Goffs, arqana, tattersalls : quelle analyse des trois principales ventes mixtes européennes ?

Autres informations / 15.02.2014

Goffs, arqana, tattersalls : quelle analyse des trois principales ventes mixtes européennes ?

Les trois principales ventes mixtes européennes de début d’année, celles de Tattersalls, d’Arqana et de Goffs, ont eu lieu ces derniers jours. Toutes se sont achevées sur une hausse significative de leurs indicateurs. C’est l’occasion d’analyser leurs caractéristiques, leurs évolutions des dernières années et les indications qu’elles donnent pour l’année à venir.

TROIS VENTES MIXTES, MAIS TROIS ADN DIFFERENTS

La vente mixte de Goffs est celle qui propose le catalogue le plus fourni, même si ce dernier s’est beaucoup resserré ces dernières années. Avant la crise financière qui a considérablement changé la donne, cette vente proposait un nombre conséquent de jeunes yearlings, qui attiraient les pinhookers, dont l’appétit d’achat permettait d’absorber cette offre abondante. Actuellement, la vente propose toujours une première journée consacrée aux yearlings, mais dans une quantité bien plus limitée. La vente de Tattersalls, en terme de volumes, est celle qui se rapproche le plus de la vente d’Arqana. Elle propose, sur une journée, une sélection de juments pleines, de pouliches et chevaux à l’entraîne-ment, de jeunes yearlings et quelques 2ans. La vente d’Ar-qana présente la particularité d’inclure des pedigrees axés obstacle à son catalogue.

DES TENDANCES SIMILAIRES DEPUIS 2007, MAIS DANS DES PROPORTIONS DIFFERENTES

Le marché irlandais est celui qui a le plus souffert après la crise financière de l’été 2007, comme le montrent les chiffres du tableau consacré à la vente de Goffs. D’un catalogue dépassant les 1.100 chevaux en 2007, pour un C.A. supérieur à 12 millions d’euros, la vente s’est repliée sur un catalogue de 700 lots, avec un C.A. avoisinant les 4,5 millions d’euros. La surproduction, générée par les prix conséquents qui caractérisaient le marché jusqu’en 2007, a peu à peu été jugulée. Le marché anglais a lui aussi été touché par la crise, mais avec une année de décalage par rapport à l’Irlande. Entre 2008 et 2009, la vente Tattersalls a connu une chute vertigineuse, avec une baisse de plus de 200 % de son C.A. ! Comparativement, le repli a été beaucoup plus modéré en France, d’autant que la vente de 2007 incluait la dispersion du haras de Saint-Pair-du-Mont, qui avait à elle seule généré plus des deux tiers du C.A.

DES RESULTATS 2014 QUI CONFIRMENT LA TENDANCE ENREGISTREE EN FIN D’ANNEE DERNIERE

Les trois principales ventes mixtes en Europe ont toutes progressé. Goffs a terminé avec une hausse de 46 % de son C.A. Les indicateurs irlandais sont toutefois quelque peu biaisés par un top price hors norme à 975.000 €. Sans cette jument, le C.A. se serait établi à environ 3,250 millions d’euros, pour une moyenne de 12.700 €, ce qui correspond plus à la tendance observée d’abord à Tattersalls (C.A. en hausse de 24 %, moyenne en hausse de 37 %). Arqana a également produit une vente mixte en forte progression, particulièrement au niveau du C.A. (en hausse de 63 %), grâce au taux de vendus remarquable de 86,9 %. Ce score inhabituel pour ce genre de ventes témoigne de la profondeur du marché, quel que soit le segment considéré.

QUELS ENSEIGNEMENTS POUR 2014 ?

Compte tenu de leur nature, ces ventes mixtes doivent être considérées comme des prolongations des ventes d’élevage de 2013. Elles ont suivi la même tendance haussière enregistrée sur les marchés en 2013, signe que cette tendance est solide et n’était pas qu’un épiphénomène. Elles permettent donc d’être résolument optimistes quant à la consolidation des hausses observées sur le marché des yearlings l’an dernier.

(Note : La vente Osarus de Clairefontaine n’a pas été prise en compte dans cette analyse, ayant été inaugurée cette année seulement.)