Jacques ortet : « le caractère de christophe est ce qui fait sa force »

Autres informations / 02.02.2014

Jacques ortet : « le caractère de christophe est ce qui fait sa force »

Jacques Ortet a collaboré avec Christophe Pieux pendant dix-huit ans. L’entraîneur palois a propulsé le "crack jockey" au sommet. Il est le professionnel qui connaît le mieux l’homme aux quinze Cravaches d’Or. À la veille de l’inauguration de la statue de Christophe Pieux, à Pau, il nous a accordé une interview pour revenir sur l’histoire de leur collaboration.

JDG : COMMENT VOTRE COLLABORATION AVEC CHRISTOPHE PIEUX A-T-ELLE COMMENCE?

Jacques Ortet : C’est très simple : j’étais aux courses à Castéra-Verduzan, un de mes jockeys est tombé et j’ai demandé à Christophe de monter pour moi. J’avais déjà eu l’occasion de le voir à l’œuvre auparavant. Ensuite, je lui ai demandé s’il voulait venir travailler chez moi, il a accepté, et c’est comme cela que tout a commencé. Au début, il faisait les boxes et montait les chevaux puis, au fil du temps, il ne venait que pour les sauter, comme tout le monde. À la fin, un simple regard suffisait pour que l’on se comprenne. D’autant qu’il connaissait très bien les chevaux, pour les monter le matin.

QUELLES SONT SES QUALITES ?

Le caractère de Christophe est ce qui fait sa force. C’est quelqu’un de très intelligent, il montait avec son instinct. Forcément, lorsque vous cumulez le mental, le physique et que vous êtes surdoué, vous êtes bien placé pour faire une bonne carrière. Sa position était aussi particulière. Il montait très court, mais c’était déjà le cas lorsqu’il est arrivé chez moi. Il avait un centre de gravité très bas. C’était sa position. Je disais et je dis toujours aux jockeys que cela ne sert à rien de l’imiter. Il faut monter de façon à ce que l’on se sente bien. Avant Christophe, Bruno Jollivet montait très court et il avait été un précurseur dans ce domaine.

QUELS SONT VOS MEILLEURS SOUVENIRS AVEC CHRISTOPHE PIEUX ?

Bien sûr, la victoire de Sleeping Jack dans le Grand Steeple (Gr1) 2005 reste un superbe souvenir. Mais il n’y a pas que celle- là. Il y a aussi les succès à Merano ou à Milan. C’était à l’étranger et nous avions passé du temps ensemble. C’était une ambiance particulière.

CE DIMANCHE AURA LIEU LE GRAND CROSS DE PAU, UNE EPREUVE QUE VOUS AVEZ NOTAMMENT GAGNEE GRACE A LINE LAWYER, EN 1997, DANS DES CONDITIONS PARTICULIERES...

Effectivement, mon jockey, Pascal Corsi, était tombé et il n’était pas en mesure de monter la jument. J’avais dit à Christophe : si tu ne la montes pas, je ne cours pas. Au départ, il n’était pas trop chaud pour monter le Grand Cross. Et puis, c’est moi qui avais fait qu’il ne montait plus dans cette discipline. Christophe m’avait dit qu’il ne connaissait pas le parcours. Mais je lui ai dit : « Tu te mets en retrait, tu attends et tu bouges après le passage de route. » C’est ce qu’il a fait et il a gagné !