paris hippiques : le galop doit faire les bons choix à l’international

Autres informations / 21.02.2014

paris hippiques : le galop doit faire les bons choix à l’international

Dernièrement, dans JDG, un directeur de France Galop s’était réjoui que le galop ait suscité plus d’enjeux que le trot en 2013. Il est vrai que, depuis plusieurs années, on constatait plutôt le phénomène contraire... En cela, la joie de la société-mère est compréhensible, même si – rappelons-le – trotteurs et galopeurs se partagent toujours le produit des jeux paritairement.

Le galop a donc bel et bien gagné sa course amicale face au trot en 2013, d’une très courte tête : 4 millions d’euros sur 10 milliards d’enjeux, soit une avance de 4 millimètres sur une épreuve de 1.000 mètres.

Mais ce qui est intéressant, c’est que le galop est en avance au prix d’une offre importante de courses étrangères. Le tableau ci-dessus illustre très bien le phénomène.

Ainsi, le programme français au galop a 78 M€ de "retard" sur le trot malgré une dizaine de réunions de plus. En effet, si l’on s'en tient à une pure division entre le chiffre d’affaires et le nombre de réunions, le galop français est moins rentable que le trot : 7,37 millions de C.A. contre 7,63 (3,4 % d’écart).

Mais à l’international, et c’est le grand enseignement de la petite étude que nous avons menée, le profit relatif d’une course au galop et d’une course au trot affiche une différence beaucoup plus nette encore : le chiffre d’affaires par course est quasiment double (370.000 € contre 200.000 €) en faveur des trotteurs. Cet écart assez catastrophique doit certainement amener France Galop à bien réfléchir, cette année, à sa stratégie quant au choix des courses étrangères : un steeple à Ascot avec quatre partants ne fera jamais autant de chiffre d’affaires qu’une course à quatorze partants au Maroc (on l’a vu cet automne), même si ce steeple est un Groupe 1 avec quatre chevaux "FR", alors que la course marocaine réunit des pur-sang arabes inconnus du public français. Car ce genre de considérations – à commencer par le niveau de la course – n’est pas la préoccupation première des turfistes aujourd’hui. Oui, car les turfistes ont changé, c’est indéniable. Sinon, on ne ferait pas de très beaux enjeux sur des hippodromes et avec des chevaux qui leur étaient encore inconnus trois minutes avant la course.

En conclusion, on a le droit de rêver d’Angleterre, même si celle-ci est largement fantasmée dans l’esprit de beaucoup de sportsmen français (le pré du voisin est toujours si vert), mais il faut aussi rester pragmatique. On peut préférer le champagne d’Ascot au thé à la menthe de

Casablanca, mais au moment de trancher, il faut aussi savoir choisir la course qui rapportera le plus à la filière française. C’est aujourd’hui tout l’enjeu du choix des épreuves étrangères : faire en fonction de leur rentabilité et non pas de leur intérêt sportif. Et, si l’on veut pousser un peu plus loin, essayer de choisir des courses qui feront le plein de partants... ne serait-ce que pour compenser le creux de certaines courses françaises au galop. Ce serait en tout cas donner toutes les chances à France Galop de maintenir les allocations, voire de les augmenter, en allant chercher à l’étranger une partie, fût-elle minime, de la croissance qui est devenue plus dure à assurer avec certaines de nos épreuves.