Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Une belle histoire autour de noozhoh canarias

Autres informations / 07.08.2013

Une belle histoire autour de noozhoh canarias

Le très courtisé Noozhoh Canarias (Caradak) a fait briller l’Espagne dans le Critérium de La Teste-Ventes Osarus (L), lundi, en Gironde. Son entraîneur, Enrique Leon, et son propriétaire-éleveur, Juan Carlos Bolano (associé avec son frère José Luis), sont revenus, pour JDG, plus en détail sur le poulain ainsi que sur leurs trajectoires respectives et leurs ambitions.

ENRIQUE LEON :

« NOOZHOH CANARIAS FAIT TOUT PAR QUALITÉ, PAS PAR PRÉCOCITÉ »

JDG. – QU’AVEZ-VOUS RESSENTI APRES LA VICTOIRE  DE  NOOZHOH  CANARIAS  DANS  LE  CRITERIUM DU BEQUET-VENTES OSARUS (L) ?

Enrique Leon. – Beaucoup de satisfaction personnelle. Noozhoh Canarias est un cheval très spécial pour moi et il est en train de démontrer qu’il l’est aussi sur la piste. Sa mère [Noozhah, ndlr] a été ma première gagnante en tant qu'entraîneur et elle m’a aidé à me lancer dans le métier.

AVEZ-VOUS EU PEUR  LORSQUE  NOOZHOH  CANARIAS  S’EST MONTRE BRILLANT EN DEBUT DE COURSE ?

Pas réellement. D’autant que, comme l’a dit son jockey, il n’a pas énormément tiré. C’est simplement son rythme naturel et il faut le laisser dérouler son action.

DEPUIS QUAND PENSIEZ-VOUS COURIR LE CRITERIUM ?

Comme nous n’avons pas pu participer à Royal Ascot avec lui, nous avons opté pour une voie plus facile permettant également de ne pas voyager trop loin. La Teste nous convenait, parce que le voyage se fait bien depuis Madrid.

NOOZHOH CANARIAS VOUS A-T-IL MONTRE DE LA QUALITE DES SES DEBUTS A L’ENTRAINEMENT ? J’ai des chevaux d’âge à l’entraînement, il travaillait avec eux et il nous a surpris. Dès les premiers instants, à l’écurie, il a été très spécial. Ce qui m’impressionne, c’est qu’il est encore "bébé". Il fait tout par qualité, pas par précocité. Il a encore une bonne marge de progression.

A-T-IL BIEN RECUPERE DE SES EFFORTS ET DU VOYAGE ?

Le retour à Madrid s’est très bien passé, il est très heureux et pas abattu. Nous avons prévu de ne courir qu’une seule fois cette saison, mais nous ne savons pas encore où. Les deux options sont le Prix Jean-Luc Lagardère et les Dewhurst Stakes (Grs1). Nous déciderons un peu plus tard.

EST-CE VOTRE PREMIERE VICTOIRE DE LISTED ?

Je m’étais déjà imposé à ce niveau, avec Bellaside, à Milan. Je m’y étais aussi placé avec Cielo Canarias, cette année à Vichy. Tous les deux appartiennent au Grupo Bolanos. Ce sont d’excellents propriétaires, qui ont les moyens de courir partout en Europe.

QUEL A ETE VOTRE PARCOURS AVANT DE DEVENIR ENTRAINEUR ?

J’ai monté en tant que gentleman-rider, tout en poursuivant mon apprentissage comme entraîneur pour plusieurs écuries en Espagne, en Angleterre et aux États-Unis. Les entraîneurs qui m’ont marqué sont James Fanshawe, pour son travail sur les 3ans, David Loder, pour ce qu’il a fait avec les 2ans, et Doug O’Neill. J’ai également travaillé pour Yan Durepaire lors de ses débuts en Espagne. Je me suis installé en 2007.

COMBIEN DE CHEVAUX AVEZ-VOUS A L’ENTRAINEMENT ?

J’en ai seulement treize, mais j’ai une écurie compétitive. En ce moment, je suis à la lutte pour la deuxième ou la troisième place au classement des entraîneurs, face à des professionnels qui ont trois à quatre fois plus de chevaux. Mes propriétaires se concentrent sur les grands prix et cela me permet d’entraîner des chevaux de qualité. Cette année, nous avons le meilleur 2ans avec Noozhoh Canarias, le meilleur 3ans avec Navajo Night et le meilleur cheval d’âge avec Cielo Canarias.

QUE PENSEZ-VOUS DE LA NOUVELLE EQUIPE DIRIGEANTE DE MADRID ?

Je pense qu’ils font bien les choses et cela faisait longtemps qu’il fallait des gens comme eux. Ils ont dressé un projet et sont en train de s’y tenir. Il est certain que les développements ne vont pas aussi vite que nous le voudrions. Mais c’est compréhensible dans un pays qui traverse une crise économique. Je trouve que la période est bonne et ce n’est que le début.

UNE VICTOIRE SYMBOLIQUE POUR JUAN CARLOS BOLANO

JDG.  –  QUE  VOUS A  PROCURE  LE  SUCCES  DE NOOZHOH CANARIAS DANS LE CRITERIUM ? Juan  Carlos  Bolano.–  Une satisfaction énorme. Quelque chose d’inexplicable. Je remercie toutes les personnes qui se sont déplacées en France pour le voir et le soutenir. Je suis aussi très reconnaissant envers tous nos supporters qui nous ont montré leur soutien sur les réseaux sociaux.

VOUS ETES AUSSI ELEVEUR DU POULAIN. EST-CE UN PLAISIR PARTICULIER ?

C’est bien plus que cela. Sa mère, Noozhah, a été notre premier cheval de course, elle nous a donné notre première victoire et nos premières grandes joies dans le monde des courses. Et maintenant, son premier produit, que nous avons élevé, nous amène parmi l’élite...

OU ELEVEZ-VOUS VOS CHEVAUX ?

Nous les élevons à Dehesa de Milagro. José Hormaeche est un grand professionnel qui nous conseille pour tout ce qui concerne l’élevage. Actuellement, nous n'avons que Bellaside [gagnante de Listed, ndlr] au haras. Elle est pleine de caradak.

COMBIEN AVEZ-VOUS DE CHEVAUX A L’ENTRAINEMENT ?

Nous en avons cinq : Noozhoh Canarias, Cielo Canarias, Navajo Night, Camuray et Drago Canarias, encore inédit.

COMMENT VOUS ETES-VOUS PASSIONNE POUR LES COURSES ?

Par l’intermédiaire d’un ami des Canaries, Felipe Ramirez. Je lui suis très reconnaissant, car j’ai pu vivre des grandes expériences dans le monde des courses, grâce à lui.