Jérôme carrus : « san sebastian est un levier de croissance pour le pmu »

Autres informations / 16.12.2013

Jérôme carrus : « san sebastian est un levier de croissance pour le pmu »

Le Groupe Carrus est devenu, en fin de semaine, l’actionnaire majoritaire de l’hippodrome de San Sebastian, après avoir reçu l’aval du Gouvernement basque et de la mairie. Pour JDG, Jérôme Carrus est revenu sur l’achat des parts de Lasarte, sur la situation des paris et des courses en Espagne, et plus particulièrement au Pays Basque, et sur l’avenir de San Sebastian.

« Auparavant, via la société Hipodromos y Apuestas de Euskadi, nous détenions 30 % de l’hippodrome de San Sebastian. Le casino de la ville en avait 35 % et le casino de Bilbao, 35 % également. Ces deux casinos sont gérés par un fonds d’investissements japonais, animé par Miguel Ortiz. Nous avions la concession du lieu pour organiser 72 courses par an, essentiellement en été, avec un montant des allocations totales de l’ordre de 900.000 euros. Tout s’est bien passé jusqu’en 2009, mais ensuite, les enjeux ont diminué à 5,5 millions d’euros.

Cette année, nous allons toutefois remonter aux alentours de 6 millions. Nous sommes prestataires de services pour San Sebastian, via le Groupe Carrus, depuis 1989, et nous avons fourni du matériel à l’hippodrome depuis sa création en 1916. »

UN PROJET DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE

« En rachetant les parts de la société de San Sebastian, nous prenons également l’engagement de payer les dettes auprès des créanciers. Dans notre projet, il est prévu de densifier le réseau de points de vente de paris au Pays Basque espagnol. Il y a actuellement douze points de vente, dont la majorité dans la province de San Sebastian et très peu dans les deux autres provinces qui composent le Pays Basque ibérique. Nous aimerions donc densifier ce réseau et il est prévu d’atteindre le chiffre de cinquante points de vente. Le Pays Basque a été l’une des régions les moins touchées par la crise. Il y a une petite reprise. Pour l’hippodrome, nous allons ouvrir un espace VIP. Les courses trouvent facilement des sponsors apportant des sommes qui ne sont pas dérisoires. Récupérer l’hippodrome de San Sebastian permet d’avoir une vitrine en Espagne, via un site qui a été créé pour aider la France. »

UNE VRAIE MARGE DE PROGRESSION POUR LES PARIS HIPPIQUES

« L’Espagne est le pays le plus joueur en Europe. Les machines à sous représentent plus de 20 % du montant total des enjeux sur une année. La part des paris sur les courses est, en revanche, inférieur à 1 % du volume total des enjeux. En augmentant le nombre de points de vente de paris, il y a une vraie possibilité de développement. D’autant qu’aux Baléares, par exemple, ils sont en train d’étudier la possibilité de faire jouer les habitants sur les courses françaises. Auparavant, il y avait un jeu qui marchait très bien sur les courses, mais avec l’arrivée du loto et des paris sportifs, les joueurs ont quelque peu délaissé les courses. Pour ces dernières, la LAE (Loterie d’État) est un poumon qui organise les paris en Espagne. Elle paye un copyright aux sociétés de courses, de l’ordre de 40.000 euros. »

LES RELATIONS AVEC LES AUTRES SOCIETES DE COURSES

« Nous avons des bonnes relations avec toutes les sociétés de courses espagnoles. D’autant que nous sommes fournisseurs de certaines, comme Mijas ou Dos Hermanas, en Andalousie. »

LES OBJECTIFS A MOYEN TERME

« Nous avons commandé un audit sur le centre d’entraînement de San Sebastian à Jean de Chevigny pour voir ce qui est faisable. Nous sommes dans une phase où nous faisons plus ample connaissance avec le site et sa situation. Notre objectif est de faire de la qualité. Nous allons nous efforcer de rééquilibrer l’entreprise et nous n’écartons pas, ensuite, de faire rentrer des partenaires français. J’aimerais d’ailleurs que le premier Quinté Plus au galop, à l’étranger, soit organisé à San Sebastian. Je trouve que c’est une bonne chose de faire un Quinté à l’étranger, c’est un signe fort pour nos voisins. L’année prochaine, nous devrions avoir cinq réunions PMU plus la Copa de Oro. Mais celle-ci tombe le vendredi 15 août, un jour où il y a une double semi-nocturne...De ce fait, il ne devrait y avoir que la Copa de Oro en PMU. Nous n’avons pas le droit de la changer de date. Pour l’avenir, nous aimerions avoir des réunions de trois ou quatre courses qui soient PMU, type G.T.I. ou Trophée Vert. Il ne faut pas oublier que San Sebastian a été créé pour dépanner la France. Il y a une forte culture, tournée vers la France. Et à part le Pays Basque, il n’y a pas d’autres régions qui jouent sur les courses françaises. San Sebastian est un levier de croissance pour le PMU. C’est la tête de pont pour catapulter l’Espagne dans les courses françaises. »

2016, UNE GRANDE ANNEE EN PERSPECTIVE POUR SAN SEBASTIAN

« En 2016, ce sera le centenaire de l’hippodrome et cela va se dérouler l’année où San Sebastian sera la capitale européenne de la culture. Nous avons déjà des projets pour cet événement, comme organiser des courses de trotteurs en plus des galopeurs. »

LE PARADOXE DE LA LOI ESPAGNOLE

« Le paradoxe de la loi espagnole est qu’elle interdit la masse commune entre deux régions. En revanche, il peut y avoir une masse commune avec l’étranger. Ainsi, on peut faire jouer des Andalous avec des Basques sur les courses françaises, mais pas un Andalou sur des courses à San Sebastian. Il faut arriver à prouver aux autorités et à l’État espagnol qu’il n’y a aucun danger. La réglementation est très vieille. L’État prend plus sur les paris hippiques, de l’ordre de 30 à 40 %, que sur d’autres types de jeux. C’est pour cela que les licences espagnoles pour les paris hippiques ne sont pas actives. »