Philippe germond : « nous allons investir 130 m€ pour moderniser nos points de vente »

Autres informations / 08.02.2014

Philippe germond : « nous allons investir 130 m€ pour moderniser nos points de vente »

Vendredi matin, nous avons rencontré Philippe Germond pour un long échange informel. Le Président du P.M.U. a répondu à nos questions, à bâtons rompus. Verbatim.

130 M€ POUR LES POINTS DE VENTE EN 2015

C’est la grosse information du jour : le P.M.U. va investir 130 M€ en 2015 pour moderniser ses points de vente. « Nous avons lancé un appel d’offres pour le design des points de vente et nous testons actuellement de nouveaux dispositifs dans ceux-ci. Notre but est de moderniser fortement l’image du réseau physique. Nous voulons créer un effet de surprise pour attirer de nouveaux clients. Il est indispensable d’investir et de diversifier, sinon, c’est le déclin. C’est un des objectifs de P.M.U. 2020. »

POUR OU CONTRE LE NOUVEAU LONGCHAMP ?

« Ce n’est pas à moi de m’exprimer sur le sujet de Longchamp. Mais, de manière générale, je dis simplement que si les grandes courses continuent à être disputées sur des hippodromes qui ressemblent à des stades de CFA2 [football amateur, NDLR], ce n’est pas comme cela que l’on va capter une nouvelle clientèle. Je rêve d’hippodromes à la manière de ceux de Hongkong... Là-bas, tout le monde va aux courses. Il y a de la magie, de la musique, une fête de ceci ou de cela... Il se passe toujours quelque chose et l’on est bien accueilli. Le football l’a bien compris, lui qui ne propose pas que le match dans son enceinte. Il faut une vraie réflexion sur le parcours client et l’accueil. (...) Je suis convaincu que la relance du sport courses passe par du public sur les hippodromes. Il n’y a pas de grand sport sans

public. Comment le fait-on venir ? Une belle enceinte, un bon accueil et un vrai parcours client sont des éléments de réponse.

NOMBRE DE PARTANTS : LE VRAI SUJET

Bien sûr, la crise économique générale est là et elle impacte les courses comme n’importe quel autre secteur de la consommation grand public, hors alimentaire. Mais le sport hippique a aussi ses propres facteurs de croissance ou de repli, à commencer par le nombre de partants. « Le nombre de partants est une préoccupation pour nous. Je ne parle pas spécialement de janvier 2014, qui ne diffère pas fondamentalement de janvier 2013. Ce que je veux dire, c’est que l’optimisation du nombre de partants est aujourd’hui un levier pour notre activité. Nous avons mené une petite étude hippodrome par hippodrome, qui porte à la fois sur le nombre de partants par course et aussi sur les retards constatés par rapport à l’horaire prévu. Sur certains hippodromes, nous constatons de vraies difficultés. » Globalement, les courses de moins de huit partants sont très peu rentables... mais les Quintés+ de plus de dix-huit partants ne sont pas très bons non plus. L’envie de parier ressemble un peu à celle d’acheter un roman pour l’été : s’il fait cinquante pages, on pense ne pas en avoir pour son argent... mais si le livre comporte mille pages, on ne l’achète pas non plus, de peur de ne pas arriver au bout !

RETOUR DES COURSES SUR UNE GRANDE CHAINE DE TELEVISION ?

« Avant de songer à diffuser les courses sur TF1 ou sur M6, il y a un travail préalable à réaliser en termes de stratégie

d’image. Les courses sont aujourd’hui en déficit d’image par rapport aux autres sports. À ce sujet, j’ai vraiment le sentiment qu’il existe une prise de conscience très forte dans les sociétés de course. (...) Je ne crois pas qu’il faille avoir des regrets sur la diffusion du Quinté+ à 20 h 45 sur TF1, car, avec le temps, ce n’était plus qu’un bruit de fond. L’audience pour l’audience, ça ne sert à rien. » Par lassitude, les courses étaient devenues inaudibles, au sens propre comme au sens figuré.

LE P.M.U. SEPARERA-T-IL SES MASSES OU LES OUVRIRA-T- IL?

« Un de nos concurrents [Betclic] nous a attaqués sur le offline-online. J’ai alors voulu que le P.M.U. suive une procédure d’engagement et formule une proposition pour répondre aux questions de concurrence. Je trouvais cela plus intelligent que d’attendre un contentieux. Il faut toujours essayer de tourner les menaces en opportunités. Nous avons fait une première proposition, dans laquelle nous ouvrions la masse du Quinté+ à nos concurrents online. Je me disais que ce serait une bonne chose, pour la filière, de commercialiser le Quinté+ sur plusieurs sites. Mais cela n’a pas été retenu par l’autorité de la concurrence. Le 29 janvier, nous avons fait une nouvelle proposition, qui reste confidentielle. Nous attendons la réponse pour la fin février. »

FRANCE GALOP CONFIRME POUR MAISONS-LAFFITTE

France Galop a officiellement confirmé, vendredi après-midi, les informations que nous avons publiées hier : « Dans le cadre de la stratégie Galop 2020, le développement de l’ensemble "centre d’entraînement/ hippodrome" de Maisons-Laffitte est l’un des projets majeurs de France Galop. Une étude est actuellement entreprise pour étudier la faisabilité technique et le coût financier de l’organisation de courses d'obstacles sur ce site. Dans cette hypothèse, les courses plates disputées en ligne droite – spécificité de cet hippodrome – y seraient maintenues.

Cette étude se fait en concertation avec les collectivités territoriales, et tout particulièrement la Mairie de Maisons- Laffitte qui pourrait bénéficier de cette importante relance. Le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte, qui compte aujourd’hui près de huit cents chevaux et constitue un important bassin d’emplois, verrait ainsi réaffirmé son rôle primordial dans la spécialité des courses à obstacles. »