L’impact d’une victoire dans l'“arc” ou l’aboutissement d’un long processus

Autres informations / 18.09.2013

L’impact d’une victoire dans l'“arc” ou l’aboutissement d’un long processus

« Si les Japonais viennent à s’imposer pour la première fois dans l'“Arc”, le retentissement sera mondial. Il faut savoir que, sur une période de vingt-cinq ans, nous avons essayé d’ouvrir leur programme de courses, lequel était fermé aux étrangers. Quand ils ont développé des épreuves comme le Japan Cup [créée en 1981, ndlr], leurs courses étaient toutes réservées aux chevaux entraînés au Japon car le ni veau des épreuves n’était pas suffisant par rapport aux compétitions internationales. Pour moi, ce n’était pas pensable que leurs courses restent sur un rang secondaire. Pendant cette période où tout était fermé, les Japonais ont continué à acheter des yearlings, notamment sur le marché deauvillais. Leurs chevaux étaient entraînés en France et ils ont soutenu nos courses ainsi.

D’ailleurs, la première grande victoire d’un propriétaire japonais en France a été celle d’Hard to beat appartenant à Kashiyama dans le Prix du Jockey Club (Gr1) 1972. Mon sieur Yoshida, lorsque je lui ai dit qu’il fallait ouvrir les courses à la concurrence, m’avait répondu : "C’est prématuré, car nous devons d’abord améliorer la qualité de notre élevage et de nos courses." Il y a eu ensuite un processus pour que les Groupes japonais aient la reconnaissance internationale, car ils étaient auparavant dans la deuxième partie du classement mondial. Pendant ce processus d’ouverture, les Japonais ont continué d’importer des chevaux étrangers, de progresser. Au fil des ans, le nombre de leurs courses internationales a augmenté. Ensuite, il leur a été demandé d’ouvrir 50 % de leurs Groupes. Enfin, ils ont appliqué les ratings et ont travaillé pour promouvoir leurs courses avec l’Asian Racing Federation. Il y a dix ans, ils ont revu le classement de leurs courses. Nous les avons aussi aidés lorsqu’ils ont autorisé les propriétaires étrangers à avoir des chevaux à l’entraînement chez eux, en leur fournissant des renseignements car ils voulaient que les per sonnes soient reconnues internationalement. C’était une étape délicate. Il y a cinq ans, ils ont donc autorisé des propriétaires étrangers à avoir des chevaux au Japon. Les résultats ont été bénéfiques, avec l’importation de chevaux de qualité. Avec toutes ces mesures, ils ont retrouvé le ni veau international de leurs compétitions et il est devenu difficile pour les étrangers de gagner au Japon. La progression du Japon a permis de développer un circuit de courses asiatique qui passe par Hongkong, l’Australie et le Japon. Cette ouverture leur a permis de devenir compétitifs sur la scène internationale, avec des chevaux comme Orfèvre, qui a été pour beaucoup le "gagnant moral" de la précédente édition de l'“Arc”. Une victoire dans l'“Arc” pour le Japon serait donc le couronnement de trente ans d’efforts. »