Le haras des marais, ou le feeling des époux simon

Autres informations / 18.10.2013

Le haras des marais, ou le feeling des époux simon

Le tour des haras débute par un voyage dans la Sarthe, avec un haras relativement récent, celui des Marais, et deux structures riches d’une longue histoire, les haras de Maulepaire et des Sablonnets.

UN HARAS CREE DE TOUTES PIECES

Installés depuis dix-neuf ans à Boëssé-le-Sec, dans la Sarthe, Isabelle et Nicolas Simon, qui dirigent ensemble le haras des Marais, ont créé de toutes pièces un élevage qui produit aussi bien pour le plat que pour l’obstacle. Cavalière de saut d’obstacles de très bon niveau, Isabelle Simon est tombée amoureuse des pur-sang en allant chercher des réformés des courses chez les entraîneurs. Mais, longtemps, cette passion est restée de côté. « Mes parents avaient peur que je monte en course, et je me suis consacrée au concours, explique Isabelle Simon. J’avais une écurie d’une dizaine de chevaux, dans l’Essonne. Nous achetions des jeunes chevaux que je débourrais et valorisais en concours. C’est justement en faisant le tour des éleveurs que j’ai découvert cette région, la Sarthe, qui m’a plu. » Une fois installée au haras des Marais, où elle a construit au fil des années un ensemble fonctionnel de cinquante boxes sur une soixantaine d’hectares, elle passe une petite annonce dans un journal spécialisé courses, proposant de prendre des chevaux à l’élevage. « C’est à la suite de cette annonce qu’est arrivé notre premier propriétaire, qui nous a confié Folklorique. Quand il a voulu la vendre, je l’ai achetée, au feeling, car tout le monde me l’a déconseillée. Et l’un des premiers produits qu’elle nous a donnés fut Gray Steel... » Gray Steel a gagné le Prix Amadou (Gr2) et le Prix de Maisons-Laffitte (Gr3) sur les haies d’Auteuil.

DE GRAY STEEL A PRINCE CHERI

Plus récemment, les époux Simon ont élevé Prince Chéri (Lando), exporté en Australie après sa deuxième place dans le Grand Prix de Clairefontaine (L). Le cheval a déjà gagné un Gr3 de l’autre côté du globe. « L’un de nos clients les plus importants est M. Sotelo, qui travaille avec Mikel Delzangles. Les deux hommes étaient venus voir des poulains de M. Sotelo à la maison, et Mikel avait remarqué Prince Chéri, alors âgé de 2ans et au repos après avoir eu un problème au boulet. Après six mois au pré, le cheval a été remis au travail chez Yann Poirier, et quand il a été prêt à aller à l’entraînement, j’ai appelé Mikel Delzangles. Il a accepté de le prendre à l’essai. Deux mois plus tard, il m’a dit que le poulain allait bien, et nous avons trouvé un arrangement. Comme il ne me facturait pas de pension en échange de la moitié des gains, je lui ai donné un quart du cheval. Après sa deuxième place dans la Listed, nous avons eu des offres, mais le cheval avait des radios épouvantables, avec de l’arthrose partout ! Il a été présenté à la vente de l’"Arc" avec ce dossier vétérinaire, et M. Stoffel n’a pas hésité à l’acheter... »

UNE STRUCTURE A DIMENSION FAMILIALE, UN TRAVAIL PERSONNALISE

Actuellement, vingt-six juments stationnent au haras. Six appartiennent aux époux Simon, et les autres sont confiées par des clients. Le haras n’est pas à proprement parler un consignor, puisque les époux Simon ne préparent que des poulains élevés sur place, que les clients souhaitent présenter en vente. En octobre, ils présentent deux yearlings. Isabelle Simon tient à avoir des chevaux bien dans leur tête, et ses poulains vont beaucoup dehors, en plus du travail habituel en main ou au marcheur. Les poulains dont le pedigree est axé sur l’obstacle sont conservés pour les ventes de juillet et l’âge de 2ans. Certaines pouliches, dont une fille de Folklorique et Nickname, sont conservées dans le but d’être exploitées en course pour ensuite revenir au haras. Génifique, puisque c’est son nom, a ainsi rejoint les boxes de Yannick Fouin.