Quel avenir pour le galop à pompadour ?

Autres informations / 26.08.2013

Quel avenir pour le galop à pompadour ?

« Au moment où JDG lance un grand débat sur l’avenir du Galop en France, il me semble que cette question se pose très concrètement à Pompadour.

L’extinction de leurs feux par les Haras nationaux me fait l’effet de la capitulation de 1940. Les Haras nationaux sont à l’origine de toutes les activités cheval à Pompadour. Anticiper leur disparition comme certains responsables, y compris locaux, ont pu le faire en ma présence, l’admettre sans envisager les pistes à suivre pour compenser cette perte en pensant à l’avenir du "Pays de Pompadour" et au-delà pour la Corrèze et la Région, me conforte dans ma comparaison avec 1940 C’est en prolongement de cette réflexion que j’ai proposé l’idée de faire de Pompadour un centre de formation ouvert à tous les métiers du cheval. Les atouts de Pompadour sont exceptionnels : un nom que le monde entier connaît, un patrimoine historique qui conduit des Lastours à la marquise et se poursuit pourquoi pas à Poincaré et à des présidents beaucoup plus récents, un patrimoine immobilier magnifiquement adapté aux fonctions envisagées, une situation géographique particulièrement avantageuse. Une telle installation se justifierait en terme par exemple de besoin pour la filière mais également en terme plus général d’aménagement du territoire.

Maintenir et pourquoi pas développer l’activité galop à Pompadour oblige à ouvrir concrètement et publiquement la question d’un centre d’entraînement secondaire à Pompadour... On doit en finir avec les bruits de salon, de couloir ou de bar et prendre le sujet à bras le corps. Ce centre d’entraînement est justifié par la présence de nombreux permis d’entraîner. Mais quel accueil leur est-il réservé ? Où installer des permis d’entraîner qui souhaiteraient s’installer à Pompadour ? À quelles pistes d’entraînement ont-ils accès ? L’hippodrome ? Oui, l’hippodrome, et seulement celui-ci, avec les contraintes inhérentes à cette situation : limitation des jours d’utilisation par les trop nombreuses jounrées de fréquentations du site dans le cadre de concours complets, mais aussi et de façon que comprennent bien les membres de la Société des courses que nous sommes, dans le cadre des courses. Ce dernier point fait d’ailleurs question. Notre société – qui est la seconde association de Corrèze – doit s’appliquer à proposer les meilleures conditions d’utilisation de l’hippodrome aux professionnels et amateurs qui y font courir, doit être au centre de toutes les préoccupations, et pour le public, un site à la hauteur de nos ambitions. Sur ces questions et d’autres la Société doit une meilleure écoute à ses membres, par exemple proposer une communication plus ouverte, plus... pédagogique les jours de course. L’hippodrome doit être un centre de vie où chacun se sent à l’aise, dont chacun comprend le fonctionnement, les codes. Mais aussi où les professionnels, les amateurs et leurs chevaux soient mis au centre de cette communication, car il ne faut jamais oublier que les course doivent conserver leurs composantes ludiques de fête et d’activité sportive de haut niveau.

La mise en place d’un véritable centre d’entraînement secondaire aurait sa place dans le cadre de l’aménagement du territoire et permettrait sans doute une reconnaissance de nos activités par les instances administratives et financières, tout particulièrement les banques, qui considèrent, dans notre région le plus souvent, les activités équestres du domaine de la frivolité et ne les prennent pas au sérieux.

Enfin, il est absolument nécessaire à notre survie locale que l’ensemble des acteurs de la filière mutualisent leurs efforts, leurs engagements. Aucun d'entre nous ne doit jamais oublier que c’est l’activité des courses qui procure une grande partie des financements de la filière. À partir de là, comment accepter que les box des Haras nationaux soient réservés à des participants d’activités équestres ponctuelles et qui, il faut d’ailleurs le regretter, ne génèrent pas de public. À l’exception évidemment d’un concours hippique concurrençant de façon ahurissante la journée du 15 août de la Société des courses, avec, qui plus est, entrées gratuites. Certains ont répondu qu’il ne pouvait en être autrement compte tenu de l’absence d’éclairage pour produire un concours nocturne, ce qui en justifiait la gratuité. Seulement, souvenons-nous que les concours avaient bien lieu en plein jour, pendant que se déroulaient les courses du 15 août ! Une fois de plus, je rappellerai l’antériorité des courses à Pompadour sur l’ensemble des activités équestres sportives. On ne peut que regretter des courses sans connaissances et sans implications historiques, et là encore le manque d’ouverture pédagogique en direction du public. »

Bernard Favennec