les propositions du président des permis d'entraîner pour lutter contre le dopage

Autres informations / 28.03.2014

les propositions du président des permis d'entraîner pour lutter contre le dopage

« Le scandale de l'écurie Asmussen révélé par des investigations dissimulées met en exergue la nécessité urgente de légiférer et d'harmoniser les règles anti-doping unanimement approuvées. Mais un autre volet de cette affaire, tout aussi important, met en lumière l'absence de toute considération pour la condition chevaline. Maltraitance odieusement orchestrée dans le plus pur mépris pour la souffrance animale. Chacun de nous espère que ça n'existe pas chez nous, en France. Et pourtant les "leçons d'œillères" ne sont pas une exclusivité d'outre-Atlantique...

Aussi est-il venu le moment de montrer que ceux qui interviennent à tous les stades de la carrière d'un cheval de course respectent l'animal, et qu'ils ne sont pas aveuglés par la cupidité ou l'obsession de la performance, au point de faire subir à leurs pensionnaires des traitements dégradants et cruels. Des traitements indignes des acteurs de la filière, dont l'humanité et la sensibilité sont indispensables à notre image et à la pérennité d'un sport qui demande à ses athlètes d'aller toujours plus vite, plus loin, plus souvent. La tentation est grande, mais la tendance sociétale est au plus grand respect de l'animal, et ne pas la suivre nous condamnerait à voir disparaître notre passion, notre plaisir, notre spectacle et tous ceux qui en vivent.

Exit la chasse à courre en Angleterre, exit les courses d'obstacles dans l'état de Victoria en Australie, exit les corridas en Catalogne. Cette évolution des mentalités passe aussi par la diminution de la consommation hippophagique. Le cheval n'est plus considéré comme une viande de boucherie, mais acquiert dans l'inconscient collectif contemporain le statut d'animal domestique. L'équitation éthologique, basée sur la non-violence, a fait depuis une vingtaine d'années des adeptes dans les centres de débourrage. Elle permet une soumission de l'animal dans la douceur, en excluant les relations conflictuelles et brutales du dressage "à l'ancienne", concourant ainsi au confort physique de l'animal. Historiquement, la S.P.A. créée en 1845, porte son premier combat vers la protection des chevaux brutalisés par leurs cochers. Sans tomber dans la sensiblerie ou l'anthropomorphisme outrancier, l'homme du XXIe siècle ne peut pas être le prédateur moderne du cheval de sport.

Comment éviter les dérives et leurs répercussions néfastes ?

- Par la pédagogie : étude scientifique et morale de la souffrance animale dispensée lors des formations dans les centres d'apprentissage.

- Par la préservation de l'image : diminution du nombre de coups de cravache autorisé afin d'éradiquer les arrivées "pugilistiques" qui ternissent l'image des courses.

- Par la responsabilisation des acteurs : création d'une "charte du respect du cheval" qui définirait l'éthique de

son exploitation et de sa carrière.

Comme le préconise M. Mayeul Caire dans son éditorial, n'attendons pas que les lobbies de protection des animaux viennent vers nous ; allons au-devant d'eux pour leur montrer notre bonne foi et expliquer nos contradictions et nos dilemmes.

"On peut juger de la grandeur d'une nation par la façon dont les animaux y sont traités". Ghandi. »

Jacques Le Dantec

Président de l'association des Propriétaires permis d'entraîner