Jockeys, stars et vecteurs

Autres informations / 29.01.2014

Jockeys, stars et vecteurs

par Adeline Gombaud, rédactrice en chef

« Selon moi, les jockeys doivent être le visage de notre industrie », a expliqué Mike Penna, Président du Horse Racing Radio Network lors de l’Assemblée annuelle de l’association des Jockeys américains, qui avait lieu lundi. Cette réunion regroupait toutes les têtes pensantes du turf américain. Elle a mis l’accent sur l’importance du vecteur “jockey” dans la promotion du sport “courses”.

Président de la Thoroughbred Racing Association et des hippodromes de Lone Star Park et de Remington Park, Scott Wells a parlé de son expérience de communication autour de ses hippodromes, qui hébergent également des casinos : depuis que les journaux locaux n’offrent plus de couverture digne de ce nom sur les courses (« parce que, pour eux, nous ne sommes pas un sport », a regretté Wells), les hippodromes ont largement diminué leur budget publicitaire dans ces médias mais ont développé leur promotion online et sur les réseaux sociaux, en plaçant au cœur de ces spots la population des jockeys. Certains ont créé un vrai buzz sur Internet !

Et ce n’est pas étonnant, selon nos amis américains, car il existe une vraie proximité des jockeys avec le public. Beaucoup plus forte que dans d’autres sports, où des barrières infranchissables séparent souvent les acteurs du public. Les Américains en sont convaincus : c’est par les jockeys que les courses vont conquérir de nouveaux fans.

Nouveau patron du marketing du galop français, Jean- Christophe Giletta l’a dit et répété : le produit “courses” doit gagner en lisibilité pour le grand public. Mais de quoi le public a-t-il besoin pour adhérer à notre sport ? De vedettes, qu’il peut retrouver à chaque réunion, auxquelles il peut s’identifier. Parmi tous les acteurs des courses, hommes ou chevaux, les jockeys sont les seuls à pouvoir servir de référents dans ce paysage où le cheval de plat ne court au mieux que toutes les trois semaines, et au sein duquel entraîneurs et propriétaires sont trop variés pour servir de fil conducteur.

La France est donc capable de profiter du mouvement. L’inauguration de la statue de Christophe Pieux, dimanche prochain sur l’hippodrome de Pau, ou la soirée des Cravaches d’or, organisée dans l’un des plus beaux théâtres parisiens, sont des points de départ prometteurs. Mais il ne faut pas en rester là. Il faut mettre plus en scène les jockeys, en les incitant à communiquer massivement sur les réseaux sociaux. Il faut aussi organiser systématiquement des championnats de jockeys au cours des meetings : à Cagnes, à Deauville, à Vichy, etc. Et surtout, il faut leur accorder une place de tout premier plan si le grand championnat national voulu par France Galop voit le jour.

Les sports les plus populaires en France, comme le football, le rugby mais aussi le handball (avec ses Indestructibles... ), ne font pas autrement. Les jockeys doivent devenir l’arme fatale des courses.