à chaque fois qu’il a evolue, le galop français a progresse

Autres informations / 09.01.2014

à chaque fois qu’il a evolue, le galop français a progresse

Depuis mon dernier éditorial, j’ai reçu de nombreux messages positifs et négatifs. Le plus souvent, ces témoignages ne sont pas publiés, par goût de la discrétion de la part de nos lecteurs. Mais quand l’un d’entre eux accepte de prendre la parole publiquement, j’en suis ravi – même quand c’est pour me critiquer sévèrement. Comme disait Cioran : « Ne nous suicidons pas tout de suite, il reste sans doute encore quelqu’un à décevoir » !

En voici un exemple, avec ce courrier de Monsieur Baudrand, auquel j’ai simplement envie de répondre que, comme le savent les gens qui me connaissent le mieux, je suis franc et direct et jamais au grand jamais, opportuniste ni "retourneur de veste".

Sur le fond de la réponse de Monsieur Baudrand, je voudrais dire que je suis frappé par le fait que les éleveurs dans leur ensemble – "petits" et "grands" – souffrent. Ils souffrent sans doute encore beaucoup plus que les propriétaires. Mais leur nature d’éleveurs les mouille plus que les propriétaires : en effet, un propriétaire peut décider de ne pas racheter de chevaux d’une année sur l’autre en un claquement de doigts. C’est plus compliqué pour un éleveur, dont la démarche et les investissements s’inscrivent a minima dans un moyen terme si ce n’est dans un long terme.

Aussi, puisque tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’est pas facile d’être éleveur, il me semble intellectuellement logique de réfléchir à des évolutions qui amélioreraient cet état de fait. Je ne sais pas si ce que j’ai proposé fonctionnerait ou pas, et je ne prétends détenir aucune vérité absolue. La seule évidence me semble être : si on ne creuse pas des voies nouvelles, non pas pour faire la révolution mais pour mener des évolutions, il n’y aucune chance pour

que notre sort s’améliore. J’irais même plus loin : même quand tout va bien, il ne faut jamais cesser de rechercher des améliorations. Oui : surtout quand tout va bien ! Pourquoi Coca-Cola, leader mondial des boissons, modifie-t-il régulièrement ses bouteilles et sa pub ? Pourquoi Google, leader mondial de l’Internet, propose-t-il en permanence à ses utilisateurs de nouveau services ? Pourquoi la FIFA est- elle chaque année à la recherche de nouvelles règles pour rendre son sport plus spectaculaire, plus intéressant et plus universel encore, alors même que le football écrase déjà tous les autres sports sur tous les plans ?

Ceux qui m’ont écrit – ils sont nombreux et je les en remercie sincèrement – pour me dire que c’était idiot de vouloir changer des choses alors que les courses ne vont pas si mal, se trompent, à mon sens. À chaque fois qu’il a évolué, le galop a progressé. Hier, c’était par l’introduction de socioprofessionnels au sein des instances dirigeantes ou par la création d’Equidia ; demain, ce sera par l’implantation d’un tracking system (GPS sur les selles pour produire des statistiques) qui nous permettra de rattraper notre retard sur des sports comme le football ou le tennis, ou par le choix courageux de concentrer les efforts de financement sur les 2ans à 4ans ou 5ans inclus. J’en profite pour préciser aujourd’hui que je n’ai jamais proposé de supprimer ni les courses ni les allocations pour les 5ans et plus. Je pense qu'il faudrait supprimer en priorité les surprimes propriétaires dans ces épreuves. Je ne suis même pas certain qu’il soit nécessaire de supprimer les primes à l’éleveur pour obtenir de premiers résultats vertueux car le déclic viendra d’abord des propriétaires, en les incitant à renouveler leur stock plus souvent.

Encore une fois, il ne faut pas avoir peur de réfléchir et penser sans tabou, tant que la situation est encore suffisamment bonne pour nous permettre de ne pas agir dans l’urgence.

Pour finir, je veux rappeler que JDG est au service de l’élevage et des courses en France depuis son origine, sans distinction de taille (petits ou grands) ni de famille (éleveur, propriétaire, entraîneur, jockey...). Nous vivons pour et par l’hippisme tricolore, tout en ayant conscience qu’il s’inscrit dans un panorama européen et parfois mondial. Nous faisons notre métier par et avec passion, et nous sommes attachés à toutes les formes de passion. Car la passion est présente à tous les étages, même quand l’activité courses devient commerciale.

– MC.