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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La genèse italienne d’hurricane fly

Autres informations / 22.03.2014

La genèse italienne d’hurricane fly

Le crack Hurricane Fly (Montjeu) a été élevé par l’Agricola del Parco, une entité italienne située près du lac de Côme et animée par Giovanni Caiani. S’il n’est jamais allé en Italie, puisque sa mère était stationnée en Irlande, Hurricane Fly possède une histoire liée à la "grande botte". Au cours du Festival de Cheltenham, nous avons rencontré Giovanni Caiani, qui nous a parlé de l’histoire d’Hurricane Fly, mais aussi de Pressing (Soviet Star), un autre très bon cheval sorti de son élevage.

Jour de Galop - VOUS AVEZ ELEVE HURRICANE FLY, “RECORD HORSE” DES VICTOIRES DE GR1. RACONTEZ- NOUS LE DEBUT SON HISTOIRE.

Giovanni Caiani. - À l’époque, nous élevions avec mon frère Paolo, qui était installé en Irlande. C’était lui l’expert en chevaux de la famille. Hurricane Fly n’est jamais venu en Italie. En Italie, un cheval peut être né dans un autre pays, mais, dans ce cas, il faut l’importer après sa naissance et le débuter en Italie afin de pouvoir bénéficier des primes. Malgré cela, nous avons préféré vendre Hurricane Fly yearling en Irlande. C’était un très joli cheval, avec un beau modèle. Lors des ventes de Goffs, après une radiographie, nous avons découvert qu’il avait un petit chip. Mais les vétérinaires ont indiqué que cela n’empêcherait pas le cheval de courir et il a finalement été vendu 65.000 €.

POURQUOI AVOIR CHOISI MONTJEU POUR SCANDISK (KENMARE), LA MERE D’HURRICANE FLY ?

À cette époque, Montjeu en était à ses débuts dans sa carrière d’étalon et était proposé entre 20.000 € et 25.000 € la saillie. Et c’était un champion ! L’histoire de Scandisk est aussi intéressante. Nous possédions sa mère, Yankee Lady (Lord Gayle). C’est une famille dans laquelle nous croyions beaucoup et que nous voulions conserver et développer. Nous avons croisé Yankee Lady à Kenmare, dans l’espoir d’obtenir une pouliche et de la garder pour l’élevage. Car pour nous, Kenmare est un excellent père de mères. Ce produit fut Scandisk. Elle était à l’entraînement chez John Oxx et a débuté en Italie, afin de bénéficier des primes. Elle a débuté dans une très bonne course à conditions, dans laquelle il y avait notamment Field of Hope [future lauréate du Prix de la Forêt, ndlr] au départ. Avec le recul, je me dis que c’était un engagement un peu fou ! Et pourtant, Scandisk a gagné de cent mètres ! C’était le jour de l’"Arc" de Sinndar et John Oxx était bien évidemment à Longchamp. Ensuite, Scandisk est repartie en Irlande avant de revenir courir en Italie le Premio Baggio, un Gr3. Mais son jockey n’a pas été très inspiré ce jour-là... Il l’a montée en tête et sur la longue ligne droite de Milan, c’est très dur d’aller au bout. Elle a couru par la suite deux courses en Irlande, sans succès et elle est rentrée à l’élevage. Quand mon frère s’est retiré de l’élevage, quelques années plus tard, nous avons dû nous séparer de plusieurs juments. Nous avons vendu quatre poulinières, et parmi elles il y avait Scandisk. C’était en 2007 et, à cette époque, Hurricane Fly n’était pas le monument qu’il est aujourd’hui.

RIEN NE PREDESTINAIT HURRICANE FLY A DEVENIR UN CHAMPION EN OBSTACLE...

Nous voulions en faire un cheval de plat. Il a été un bon cheval dans cette discipline, il a gagné le Prix Omnium II (L) sur un terrain très lourd, devant Literato. Ensuite, il a été vendu et il est parti chez Willie Mullins. Nous l’avons un peu perdu de vue à ce moment-là et nous n’avons pas compris alors pourquoi son entourage voulait en faire un cheval d’obstacle. Puis, il a commencé à faire parler de lui et à gagner des Groupes. Nous sommes venus lui apporter notre soutien chaque année à Cheltenham, pour le Champion Hurlde. Nous essayons de le voir régulièrement. Dernièrement, nous sommes allés à Leopardstown le voir gagner son 19e Gr1. Nous venons pour voir un phénomène.

VOUS AVEZ EGALEMENT ELEVE PRESSING, VAINQUEUR DU PREMIO ROMA (GR1), TRIPLE LAUREAT DU TOPKAPI TROPHY (GR2) ET QUATRIEME DES PRINCE OF WALES’S STAKES (GR1). QUELLE EST SON HISTOIRE ?

Nous avons eu beaucoup de chance avec lui. Avec mon frère, nous avons acheté sa mère, Rafif (Riverman) à Newmarket. Nous avions choisi une fille de riverman, car il nous intéressait beaucoup en qualité de père de mères. Nous avons payé Rafif assez cher au regard de notre budget. Elle était déjà pleine de Soviet Star et elle nous a donc donné Pressing, qui est aujourd’hui étalon en Turquie et dont les premiers produits ont 2ans. Rafif a donné de bons poulains. Elle a aussi produit Growling (Celtic Swing), une femelle restée inédite que nous avons conservée pour l’élevage. Growling a donné naissance en 2013 à un poulain par Invincible Spirit que nous avons vendu foal à Tattersalls pour 220.000 guinées. Nous sommes très heureux que John Ferguson l’ait acheté pour Darley. C’est un poulain avec un physique extraordinaire.