Le haras du long champ perpétue la tradition

Autres informations / 21.10.2013

Le haras du long champ perpétue la tradition

Nous poursuivons notre tour des haras avec une jeune structure, celle du haras du Long Champ, qui a vu le jour en 2004.

UNE TERRE HISTORIQUEMENT LIEE A L’ELEVAGE

C’est en 2004 que Barbara Moser et William Thareau se sont installés sur les terres de Cléronde, à Blay, dans le Calvados, côté Bessin. Cela fait longtemps que l’on élève des chevaux sur ces terres. Le haras a été créé par le comte Joseph de Lastours, lequel fut éleveur et propriétaire de Le Balafré, premier lauréat de Gr1 d’Olivier Peslier dans le Prix Jean Prat. Barbara Moser et les chevaux, c’est une aussi une longue histoire : « J’avais l’habitude de monter à cheval depuis mes jeunes années. Mon grand-père était driver, mais les trotteurs ne m’intéressaient pas vraiment. Très tôt, j’ai été passionnée par les pur-sang. Cependant, mes parents m’ont forcée à faire un autre métier qu’un travail dans le monde du cheval. Je suis donc devenue assistante juridique, tout en conservant un fort intérêt pour l’élevage. J’ai fait également des stages dans le domaine de l’élevage en Allemagne et en Irlande. Je suis amie avec la famille de Lastours, mais c’est un peu par hasard que je me suis installée en Normandie. »

Au fur et à mesure, la jumenterie du haras, devenu le Long Champ, s’est agrandie et améliorée. Il y a environ une vingtaine de poulinières au haras, lequel s’étend sur quarante hectares. La moitié des poulinières appartient à des propriétaires. La clientèle du Long Champ est d’ailleurs très internationale : Anglais, Allemands, Italiens ou Espagnols sont représentés.

ELEVER POUR GAGNER

Dans le choix des croisements, Barbara Moser nous a expliqué son point de vue : « Je ne fais pas forcément des croisements à la mode pour les ventes. J’essaye de faire des gagnants et, parfois, pour cela, on ne prend pas des étalons à la mode. Depuis nos débuts, 98 % des chevaux élevés au haras ont gagné, ce qui est pas mal. Nous allons poursuivre cette politique. Au départ, nous avions beaucoup de poulinières allemandes, très robustes, dures, avec du fond. Il leur manquait de la précocité et nous l’avons cherchée chez les étalons. » La préparation des ventes de yearlings se passe de façon très traditionnelle. « Les yearlings marchent en main car je préfère cela au marcheur. Nos poulains arrivent "nature" aux ventes. Nous leur donnons aussi une nourriture adéquate pour les ventes. Et bien évidemment, ils sortent tous les jours. »

TESTA ROSSI, LA STAR DE L’ANNEE POUR LONGCHAMP

Cette année, le haras du Long Champ a "sorti" la bonne Testa Rossi (Dr Fong), laquelle, sous les couleurs de Gérard Lancry, a aligné trois victoires, dont une dans une "B". Ensuite, Testa Rossi a été vendue aux États-Unis, où elle n’a pas raté ses débuts puisqu’elle a remporté un Gr3. Barbara Moser nous a appris, au sujet de son élève : « J’ai été très déçue par le prix que Testa Rossi avait atteint aux ventes lorsqu’elle était yearling et nous l’avions rachetée [pour 10.000 euros, ndlr]. En effet, c’était une belle pouliche, sans défaut, avec du cadre. Le papier maternel avait sorti des gagnants, mais le croisement n’était pas à la mode... Elle a gagné à bon niveau, avant d’être vendue. C’est une histoire géniale car elle s’est imposée au niveau Gr3 à 2ans ensuite, aux États-Unis. »

La mère de Testa Rossi, Peggy Lane, est désormais à la retraite : « Peggy Lane a eu des problèmes de gestation quand elle a pouliné de Testa Rossi. Du coup, nous avons décidé de la mettre au repos et de s’arrêter là avec elle, d’autant qu’elle avait eu des problèmes de boulets. »