1 journée de grève à “maisons” = 1.000.000 € en moins pour la filière

Autres informations / 06.11.2013

1 journée de grève à “maisons” = 1.000.000 € en moins pour la filière

Réunion annulée, Mardi à

Maisons. Les courses de Maisons-Laffitte, dont le programme était riche de trois

Groupes et d’un Quinté, ont été annulées ce mardi, suite à un mouvement de

grève de certains salariés de France Galop.

Le manque à gagner pour l’Institution, en résultat

net, s’élève à environ 1 million d’euros.

Au lendemain du conseil d’administration de France Galop, les

revendications des syndicats de personnel ayant conduit à cette grève

concernaient à la fois les rumeurs de fermeture de l’hippodrome de

Maisons-Laffitte, et plus généralement, le plan d’économie de 13 millions

d’euros annoncé par Bertrand Bélinguier. La réunion sera-t-elle reportée ? Une

décision sera annoncée aux professionnels mercredi à midi. Deux cas de figure

se profilent : soit cette réunion est purement et simplement abandonnée, soit

elle est reportée dans les prochains jours, vraisemblablement jeudi, sur un

hippodrome qui reste à déterminer (Maisons-Laffitte ou Deauville).

LE FILM DE LA JOURNÉE

PAR LES ENVOYES SPECIAUX

DE JDG A MAISONS-LAFFITTE

Il est midi et demi quand nous arrivons sur

l’hippodrome de Maisons-Laffitte. Une centaine de personnes occupe le rond de

présentation. Elles sont munies de drapeaux aux couleurs des syndicats FO, CGT

et Sud, et de pancartes sur lesquelles on peut lire : « Non à la fermeture de

l'hippodrome de Maisons-Laffitte ». Quelques chevaux marchent dans les écuries,

mais l’accès au rond est déjà bloqué par des bancs. Des tracteurs sont

immobilisés sur la piste.

À 13 heures, on annonce au micro de l’hippodrome

l’annulation des courses. Les manifestants restent dans le rond de

présentation. Ce sont une partie des salariés de France Galop, qui dénoncent le

projet de fermeture de l’hippodrome de Maisons-Laffitte, mais, de façon plus

générale, ils dénoncent le plan d’économie de 13 millions d’euros annoncé lundi

au conseil d’administration de France Galop.

LES REVENDICATIONS DES

GREVISTES

Philippe Navarre, représentant des salariés de France Galop au conseil

d’administration, nous explique : « Hier, on nous a annoncé un plan d’économie

de 13 millions d’euros, ce qui représente 15 % des frais de fonctionnement et

de la masse salariale de l’entreprise. C’est une somme considérable. On nous annonce

aussi des plans pour les salariés de plus de 55 ans, qui représentent 18 % de

nos effectifs, un rapprochement des équipes d’Auteuil, de Saint-Cloud et

Longchamp, la vente du siège de Boulogne.... Nous craignons une dégradation des

conditions de travail des salariés, et des services aux socioprofessionnels.

Concernant la fermeture de Maisons-Laffitte, même si elle n’est pas prévue

immédiatement, c’est une décision qui nous paraît paradoxale alors qu’il y a

quelques mois, on prévoyait de ramener l’entraînement sur l’hippodrome. Nous

n’avons plus confiance dans la direction de France Galop. Nous les avons

alertés verbalement et par écrit, le dernier tract datant d’une semaine. Nous

n’avons pas été entendus, alors nous sommes passés à l’action pour nous faire

entendre. Aujourd’hui, ce sont les salariés de France Galop qui sont touchés,

mais demain, cela pourra être ceux du G.T.H.P. ou du P.M.H... »

Même son de cloche du côté de Pierre Desban,

délégué FO : « Nous avons appris les rumeurs de fermeture de Maisons-Laffitte

d’ici trois ans au dernier conseil d’administration de France Galop. Que vont

devenir les salariés de Maisons-Laffitte ? Aujourd’hui, nos collègues

d’Auteuil, de Longchamp, de Chantilly et de Saint-Cloud nous ont rejoints, avec

des revendications sur la question des retraites et du non-remplacement des

salariés. Des plans de rigueur sont aussi annoncés pour les trois centres

d’entraînement. Nous attendons des garanties écrites du président de France

Galop. Je précise que nous n’avons aucune méchanceté vis-à-vis de la direction

de France Galop. Nous regrettons le départ d’Hubert Monzat, et nous n’avons

rien contre Thierry Delègue. Nous sommes en revanche opposés au président

Bertrand Bélinguier, qui ne nous a jamais écoutés. » Parmi les têtes connues

figure aussi celle de Pierre Bellaïche, représentant du Syndicat hippique

national. Il est plus vindicatif encore : « Il n’y a pas de général à France

Galop. Or, pour que cela marche, il faut un général et des troupes derrière

lui. Bertrand Bélinguier fait n’importe quoi, et on part à la dérive. Hubert

Monzat, qui assurait les relations très importantes entre France Galop et

Bercy, a dirigé France Galop pendant cinq ans sans la moindre grève. Thierry

Delègue est là depuis trois jours et il y a déjà une grève ! »

QUELQUES ENTRAINEURS

SOLIDAIRES...

Quelques entraîneurs se mêlent aux manifestants.

Chrystelle Cardenne, installée à Maisons-Laffitte, a même une pancarte autour

du cou. Elle explique : « Nous ne pouvons qu’être solidaires de ce mouvement.

La fermeture de l’hippodrome, c’est la mort du centre d’entraînement de

Maisons-Laffitte. » Mathieu Boutin est également présent dans le rond de

présentation.

Le président de l’association des Entraîneurs Propriétaires nous confie

: « Je suis solidaire de ce mouvement, parce qu’une fois de plus, nous sommes

mis devant le fait accompli par France Galop. Le projet de fermeture de

Maisons- Laffitte, comme d’autres décisions, comme la réforme des frais de

transport, sont prises suite à des pseudo-consultations des professionnels :

nous sommes écoutés mais jamais entendus. Ces consultations servent d’alibi

pour des décisions qui sont en réalité déjà entérinées. Maisons-Laffitte répond

à la diversité des hippodromes dont les professionnels ont besoin. On peut

aussi se poser la question sur le projet pharaonique de Longchamp, qui s’élève

150 millions d’euros au bas mot, sans P.S.F. ni éclairage. Selon moi, il y a

d’autres économies à faire que fermer Maisons-Laffitte, des économies en

interne notamment. Face à cette situation, on ne désespère pas, et on pense que

la raison va l’emporter pour le bien du galop. »

Thierry Jarnet fait aussi une apparition parmi les

grévistes. « Nous sommes obligés d’être solidaires avec ces gens-là, nous

devrions d’ailleurs être tous derrière la barrière avec eux, car, sans eux, il

n’y aurait pas de courses. C’est dommage d’en arriver à annuler des journées

ainsi, mais c’est parfois nécessaire. Nous avions déjà défendu Maisons-

Laffitte il y a quelques années et nous le referons. À l’époque, Évry avait été

fermé, ce qui était une aberration. Ce n’est peut-être que le début d’un

mouvement plus dur... » Les professionnels étaient cependant peu nombreux au

côté des manifestants, et même si, dans leur majorité, ils dénoncent le projet

de fermeture de l’hippodrome de Maisons-Laffitte, la probabilité qu’ils

rejoignent le mouvement de grève des salariés de France Galop paraît

extrêmement faible. Il est vrai que les deux populations ont des préoccupations

très différentes.

LE PROBLEME DU REPORT DE

LA REUNION

À 14 heures, François Boulard rejoint Hervé

Buffard, le directeur des sites de France Galop, présent à Maisons-Laffitte

depuis le début des événements. Les deux hommes reçoivent les entraîneurs

présents dans la salle des commissaires pour discuter des solutions de report

de la réunion. Les échanges sont animés.

Au bout d’une heure de réunion, les professionnels

n’ont pas de réponse à leur question, qui était de savoir où et quand la

réunion annulée peut se courir. François Boulard explique qu’une réponse leur

sera donnée le lendemain à midi, après une éventuelle entrevue de Bertrand

Bélinguier avec les représentants de salariés. Deux cas de figure se dessinent

: soit cette réunion est purement et simplement abandonnée, soit elle est

déplacée à jeudi prochain. L’hippodrome reste à définir : on peut rester à

Maisons-Laffitte comme aller à Deauville.

Quelques entraîneurs étrangers, notamment

britanniques, avaient fait le déplacement pour cette réunion et dans leur

majorité, ils décident de rentrer chez eux avec leurs chevaux. Les chevaux

venus du Sud-Ouest, eux, passeront la nuit à Maisons-Laffitte. Rodolphe Collet,

lui, ne comprend pas pourquoi on déciderait d’un report à Deauville : «

D’abord, personne n’a été prévenu de l’annulation de cette réunion, ni les

propriétaires, les premiers concernés, ni les professionnels. Dans cette

affaire, ni les chevaux ni les hommes n’ont été respectés. Ensuite, je me

demande pourquoi on évoque un report à Deauville ? Va-t-on soudoyer les

salariés de

Deauville pour qu’ils acceptent de travailler, en

se mettant en porteà-faux avec leurs collègues de Maisons-Laffitte ? Il faut

trouver une solution, et le bon sens serait que l’on coure dans 48 heures à

Maisons-Laffitte. »

Les entraîneurs venus de province doivent quant à

eux trouver une solution pour loger, nourrir et sortir leurs chevaux demain

matin. Une majorité (les pensionnaires de Jean-Claude Rouget, ceux de Philippe

Sogorb ou de Christian Baillet notamment) passera la nuit dans les boxes de

l’hippodrome. Présent au cours de cette réunion, Christian Baillet détaille : «

Je comprends complètement le mouvement, mais il y a des personnes qui viennent

de loin et ce sont de gros coûts pour les propriétaires. Ce qui est surprenant

de la part de France Galop, c’est d’organiser une réunion du conseil

d’administration dont le sujet principal est Maisons-Laffitte... à la veille

d’une réunion de courses sur cet hippodrome ! Ne pouvaient-ils pas tout aussi bien

attendre ? »

SORTONS IMMÉDIATEMENT DE LA CRISE !

Président du Syndicat national des propriétaires,

Patrick Fellous réagit fortement pour proposer une sortie de crise immédiate,

avec un moratoire et un partage des informations sur les dossiers cruciaux du

moment.

« Le Syndicat des propriétaires ne peut que

déplorer les circonstances qui ont conduit à la grève surprise de

Maisons-Laffitte dont les propriétaires sont les victimes directes. Pour

anticiper sur ce genre d’événements, il faut plus de concertation directe avec

les socioprofessionnels. Sinon, les conséquences pourraient devenir

désastreuses. C'est pourquoi nous proposons à la gouvernance de France Galop

que tous les projets évoqués soient suspendus dans le cadre d'un moratoire, où

toutes les parties prenantes pourront s'informer, prendre position, négocier,

afin de sortir de l'état de crise actuel qui a des conséquences catastrophiques

pour les courses françaises.

Que l’on nous donne des informations et des

chiffres précis pour nous faire

une idée et un avis précis sur

les questions cruciales du moment : fermeture ou non de Maisons-Laffitte,

effectifs salariés de France Galop, transfert du siège social à Saint-Cloud et

Nouveau Longchamp. Sans ces éléments économiques et financiers, personne ne

peut prétendre à avoir un avis sérieux. »

DANS LES PROCHAINES HEURES...

Mercredi, 9 heures : réunion de

l’intersyndicale des salariés de France Galop

Mercredi dans la matinée

:

Bertrand Bélinguier a proposé une discussion avec les salariés. À l’heure où

nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas si ces derniers ont accepté

l’entrevue. Mercredi, midi : les

professionnels seront informés de la décision concernant le report de la

réunion de mardi à Maisons-Laffitte

Mercredi après-midi : les courses à

Enghien ne sont pas menacées.

Samedi et dimanche : la tenue des

courses du week-end est menacée si les syndicats n’obtiennent pas « des

garanties » de Bertrand Bélinguier.