France galop doit dévoiler un plan stratégique d’ensemble et y associer tous les acteurs économiques

Autres informations / 13.11.2013

France galop doit dévoiler un plan stratégique d’ensemble et y associer tous les acteurs économiques

Le climat de tension extrême qui règne actuellement sur notre activité reflète l’inquiétude de l’ensemble de ses acteurs. Propriétaires, entraîneurs, éleveurs et jockeys partagent un sentiment d’incompréhension et d’exaspération, dont l’objet est variable mais la cause identique. Il s’agit du refus répété, de la part de la direction de France Galop, de les considérer pour ce qu’ils sont : des "parties prenantes" à une activité associative. Et à ce titre, de les associer réellement aux prises de décisions qui les concernent au premier chef.

L’embrasement qu’a suscité le communiqué publié la semaine dernière à l’issue de la réunion du Conseil d’administration est emblématique sur ce point : six paragraphes elliptiques et sibyllins pour présenter un "projet d’entreprise" appelé à avoir des effets sur toute une filière économique, c’est à la fois trop et pas assez.

Trop car ce texte, résultat d’une réunion entre...12 personnes, dont la représentativité est, de l’avis général, radicalement défaillante, identifie des pistes d’économies très sensibles, d’autant plus qu’elles n’ont fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les premiers intéressés. Les précisions intervenues presque aussitôt après (« aucune décision n’a été prise concernant l’hippodrome de Maisons-Laffitte et aucun salarié n’est menacé dans son emploi ») puis la suspension du projet n’ont fait qu’accroître la confusion : si aucune décision n’est prise, pourquoi jeter un tel pavé dans la mare ?

Mais ce texte n’en dit surtout pas assez, et c’est ce qui le condamnait dès sa publication à provoquer de violentes réactions.

Les professionnels du galop voient leur situation financière et leurs conditions de travail se dégrader d’année en année, alors même que le chiffre d’affaires du PMU a connu 15 ans de croissance ininterrompue. Au cours de cette période, ils n’ont cessé de demander des réformes visant à faire émerger un nouveau modèle pour les courses françaises, qui serait davantage créateur de valeur pour l’ensemble des acteurs de la filière. De telles réformes n’ont pas été entreprises pendant les années fastes, et voilà que l’horizon s’assombrit. Dans ce contexte, nous, acteurs du galop, ne pouvons que comprendre la nécessité de procéder à des économies : nous étions les premiers à les appeler de nos vœux. Mais nous demandons trois choses.

- Tout d’abord, en tant qu’acteurs économiques, nous demandons à être étroitement associés à l’élaboration de ce projet. Une telle consultation ne peut en aucun cas, comme l’a annoncé Bertrand Bélinguier sur RTL puis sur Equidia, se limiter « aux salariés de France Galop, au conseil d’administration et au comité ». Il est temps que la direction de France Galop reconnaisse le caractère dysfonctionnel de sa gouvernance. Comment les professionnels, membres de France Galop, pourraient-ils se reconnaître dans un Comité composé à 50 % de cooptés (sur la plupart desquels le "projet d’entreprise" n’aura aucun impact), et au sein duquel le mode de désignation de leurs représentants ne cesse de montrer ses défauts ? Soyons clairs : une consultation limitée au comité revient à considérer que les socioprofessionnels n’ont pas leur mot à dire sur le projet d’entreprise de france Galop. Alors même que cette "entreprise", c’est la leur, ou plutôt celle qu’ils appellent de leurs vœux : une entreprise moderne, pas une administration d’un autre siècle, dont le premier client est le propriétaire et qui met tout en œuvre pour maximiser sa satisfaction.

Tous les acteurs économiques, des propriétaires aux jockeys en passant par les éleveurs, entraîneurs, préentraîneurs, courtiers, agences de ventes, etc., doivent donc être consultés. Ces "États Généraux" sont indispensables pour assurer une adhésion collective au projet qui en résultera.

- En deuxième lieu, nous demandons que ce "projet d’entreprise" ne se limite pas à un catalogue de coupes budgétaires décousues mais soit conçu comme un véritable plan stratégique, avec une vision à moyen terme sur l’avenir de notre filière : un plan "Galop 2020", en somme. En effet, on ne peut envisager séparément des sujets tels que le devenir de l’hippodrome de Maisons-Laffitte, la réfection de celui de Longchamp, les limites de la décentralisation, la refonte du programme, la rationalisation des coûts liés aux services communs (P.M.H., G.T.H.P., etc.) ou encore la modernisation des instances de la filière. Ces éléments sont les pièces d’un même puzzle, qui doit être abordé dans son ensemble.

- Enfin, nous demandons que la qualité de nos courses ne soit pas la variable d’ajustement de ces réductions de coûts. Le plan stratégique doit impérativement se fixer pour objectif de tirer vers le haut un système mis à mal, ces dernières années, par une décentralisation excessive et une répartition des allocations qui a insuffisamment encouragé éleveurs et propriétaires à miser sur la qualité.

Élaboré et mis en œuvre dans ces conditions, le "projet d’entreprise" de France Galop pourra constituer une réelle chance pour la filière.