Je suis un petit éleveur et je suis pour la sélection

Autres informations / 10.01.2014

Je suis un petit éleveur et je suis pour la sélection

« Je souhaite apporter mon soutien au contenu du dernier éditorial de Mayeul Caire.

La lucidité de ses propos agit comme un répulsif auprès de certains, et ne concerne pas que le domaine des courses. Si j'osais une métaphore, je dirais que certains pensent, à tort : « Peu importe ce que dit le marché... Si je produis, "on" doit me trouver des acheteurs et des courses pour les chevaux que j'ai élevés... »

Sauf que, d'une part, nous sommes dans un secteur où joue la concurrence, ce qui doit nous obliger à produire des produits en perpétuelle amélioration. Et sauf que, d'autre part, il faut inciter les propriétaires à renouveler leur stock de chevaux en leur montrant que leur intérêt économique est plutôt d'avoir des chevaux jeunes que de conserver de vieux chevaux de qualité médiocre.

Le réalisme doit être notre "étalon" permanent à tous, en particulier nous les éleveurs. Et si nos poulinières ne sont plus dans le marché, c'est-à-dire si elles n'ont pas gagné et si elles n’ont pas produit des gagnants d'un certain niveau dans leurs trois premiers produits, ou si elles ne sont pas black type, il faut avoir le courage et le bon sens de s'en séparer. Sinon, il ne faut pas s'étonner de ne pas trouver de débouchés pour leurs produits. L'élevage de chevaux de course est une activité coûteuse et consommatrice de capitaux. Il vaut mieux une poulinière de qualité que plusieurs médiocres. Je termine en précisant que je suis un petit éleveur sans sol avec deux poulinières.

Continuez, cher JDG, à oser dire votre vision, même quand elle dérange. La lucidité est la mère de sûreté, alors que nous avons les moyens d'agir. C'est la seule façon de préparer l'avenir. »

Patrick Burel