La priorité : retrouver une cohérence sportive, géographique et financière

Autres informations / 02.09.2013

La priorité : retrouver une cohérence sportive, géographique et financière

Par Nicolas Clément, entraîneur

« Ci-joint quelques réflexions sur le sujet que vous avez lancé il y a quelques jours.

Félicitons d’abord l’initiative de JDG pour donner la parole aux différents acteurs de l’Institution sur le sujet.

Les articles de David Powell et Génération Galop semblent être une très bonne base de travail. J’ajouterai quelques lignes en insistant sur certains points :

1) Programme pyramidal, par palier, en réinstallant une espérance de gains proportionnelle à la qualité du cheval, que les 260 millions d’encouragement récompensent la qualité, tout en assurant la recette avec des courses pour tous et un nombre de partants suffisant.

2) Modélisation (avec l’aide d’un logiciel) du programme pour assurer à chaque cheval des opportunités régulières dans un périmètre raisonnable ; ce qui induirait mécaniquement des frais moindres pour le propriétaire, une baisse de coût d’exploitation pour l’entraîneur et aussi des indemnités de transport moindres. Nous pouvons nous diriger vers une situation gagnant-gagnant (acteurs, PMU, Equidia et France Galop) en donnant plus d’allocations, en rationalisant les dépenses de l’Institution et particulièrement celles liée aux déplacements (la recette part trop souvent en gasoil !). Sur certaines pistes et à certaines époques de l’année, minimeeting de deux jours. Une optimisation du programme deviendra un segment important de la mesure « donner plus d’argent aux courses » (vœux du président Bélinguier).

N’oublions pas que pour beaucoup de propriétaires, courir représente un plaisir, et que la situation géographique de l’entraîneur est un atout important pour aller voir son cheval à l’entraînement ou sur un hippodrome proche.

3) Optimisation du remplissage des courses, avec d’abord un bon socle (programme publié trois mois auparavant) et avec expérimentation d’introduction du concept des courses subsidiaires dans chaque fédération, pour combler un manque. Ceci afin que l’offre rejoigne la demande. La flexibilité sera un atout supplémentaire, en rajoutant une épreuve si par exemple dix partants assurés et en reportant, pour avoir plus de partants, une course catégorie moyenne avec moins de cinq partants.

4) Équilibre et échelonnement des opportunités : trop de courses au galop en été avec des lots creux (facteurs : chaleur et trop de possibilités). Les courses trop pleines lors du meeting de Deauville hiver (avec souvent 100 éliminés par réunion !), montrent clairement qu’un équilibre doit se redessiner avec une souplesse et un transfert de certaines réunions d’été vers l’hiver. Toujours avec comme souci d’optimiser la recette. Des vrais meetings d’hiver doivent être créés au nord (4.000 chevaux au nord de la Loire, comme au sud (Cagnes), et peut-être aussi à Pornichet et Lyon, afin de donner une chance aux chevaux moyens d’avoir des opportunités et linéariser sur l’année les recettes pour les propriétaires. Au moins 150 courses représentent un minimum pour faire un vrai meeting d’hiver entre Chantilly et Deauville pour la période de janvier et février, afin de lisser les possibilités de courir, et le nombre d’éliminés en décembre à Deauville montrent clairement la nécessité de prolonger ce meeting. Cagnes, avec plusieurs centaines de réservations de box non satisfaites, fera toujours le plein. Félicitations à l’entourage de Vorda, notre championne de 2ans, pour une des plus belles histoires de la saison 2013. Peut-être pouvons-nous nous inspirer de cette aventure, un jeune entraîneur qui trouve une belle yearling à moins de 10.000 euros, qui devient la gagnante du "Papin", après avoir changé de couleurs et qui en plus de la joie apportée par ces belles victoires a donné à son entourage une plusvalue notoire leur permettant de réinvestir pendant plusieurs années ; encourageons les acteurs à acheter de jeunes chevaux, à les fabriquer, les courir et, de temps en temps, les commercialiser ; en plat comme en obstacle. L’aspect commercial représente une nécessité, afin de pouvoir réinvestir et faire tourner son effectif.

En espérant que ce débat JDG servira de catalyseur d’idées, et pour conclure, encourageons nos dirigeants, à sortir d’un certain immobilisme, et à mettre en application de nouvelles mesures, avec une vision à long terme (donner une feuille de route aux acteurs) et nous pourrons juger la fécondité de ces nouvelles options. »