éric ventrou, l’ange gardien des “grenat et blanc”

Autres informations / 28.02.2014

éric ventrou, l’ange gardien des “grenat et blanc”

Homme de l’ombre, bras droit d’Alban de Mieulle depuis près de dix ans, élément clé dans la réussite d’Umm Qarn, grand voyageur : ces qualificatifs décrivent parfaitement Éric Ventrou. Son visage vous dit forcément quelque chose. Il est au côté des pur-sang arabes à la casaque grenat sur tous les champs de course, de Doha à Dubaï, de Doncaster à Longchamp... « Alban m’a proposé de venir travailler avec lui alors que j’étais à Dubaï, chez Erwan Charpy, raconte-t-il. Il cherchait quelqu’un pour passer l’hiver à Doha et l’été en Europe. Je connaissais à la fois les pays du Golfe et Chantilly, où j’ai travaillé quelques années. Je correspondais donc à ce qu’il cherchait... C’était en 2005. À l’époque, les courses au Qatar n’étaient pas aussi développées qu’elles le sont actuellement. L’hippodrome était en finition... L’hiver, les pur-sang arabes couraient surtout à Dubaï, l’été en Europe et le point d’orgue, c’était la Turquie en septembre. Puis, tout s’est accéléré ! »

Après avoir travaillé à Chantilly, notamment chez Cordelia van Zuylen, et plusieurs expériences en Grande-Bretagne (dont une chez Gill Duffield, qui entraînait des pur-sang arabes), ainsi qu’à Dubaï, Éric Ventrou se fixe donc à Umm Qarn pendant sept mois l’hiver. Car, dès le mois de mai, il accompagne les meilleurs pur-sang arabes (mais aussi des pur-sang anglais, depuis peu...) à Chantilly, où ils stationnent jusqu’au début du mois d’octobre.

C’est donc une vie de nomade qu’il mène, à cheval entre deux pays... « Quand je suis à Chantilly, je dois gérer la bonne marche de l’écurie, organiser tous les déplacements en Europe... Alban me fixe un calendrier de courses pour chaque cheval, et à moi de les préparer en conséquence. Alban me laisse beaucoup d’autonomie. Il aime les gens qui prennent des initiatives, et je crois qu’une vraie relation de confiance s’est nouée entre nous. Nous n’avons même plus besoin de nous parler pour nous comprendre ! Nous avons

la même façon de voir les courses, et à force de travailler ensemble, il m’a en quelque sorte formaté à son image ! » Avant de venir à Umm Qarn, Éric n’avait que peu d’expérience avec les pur-sang arabes. À présent, il les connaît parfaitement, et pour lui, ce sont des chevaux beaucoup plus tardifs que les pur-sang anglais. « Ils arrivent à maturité plus tard, spécialement les produits d’Amer, tout en étant, selon moi, plus intelligents que les pur-sang anglais. Il faut donc les travailler avec beaucoup de tact, pour ne pas les écœurer. C’est pour cette raison notamment qu’ils travaillent sur plus court le matin, à l’entraînement. J’ai aussi remarqué qu’ils voyageaient mieux, car ils sont capables de s’acclimater plus vite. Les nôtres font le tour du monde très jeunes, et sans problème ! »

Ces voyages représentent aussi une belle part dans la motivation d’Éric Ventrou. « Grâce à mon travail, j’ai pu découvrir beaucoup de pays différents, d’autres façons de travailler, nouer de nombreuses relations de par le monde. C’est très enrichissant, et même si c’est une vie un peu spéciale, toujours entre deux avions, et qui laisse peu de place à la famille, j’adore ce que je fais. »

Un jour viendra où Éric posera ses valises. Sûrement du côté de son Ouest natal. Il y a déjà réfléchi et un projet se dessine peu à peu dans sa tête : « Je pense qu’un jour, nous aurons besoin d’une antenne en France, pour y faire du débourrage et du préentraînement. C’est quelque chose qui m’intéresserait beaucoup. » Mais pour le moment, Very Nice Name, Fouladh, Haifaa, Kalino, Nashmi et tous les autres ont encore besoin de lui !