Le « projet d’entreprise » doit porter sur l’ensemble de la filière, pas seulement la maison france galop

Autres informations / 26.11.2013

Le « projet d’entreprise » doit porter sur l’ensemble de la filière, pas seulement la maison france galop

 

Malgré les nombreux appels à la transparence sur

le contenu du « projet d’entreprise » de France Galop, le seul élément dont

disposent aujourd’hui les acteurs de la filière est le communiqué publié à

l’issue de la réunion du Conseil d’Administration du 4 novembre. Ce document

s’ouvre sur une phrase lourde de sens : «

Ce projet concerne France Galop en tant que société de services gestionnaire

d’hippodromes et de centres d’entraînement ». A contrario, il faut

comprendre qu’il ne concerne PAS France Galop en tant que société-mère du galop

français.

En d’autres termes, France Galop a fait le choix délibéré de se limiter au plus petit

périmètre possible : celui de

l’association qui emploie 500 salariés – sur les 74.000 que compte la filière

hippique – et possède six hippodromes sur les 155 qui courent au galop. Un

levier bien faible au regard de l’ampleur de la crise actuelle. Inévitablement,

le projet issu de cette vision « par le petit bout de la lorgnette » est

constitué de mesures simplistes et expéditives, qui permettront au mieux de

redonner des couleurs au compte de résultat de la maison-mère. Fermer

l’hippodrome de Maisons-Laffitte, vendre le siège de Boulogne ou opérer des

synergies entre les personnels des champs de courses parisiens ne constituent

en aucun cas des réponses à l’essoufflement de notre modèle.

LE PROJET D’ENTREPRISE

ABORDE LE PROBLEME A L’ENVERS.

Avant de rayer des lignes budgétaires de façon

autoritaire, il importe de réfléchir aux objectifs et d’élaborer une stratégie

sur le moyen terme. Quels sont les atouts et les points faibles de notre modèle

à l’heure actuelle ? Quel visage

rêvons-nous pour le galop français dans 10 ans ? Quels sont nos

objectifs-clés : avoir les meilleures courses d’Europe ? Un élevage compétitif

au niveau mondial ? Un sport « branché », médiatisé et bénéficiant d’une image positive

? Des propriétaires qui se bousculent au portillon ? Enfin, comment ces

objectifs s’articulent-ils et se hiérarchisent-ils entre eux ?

Il n’est pas impossible qu’un tel plan, conçu à

l’échelle nationale, prévoie la fermeture d’un ou plusieurs hippodromes. Mais ces décisions ne peuvent être envisagées

comme de pures suppressions de coûts, surtout lorsqu’il s’agit d’un

hippodrome qui accueille 30 réunions par an, une dizaine de courses de Groupes,

et est facilement accessible pour les quelque 3.400 chevaux entraînés en région

parisienne ainsi que pour tous les propriétaires franciliens.

Quelles autres pistes d’économies ont été

explorées avant de se priver d’un tel atout ? S’il est nécessaire de

rationaliser le nombre d’hippodromes (débat que nous ne sommes mal-

heureusement pas en mesure de trancher, faute

d’éléments chiffrés), cette politique

doit être menée sur l’ensemble du territoire, région par région, en prenant en

compte la totalité des frais et des recettes. Certes, les hippodromes

qui n’appartiennent pas à France Galop ne sont pas directement financés par la

maison-mère. Mais si l’on considère la filière dans sa globalité, ils

occasionnent néanmoins des coûts : investissements pris en charge par le Fonds

Commun, indemnités de transport, raccordement au réseau PMU, couverture par les

équipes d’Equidia, etc., ainsi que des recettes : jeu sur l’hippodrome et en

dehors, produits de sponsoring et de partenariats, etc. Ce sont tous ces flux

qu’il importe de considérer, afin d’évaluer non pas la rentabilité de chaque

hippodrome mais la rationalité économique de l’ensemble.

Selon la même logique, il paraît justifié qu’un

tel plan prévoie d’investir dans un « vaisseau amiral », vitrine du galop

français à l’international et théâtre prestigieux de nos plus belles épreuves.

Mais ce Nouveau Longchamp ne saurait se

limiter à la reconstruction des bâtiments. Sans réfection de la piste en

gazon, sans aménagement d’une piste en sable fibré éclairée, sans projet

architectural innovant, sans réunions de courses plus nombreuses et adaptées au

rythme de vie d’un public citadin, Longchamp ne deviendra pas l’after work

favori des Parisiens ou le lieu de recrutement privilégié de nouveaux

propriétaires et aficionados du sport hippique.

On l’aura compris : les réflexions sur l’avenir de

Maisons- Laffitte et de Longchamp sont indissociables non seulement l’une de

l’autre, mais aussi d’une réflexion à l’échelle nationale. Et le fil rouge de cette réflexion est bien

entre les mains de France Galop : il s’agit du programme de courses.

Un texte proposé par Génération Galop