"les sablonnets" prépare la sixième génération

Autres informations / 17.10.2013

"les sablonnets" prépare la sixième génération

Fait unique au sein de l’élevage français, Antoine de Talhouët-Roy représente la cinquième génération de sa famille à la tête du haras des Sablonnets, situé au Lude, dans la Sarthe. « J’ai repris le haras en 1990, soutenu par mon frère, ma sœur, ma tante et ma mère, quand mon père avait une vision assez sombre des perspectives d’avenir pour l’élevage. Il était hors de question que l’on se sépare du haras, alors j’ai quitté Paris et mon job dans une radio indépendante pour remettre les Sablonnets sur les rails », explique Antoine de Talhouët-Roy.

Sur ces terres ont été élevés des champions comme Quart de Vin et, surtout, Le Marmot, deuxième du Prix de l’Arc de Triomphe de Three Troikas, une vraie fierté de la famille, puisque fils de l’étalon maison Amarko, élevé par René, le père d’Antoine. Antoine et son frère Hervé ont décidé de renouveler totalement l’effectif de poulinières des Sablonnets, n’en gardant qu’une sur les huit présentes au début des années 1990.

« Ces souches étaient devenues obsolètes, et les ventes de Deauville devenaient, à un moment, pénibles », analyse Antoine de Talhouët-Roy. L’homme a aussi réintégré à la structure des Sablonnets le haras de Sivase, autrefois loué à Bernard Renard, si bien que le haras s’étend aujourd’hui sur une centaine d’hectares (dont une vingtaine sont en location), accueillant trente-cinq poulinières, leurs produits et trois étalons.

La relève est assurée et la sixième génération en marche, puisque les enfants d’Antoine – Blanche, Claire et Aymard – ont attrapé le virus de leur père...

LE RENOUVELLEMENT DE LA JUMENTERIE

Après la vente des poulinières, Antoine de Talhouët-Roy s’est attelé à reconstituer sa jumenterie, en investissant aux ventes dans de jeunes juments, souvent conseillé par Laurent Benoît. Parmi ces achats figurent Aka Lady, future génitrice de Dancing Lady, et Hidden Silver, la mère de Silver Frost, achetée alors que le poulain était encore foal. La jument a ensuite donné aux Sablonnets Blazon (Verglas) et Spiritjim (Galileo), l’un des espoirs de Pascal Bary pour 2014. Antoine de Talhouët-Roy s’est aussi rendu acquéreur de Heavenly Song (Machiaevellian), la mère de Spirito del Vento (Indian Lodge), et de My Memoir (King’s Best), une propre sœur de la mère de San Marino Grey.

En décembre 2011, Hidden Silver a été vendue pour 400.000 € aux ventes de décembre, à Mandore International Agency. La jument était pleine de Dubawi, et son yearling est passé aux ventes de Tattersalls il y a quelques jours, étant racheté 290.000 Gns.

Actuellement, la famille Talhouët-Roy possède la majorité des poulinières stationnées au haras, mais une réduction de cette proportion est à l’ordre du jour. Par ailleurs, Antoine de Talhouët-Roy croit beaucoup à la mutualisation des moyens pour acquérir de bons éléments, et il est donc souvent associé avec des amis dans la propriété des juments.

LA DIMENSION COMMERCIALE DU HARAS

Véritable amoureux des courses, Antoine de Talhouët-Roy fait courir un certain nombre de ses élèves sous ses couleurs historiques (gris, toque noire) mais ne néglige pas l’aspect commercial du haras. « Nos yearlings sont destinés à passer en vente même si, parfois, on s’associe à plusieurs pour garder une pouliche... Il faut savoir vendre pour assurer la pérennité du haras et choisir la bonne vente pour le cheval, celle pour laquelle il est fait. Par exemple, nous avons vendu un fils de Shamardal et de Dancing Lady – foal –, en décembre dernier. Le poulain avait fait le "top" de la vente. C’était sa vente, parce qu’il se démarquait vraiment des autres, étant de loin le plus grand des foals présentés... Yearling, il aurait pu faire peur aux acheteurs ! » Cette année, en octobre, les Sablonnets présentent dix yearlings, dont un frère de Brocottes, par Lope de Vega, et des filles de Maredsous et Fontcia, deux juments qui ont récemment marqué l’histoire du haras.

UNE ACTIVITE D’ETALONNAGE HISTORIQUE

Les Sablonnets ont toujours accueilli des étalons, et Antoine de Talhouët-Roy a su préserver cette activité. Smadoun, désormais âgé de 23ans, est toujours en forme, lui qui avait montré sa solidité peu commune en course. Récemment, le haras a accueilli Barastraight, le frère de Naaqoos, dont les premiers 2ans ont débuté cette année.

Parti aux États-Unis après avoir gagné le Prix La Force (Gr3), Barastraight ne s’est pas vraiment adapté à son environnement américain et s’est donc retrouvé sur le marché. Avec l’un des cadres du haras, Valentin, qui a fait naître Barastraight alors qu’il travaillait dans le haras voisin de Serge Boucheron, son vétérinaire et ami, il acquiert cet étalon proposé à un tarif attractif et qui devrait aussi séduire les éleveurs d’obstacle.

Spirit One est également stationné au haras qui a accueilli des étalons comme Le Haar, Lightning ou, plus près de nous, Subotica, Agent Bleu ou Mister Sicy.