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L’alimentation peut jouer dans la fertilité d’un étalon

Autres informations / 05.03.2014

L’alimentation peut jouer dans la fertilité d’un étalon

Nous vous proposons aujourd’hui une nouvelle rubrique axée sur l’alimentation, en partenariat avec la société de recherche et de conseil en nutrition équine Lab to Field. Pour cette première édition, Samy Julliand, nutritionniste équin et Directeur de Lab to Field, explique la relation entre la fertilité de l’étalon et son alimentation.

La fertilité d’un étalon peut être influencée par de nombreux facteurs tels que sa génétique, la saison, sa maturité, mais également son alimentation. Il est possible d’intervenir sur ce dernier facteur : chaque propriétaire peut en effet choisir la qualité et la conduite de l’alimentation pour son étalon. Qu’en est-il des connaissances scientifiques actuelles sur les relations entre alimentation et fertilité des étalons ?

Il faut d’abord noter que l’attention devrait être accrue dès l’entrée de l’hiver, car la durée de la spermatogénèse (production des spermatozoïdes) est d’une cinquantaine de jours chez l’étalon. Une subfertilité (fertilité moindre) peut ainsi résulter de déséquilibres alimentaires observés un mois et demi avant les analyses.

La majorité des recherches conduites sur les relations entre alimentation et fertilité des étalons montrent qu’une amélioration de la fertilité (mesurée par la quantité et la qualité de semence produite) est souvent possible chez des étalons subfertiles en rééquilibrant leurs rations. En revanche, les impacts semblent limités chez des étalons présentant une fertilité satisfaisante : si un programme d’alimentation adapté peut permettre aux étalons d’atteindre leurs capacités maximales de reproducteurs... il ne pourra les amener au-delà de leur potentiel !

Les apports énergétiques de la ration jouent un rôle important, bien que peu d’études se soient intéressées à l’espèce équine spécifiquement. Chez l’humain, les bovins, les ovins, etc., il a été prouvé que sous-alimentation et suralimentation étaient néfastes. La suralimentation notamment, plus fréquemment observée, entraîne une baisse de la libido et un comportement "explosif". Chez ces espèces, il a en outre été prouvé que le surpoids était un facteur de dégradation de la qualité de la semence (cf. graphique). Concernant l’étalon, les études menées tendent à confirmer ces observations, bien que des données complémentaires soient nécessaires pour quantifier la baisse de fertilité.

Par ailleurs, il a été mis en avant qu’une carence en certains nutriments, notamment en antioxydants (comme le zinc, le sélénium ou la vitamine E), serait à l’origine d’une baisse de fertilité (diminution des testicules, de la spermatogénèse et de la motilité des spermatozoïdes). À partir de résultats récents, il est possible que les recommandations nutritionnelles en oligo-éléments et vitamines pour les étalons soient revues à la hausse. Des bilans nutritionnels réguliers et un suivi à l’année des étalons sont ainsi des outils pour limiter les risques de subfertilité lors de la saison de monte.