suffira pas : il faut que le spectacle en piste soit de très haut niveau. Pour ma première, je ne veux pas mettre en scène un petit Merano. »

LE MERANO GALLOPO S’ENGAGE A PAYER LES ALLOCATIONS EN CAS DE DEFAILLANCE DE L’ETAT

Si l’argent fait la guerre, il faut aussi de l’argent pour monter une bonne course... Gianni Martone le sait bien, et annonce : « J’espère que, suite aux annonces du ministère, les allocations de Merano 2012 seront payées avant Merano 2013. C’est peu, mais c’est mieux que rien. Concernant l’édition 2013, je pense que tout sera plus rapide, mais avec la bureaucratie italienne, on ne sait jamais. C’est pour cela que nous avons décidé de nous engager avec nos amis de Merano Galoppo. Si le ministère ne paye pas les allocations aux étrangers avant le 28 février, ce sera Merano Galoppo qui s’en chargera directement. Voilà notre promesse, et nous ne sommes pas des politiciens. » Merano et le Gran Premio, dont les engagements ont lieu jeudi prochain, sont un point d’orgueil pour Gianni Martone et ses amis.