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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

le syndicat des éleveurs de chevaux de sang présent au chili pour la réunion de l’itbf

Autres informations / 14.03.2014

le syndicat des éleveurs de chevaux de sang présent au chili pour la réunion de l’itbf

Loïc Malivet, Hubert Honoré et Camille Vercken ont représenté la France lors de la réunion de la Fédération internationale des éleveurs de pur-sang (I.T.B.F.), qui s’est déroulée à Santiago, au Chili, la semaine dernière. Accueillis par le président des Éleveurs chiliens, Pedro Hurtado Vicuna, son directeur, Vicente Aljaro mais aussi l’éleveur Ariane Gravereaux, les délégués ont pu découvrir les courses et les haras chiliens, en marge du programme officiel. Cette rencontre était ponctuée de deux réunions importantes : une réunion vétérinaire et une réunion plus générale. Cela a permis à tous les pays présents d’échanger et de prendre des positions communes sur d’importants sujets d’élevage.

REPRODUCTION, DOPAGE, TEST ADN ET TRANSPORT DES JUMENTS PLEINES AU PROGRAMME

Parmi les décisions prises lors de ces réunions, nous retrouvons :

• le maintien ferme du modèle de reproduction pur-sang basé sur la monte naturelle

• l’interdiction de l’usage des stéroïdes anabolisants, et ce pendant toute la vie du cheval

• la maîtrise et les régulations à imposer autour de l’usage des tests ADN (aux ventes, à l’élevage) et l’obligation formelle d’obtenir le consentement du propriétaire de l’animal, ainsi que celle de communiquer à ce dernier les résultats de l’analyse. Le Docteur Des Leadon, Président du comité vétérinaire, a par ailleurs soulevé la récente évolution de réglementation dans le transport des juments gestantes par voie aérienne qui tolère des mouvements jusqu’à 220 jours de gestation contre 300 jours précédemment. Les conséquences de cette modification sont importantes pour toute l’économie du pur-sang, notamment en ce qui concerne les exportations vers l’Inde et le Japon et, de ce fait, un effort de lobbying majeur auprès des instances responsables sera entrepris sans délai par l’I.T.B.F.

DEFENDRE LES TERRES D’ELEVAGE

La France a été active et s’est exprimée sur deux sujets essentiels :

• la démonstration d’une initiative française : EQUURES, qui labellise les méthodes de production de chevaux "raisonnées", plus respectueuses de l’environnement. Cette présentation très appréciée a été suivie d’un grand nombre de questions et de demandes d’informations complémentaires qui ont démontré l’intérêt de ce projet. La France a montré qu’elle pouvait tenir un premier rôle dans ce type de démarches.

• La France a par ailleurs tenu à alerter l’ensemble de la filière, à l’échelle mondiale, sur la catastrophe écologique qui s’annonce dans la région de Nonant-le-Pin avec la décharge s’y implantant. La vidéo réalisée par Equidia sur ce sujet a été traduite en langue anglaise. Elle a laissé la salle entière de glace devant l’ampleur de cette catastrophe. Le président de l’I.T.B.F., Sam Sheppard, a obtenu un accord unanime, dans un élan spontané, de l’ensemble des pays membres pour soutenir et défendre l’effort du collectif en France. D’autres pays ont aussi évoqué des berceaux d’élevage menacés : champs d’éoliennes en Irlande, forage de mines en Afrique du Sud, etc. Il s’agit d’une des prérogatives nouvelles de l’I.T.B.F. que de défendre ces berceaux de l’élevage de pur-sang.

La réunion a également été l’occasion de s’intéresser à une population d’éleveurs absolument nécessaire dans toute économie de chacun des pays d’élevage : celui du "recreational breeder" ou de l’éleveur en activité secondaire. Il est bien souvent tout sauf "recreational" mais plutôt un acteur indispensable à la bonne marche de l’équilibre économique de la filière en apportant des capitaux extérieurs majeurs.

Il a été notamment question de sa capacité à conserver son activité en tant de crise, et des leviers qui permettent de faire rentrer de nouveaux acteurs dans le circuit.

OBJECTIF : DEVENIR ENCORE PLUS INTERNATIONAL

Enfin, il a été décidé que certains pays absents aujourd’hui autour de la table seraient invités à participer à ces réunions à l’avenir, qu’il s’agisse de la Chine, du Kazakhstan, des pays d’Afrique du Nord ou de certains pays du Golfe. Il est en effet nécessaire de les amener à participer à ces travaux collectifs pour uniformiser les niveaux de production et, pour certains, leurs exigences sanitaires. L’Irlande sera le prochain pays président de l’I.T.B.F., en la personne de Derek Iceton. Ce dernier a déjà imposé sa ligne de conduite : avoir un comité exécutif fort entre les réunions et amener autour de la table les pays d’élevage émergents, qui sont aujourd’hui une ressource importante dans le cadre de nos exportations. Le Syndicat des Éleveurs a obtenu à ce titre une place très convoitée au sein du Comité exécutif de l’I.T.B.F. dans le collège de la zone Europe, ce qui confirme son influence au sein de cette instance.