Le haras des loges, à cheval sur la manche

Autres informations / 19.10.2013

Le haras des loges, à cheval sur la manche

  Bien qu’il soit situé dans l’Orne, on parle volontiers anglais au haras des Loges. Les propriétaires, Katherine Aalen et Ian Hanamy, sont en effet originaires d’Irlande, où ils se sont bâti une solide expérience entre l’élevage, le débourrage et la préparation aux ventes. Ils sont arrivés sur ce site qui a accueilli successivement trotteurs et galopeurs il y a tout juste dix ans. « Nous élevions des chevaux en Irlande, mais, à l’époque, les haras y étaient très chers, et nous n’avions pas les moyens d’acheter notre structure, explique Katherine Aalen. Nous étions donc locataires, sur trois sites différents, ce qui n’était vraiment pas pratique. Nous avons réfléchi au meilleur endroit pour nous installer, et il se trouve que la Normandie arrivait en tête de notre classement ! Nous avons visité toutes sortes de haras pendant six mois et nous avons trouvé le haras des Loges, avec un peu de chance, car la première fois que nous l’avons visité, il venait d’être vendu. La vente a été cassée peu de temps après et nous n’avons pas hésité une minute quand on nous l’a proposé de nouveau ! »

Initialement, le haras comportait une cinquantaine d’hectares, clôturés de barbelés. Le couple achète ensuite des terres voisines, ce qui porte la superficie du haras à plus de quatre-vingts hectares, désormais clôturés de lices en bois.

PLAT ET OBSTACLE, FRANCE ET GRANDE-BRETAGNE...

Les époux Aalen sont arrivés avec leurs poulinières irlandaises, et les clients qui avaient choisi de les suivre. Leur clientèle est restée étrangère, mais les juments, elles, ont changé de nationalité. « Nous nous sommes rendu compte quelques années plus tard que nous faisions une erreur en élevant avec nos juments irlandaises, puisque les produits n’intéressaient pas les Britanniques, qui cherchaient des souches françaises, ni les Français, qui ne connaissaient pas ces courants de sang. » Actuellement, une quarantaine de juments stationnent à l’année aux Loges. L’élevage se par-tage entre le plat et l’obstacle, même si le couple avoue une préférence pour le “sport illégitime”. Ils présentent des yearlings aussi bien chez Arqana qu’à Osarus, sans oublier les ventes axées obstacle de Doncaster. Tous les yearlings sont nés aux Loges, si bien que le haras n’est pas un consignor à proprement parler. En octobre, ils présentent notamment un propre frère de Libranno, également demi-frère d’Al Muthana (Pastoral Pursuits).

UNE ACTIVITE D’ETALONNAGE

L’activité d’étalonnage est également présente aux Loges, avec la présence de l’étalon d’obstacle Bonbon Rose et de Rob Roy, dont les premiers produits conçus en Grande-Bretagne ont 3ans cette année. Tout récemment, les époux Aalen ont également acheté I Was Framed, le pur-sang pie notamment père de Silvery Moon. Saint Preuil coule également une retraite heureuse dans les prés des Loges. « Quand nous étions en Irlande, nous avions un étalon que vous connaissez bien, Even Top, le père de Cirrus des Aigles, que nous avons ensuite vendu aux Haras nationaux », ajoute Katherine Aalen.