à la découverte des jeunes entraîneurs diplômés

Autres informations / 10.04.2014

à la découverte des jeunes entraîneurs diplômés

Nous poursuivons notre série sur les jeunes entraîneurs récemment diplômés. Cette semaine, rencontre avec Capucine Nicot et Valérie Seignoux.

CAPUCINE NICOT

JDG. – COMME CERTAINS DE VOS CONFRERES, VOUS ETES UN ENFANT DE LA "BALLE". AVEZ-VOUS TOUJOURS ETE ATTIREE PAR LE MONDE HIPPIQUE ?

Capucine Nicot. – Oui totalement. Avec mon père entraîneur, ainsi que toute ma famille qui a toujours évolué dans ce monde hippique, j’ai été bercée par le bruit des sabots et attirée par les chevaux ; cela a été une évidence pour moi de travailler au milieu d’eux.

QUEL A ETE VOTRE PARCOURS POUR DEVENIR ENTRAINEUR PUBLIC ?

J’ai d’abord obtenu un monitorat d’équitation classique pour le côté sécurité de l’emploi. Ensuite, j’ai pas mal voyagé aux États-Unis, en Australie, en Angleterre ainsi qu’en Irlande pour acquérir une expérience solide. De retour en France, j’ai passé mon permis d’entraîner que j’ai obtenu en 2002. Sous cette étiquette, j’ai enregistré cinquante victoires, dont trois courses support de Quinté Plus, avec des chevaux de 3ans et plus que j’achetais, pour la plupart du temps, à réclamer. Gérard Hernandez, qui habite également l’île de Ré, m’a beaucoup soutenue durant cette période ainsi que des éleveurs. Parallèlement, j’ai monté en tant que cavalière amateur. J’ai eu la chance de m’imposer une centaine de fois au cours de ma carrière, ainsi que de décrocher cinq Cravaches d’or, cinq années de suite. Je me suis également classée deuxième au championnat du monde des amateurs.

LE VALENTIN (SLICKLY) A ETE VOTRE PREMIER PARTANT MAIS EGALEMENT VOTRE PREMIER GAGNANT EN TANT QU’ENTRAINEUR PUBLIC, LE 5 MARS DERNIER SUR L’HIPPODROME DE FONTAINEBLEAU. COMMENT SE PASSE VOTRE INSTALLATION ?

Très bien. Je suis officiellement installée en tant qu’entraîneur public depuis la fin du mois de février, sur l’île de Ré, là où j’ai toujours vécu. J’ai actuellement quatre chevaux à l’entraînement et je ne souhaite pas en accueillir plus d’une dizaine, en l’occurrence tous âgés de 3ans et plus. Je m’attache à prendre le temps de bien faire les choses avec chaque cheval. Nous avons la chance d’avoir la mer et la plage pour travailler avec eux et c'est un réel atout, aussi bien pour leur moral que pour leurs éventuels soins. Et puis, pour ceux qui en ont vraiment besoin, cela les sort du contexte d’un centre d’entraînement. Entre la mer, la plage, le paddock et le travail, chaque cheval est dehors, en général, trois heures par jour. C’est du temps, du travail, mais cela paie et les chevaux nous le rendent bien.

VALÉRIE SEIGNOUX

JDG. – AVEC UN FRERE ET UN FILS JOCKEYS, QUELLE A ETE VOTRE HISTOIRE AVEC LE MONDE DES COURSES ?

Valérie Seignoux. – Mon père était tout simplement permis d’entraîner et gentleman rider, donc les chevaux n’ont jamais été des étrangers pour moi, ni les courses d’ailleurs. Je suis aussi une passionnée. À quatre ans, je montais à poney, à sept ans, sur les pur-sang !

AVANT DE DEVENIR ENTRAINEUR PUBLIC, VOUS AVEZ ETE DURANT DE LONGUES ANNEES CAVALIERE AMATEUR MAIS AUSSI ENTRAINEUR PRIVE, N’EST-CE PAS ?

C’est vrai. Le fait est que j’ai toujours voulu travailler dans les courses hippiques. Lorsque j’étais plus jeune, je montais régulièrement chez monsieur Pelat et monsieur Gallorini. Ce dernier avait même rempli et signé mon contrat d’apprentissage pour que j’intègre son écurie. Mais mon père ne l’a pas entendu de cette oreille. Il avait peur que ce monde soit trop dur pour moi et nous sommes donc rentrés en Mayenne. Du coup, c’est par la voie amateur que je suis rentrée réellement dans le milieu. J’ai obtenu ma licence en 1989. Le week-end, je montais en course, et la semaine j’effectuais des petits boulots à droite à gauche. En 2002, Philippe Cormier-Martin a proposé de m’embaucher et de m’aider à obtenir ma licence de jockey professionnel. Je suis restée cinq ans au sein de ses écuries. Puis je suis allée travailler quelque temps chez Norbert Leenders. Dans l'intervalle, mon époux, Stéphane, faisait du préentraînement. Suite à cela, j’ai tenté l’examen d’entraîneur public que j’ai obtenu à la troisième tentative. Mais à la deuxième, j’ai eu le droit d’exercer en tant qu’entraîneur privé. D’abord pour le compte de madame Mottin, puis pour celui de mon époux.

DURANT CETTE PERIODE PENDANT LAQUELLE VOUS EXERCIEZ EN TANT QU’ENTRAINEUR PRIVE, LES BEAUFS (APSIS) A ENCHAINE LES SUCCES AU PLUS HAUT NIVEAU. CELA VOUS A- T-IL AIDEE DANS VOTRE NOUVELLE INSTALLATION ?

Oui, en effet, les bons résultats sont la meilleure des publicités. Avec ceux de Les Beaufs, nous avons eu de nouveaux contacts lorsque j’étais entraîneur particulier, mais je ne pouvais malheureusement pas les prendre, vu ma situation. Actuellement, trente chevaux sont à l’entraînement. Des chevaux qui nous appartiennent mais aussi des chevaux de propriétaires. Ces derniers nous ont d’ailleurs toujours soutenus et sont restés patiemment à nos côtés quand je ne pouvais pas être entraîneur public. Je pense à Jérémy Houssin qui est propriétaire à la maison depuis 2002. Ils avaient leurs parts dans certains chevaux mais maintenant, ils auront leurs propres couleurs.