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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Qui peut croire a l’efficacite des racing series ?

Autres informations / 21.12.2013

Qui peut croire a l’efficacite des racing series ?

La création des Racing Series n’apportera rien, je le crains. En Angleterre, ce type de championnat n’a jamais percé. Demandez à vos lecteurs les plus passionnés : qui suit ces Racing Series en tant que championnat ? Personne ! On s’intéresse à une course pour ce qu’elle est, et certainement pas pour le challenge au sein duquel elle s’inscrit. Vos lecteurs vont-ils se dire, le 7 juillet par exemple : « Tiens, il faut que je suive le Gr3 sur mille mètres, à Maisons-Laffitte, pour savoir si Tartempion va augmenter son avance aux Racing Series du sprint ? » Voyons, c’est impossible !

Les professionnels qui vont jouer le jeu seront ceux qui auront un cheval de niveau Gr3, qui pourra marquer des points à tous les voyages, sans être du niveau Gr1. Quant aux chevaux de "top niveau", je suis prêt à parier qu’ils ne vont pas du tout se prendre au jeu et courir après la prime. Enfin, et surtout, puisque cette opération est avant tout imaginée pour le grand public, j'imagine mal les gens, à qui on a "fait bouffer" du Tiercé/Quarté/Quinté + jusqu’à l’écœurement pendant des décennies, subitement se prendre au jeu des courses de Groupe parce qu'on leur vend un championnat. Les courses ne sont pas le football et les Racing Series ne sont pas la Ligue 1. Ne serait-ce que pour une raison simple : la Ligue 1, c’est un unique championnat, avec vingt équipes seulement que l’on voit toutes les semaines... Les Racing Series, ce sont cinq championnats, avec des centaines de chevaux concernés, que l’on ne verra qu’une fois de temps en temps ! Comment voulez-vous que la mémorisation (et la facilité à suivre) soit équivalente ?

En plus, il est assez illogique, si ce n’est plus, de distribuer un bonus de 5M€ – même si cet argent vient d’un sponsor – alors que l’on demande à la filière courses de se serrer la ceinture. Mon avis, c'est qu'aux courses, il faudra autre chose qu’un "gloubi-boulga" de marketing pour intéresser le plus grand nombre aux courses. Le mal (le manque de culture hippique) est trop profond et trop ancien pour pouvoir être réglé avec un recopiage simpliste des recettes du football.

Michel LEMORTIER, éleveur au galop