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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Sortons du déni et asseyons-nous autour de la table !

Autres informations / 10.09.2013

Sortons du déni et asseyons-nous autour de la table !

« Cher Monsieur d’Indy, il est clair en parcourant votre deuxième intervention dans ce débat que vous, vice-Président de Monsieur Bélinguier, ne comprenez absolument pas ce dont les propriétaires et les entraîneurs parlent !

À force de vouloir dédouaner France Galop de ses erreurs, vous aggravez le cas de la gouvernance dont vous faites partie depuis toujours (ou presque).

La première intervention dans le "débat JDG sur le propriétariat" venait d’un propriétaire régional qui souhaite, comme nous tous, qu’en marge de la prospection hyper médiatisée de nouveaux propriétaires, France Galop qui s’octroie depuis quelques années un important budget de marketing, se préoccupe des propriétaires existants ! Il regrettait l’accueil déplorable réservé au public et aux propriétaires et le manque d’anticipation des organisateurs, qui semble ignorer les mouvements de réaction aux désaccords avec France Galop. Il regrettait la suppression du buffet au salon propriétaires, et fort heureux et ému d’avoir gagné une Listed un dimanche à Longchamp, il regrettait qu’aucun officiel n’ait pris la peine de le féliciter ou de lui remettre ne seraitce qu’un symbole de victoire.

Vous vous précipitez pour intervenir dans le débat titrant modestement « Le rêve ». Pour expliquer que tout va très bien (c’est la mode semble-t-il et la seule réponse donnée à ceux dont la passion s’étiole, rebutée par les incohérences des programmes et réformes), que les choses ont bien progressé depuis dix ans, surtout en région et pour conseiller d’aller le constater à Craon ce week-end !

Vous développez ensuite un chapitre sur la responsabilité des entraîneurs « maillon principal » de la chaîne du rêve des propriétaires. Ce serait amusant... si ce n’était si triste, quand on sait la place que réserve France Galop aux entraîneurs !

À savoir trois sièges sur cinquante-deux au Comité et un au conseil d’administration, occupé par le moins bien élu qui ne représente aucune association, et doit commencer à mesurer l’impuissance de sa corporation.

Et quel mépris pour cette profession quasiment sinistrée dont vous ne vous souciez que lorsque l’on vous montre du doigt.

Oui les entraîneurs sont les mieux placés pour représenter les propriétaires, puisqu’avec leurs entourages, ils sont euxmêmes propriétaires de plus de 60 % des galopeurs sur tout le territoire. Oui, ils sont en relation quotidienne avec leurs clients et savent, bien avant France Galop, où et quand le bât blesse !

Maltraités et ignorés, contraints par des règles anachroniques, ils tentent par tous les moyens de prendre la parole et d’exprimer le ressenti de tous les propriétaires. En intégrant légitimement le Comité petit à petit via les collèges des propriétaires et des éleveurs, et via les conseils régionaux.

Malgré cela rien ne change et vous le savez bien. Des réformes injustes et irrationnelles fleurissent et taxent chaque fois un peu plus les "clients". Vous ne nous ferez pas céder à vos vieilles marottes de cliver Paris et province. Les courses sont articulées en mode premium et P.M.H. qui ne présage d'aucune localisation géographique. Vous avez d'ailleurs pu constater lors d'événements récents, qu'au contraire, les professionnels de tous horizons sont soudés

pour obtenir des avancées et n'hésiteront pas à demander l'arbitrage de leurs tutelles si l'institution persiste dans cette position autiste et méprisante.

Sachez qu’il n’y a pas de parisianisme hautain, il n’y a pas de parisianisme du tout ! Puisque les instances que vous dirigez depuis des lustres ont pris soin d’isoler la région parisienne, la privant d’une fédération pour en faire la seule région qui ne peut construire son programme et défendre ses intérêts. C’est ainsi que son programme (hors sélection) s’est détérioré pour devenir une peau de chagrin qui se contente de ce qui reste quand toutes les régions sont servies. Malgré tout, Paris continue de réunir plus d’un tiers des chevaux et de fournir 45 % des partants et a des demandes. Ce message ne vous parle pas... Serait-ce trop rationnel de les prendre en considération ?

Sous couvert d’une équité subjective :

- sur la base de chiffres erronés, France Galop a procédé à l’augmentation des cotisations à l’entraînement, jusqu’à plus de 50 % dans certaines régions.

- sans concertation avec les usagers, France Galop a refusé de négocier le service public des transports et inventé une réforme qui pénalise les chevaux de nombreuses régions, obligés de voyager notamment pour remplir les Quintés, mais pas seulement : aussi pour pouvoir débuter ou simplement trouver une opportunité par mois. Ce qui entraîne des dépenses énormes de transports mais aussi de déplacements du personnel qu’il faut loger à l’hôtel. Sans compter les frais pour les propriétaires qui vont, en compagnie de leur entraîneur, voir leur chevaux courir. Cette réforme a été concoctée en catimini à l’abri de toute vue d’ensemble et imposée aux Conseils muselés.

L’« équité » qui est invoquée est une mascarade car depuis dix ans, elle n’a pas été appliquée au programme, bien au contraire : la répartition des opportunités par région est inversement proportionnelle à la fois aux effectifs mais aussi aux enjeux générés ! Et là, France Galop qui ne pourra plus longtemps dissimuler les chiffres du PMU, s’est tiré une rafale de mitraillette dans le pied et compte même en remettre une couche en 2014.

On peut prendre plaisir à gagner quel que soit l'hippodrome, mais on ne peut cantonner l'entourage à ne pas rêver d'un bon cheval, voir d'un champion à l'image d'un Saônois.

Alors, Monsieur le "T.P.P." tout petit propriétaire, comme vous vous définissez vous-même, la question n’est pas de savoir si le rêve c’est de gagner lors de l’unique réunion annuelle de Mauron ou de s’attendre à être honoré quand on vient du Sud-Ouest pour gagner une Listed Race à Longchamp...

Plutôt que d'avancer par incompréhension épistolaire... Reprenez votre chapeau melon de vice-président ! La question pour la gouvernance de France Galop est de sortir du déni et de mettre autour d’une table ceux parmi les acteurs qui connaissent les dossiers et sont prêts à travailler tous ensemble, avec les transporteurs et les chargés du programme pour que la marée n’emporte pas le château de sable ! »

Association des Actionnaires du Galop