Des chiffres ! des chiffres ! des chiffres !

Autres informations / 04.02.2014

Des chiffres ! des chiffres ! des chiffres !

Par Hervé Chamarty, Président du Syndicat des propriétaires du Sud-Ouest

« Sans chiffres, point de vérité. Vingt années se sont passées depuis les réformes de Jean-Luc Lagardère et je me pose des questions. A-t-on bien géré cette croissance ? À qui cette croissance a-t-elle profité ? Pour y répondre, il nous faut des chiffres.

- Augmenter l'offre sans cesse nous a amené au bord de l'implosion. Cette fuite en

avant sans perspectives nous a conduit face au mur et là, nous y sommes.

- Nos gouvernants ont laissé faire sans projet d'avenir, seule manière pour eux de sa-

tisfaire les demandes au plus pressé.

- Aujourd'hui, on freine des deux pieds pour ne pas s'écraser.

- A-t-on su innover en matière de jeux ? Sommes-nous toujours attractifs ?

- Ce système que toute la planète nous envie est tout de même vieillissant.

- Seul Jean-Luc Lagardère (notre référence) a su avoir une vision sur vingt ans. Derrière, ce n'est que destruction, désorganisation et fantaisies.

- Sa succession a cassé un joli jouet : le programme... Chacun a compris que la question du programme est prioritaire et on a le droit de penser, aujourd’hui, que le programme a été déstructuré et est sorti de ses objectifs.

On aimerait en avoir beaucoup plus, mais voici déjà quelques chiffres délivrés au compte gouttes par France Galop.

- En trente ans, nous avons crée 680 courses supplémentaires, dont 386 sur les hippodromes parisiens et 294 dans le reste du pays.

- En 1982, 32 % des courses étaient courues sur les hippodromes parisiens et 68 % en province ; en 2012, 33 % des courses sur les hippodromes parisiens et 67 % en province. La stabilité existe, même si la balance penche légèrement en défaveur des régions, dont la part a perdu 1 point. Malgré ce relatif maintien, nous constatons tous les jours une stagnation des courses en province.

- La croissance a apporté à la province un relèvement sérieux de ses nominaux, mais qui n'ont toujours pas atteint leur objectif : celui d'avoir une égalité entre Paris et la province lorsque les conditions sont les mêmes (par exemple entre deux courses F).

Les deux mandats d'Édouard de Rothschild ont stoppé l'évolution de la province. C’est pourquoi il est urgent que l’on nous donne le détail de l'évolution des courses et des allocations sur les trois périodes : Lagardère, Rothschild et Bélinguier. Je peux me tromper, mais je pense que cette publication mettra au jour la réalité d'une évolution que beaucoup ne connaissent pas, eux qui mélangent décentralisation et délocalisation, en attaquant tous les acteurs de province sans discernement.

C’est pourquoi je veux terminer avec ce petit rappel, pour ceux qui étaient en culottes courtes à l’époque de Lagardère : la décentralisation signifiait « apporter le spectacle des courses (elles existaient déjà en province) en province vers le public et les joueurs en délocalisant les événements, notamment le Quinté Plus, pour séduire par notre spectacle une clientèle nouvelle ». Et cela s’appelait : « La France des courses. » Aujourd’hui, je me demande si elle existe toujours... »