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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’italie réagit à l’annonce de l'european pattern commitee

Autres informations / 17.04.2014

L’italie réagit à l’annonce de l'european pattern commitee

L’Italie a réagi avec force à l’annonce de l'European Pattern Commitee au sujet de son futur. Le Pattern Commitee a en effet décidé que l’Italie cessera d’être membre de l’E.P.C. à commencer du 1er janvier 2015, avec la recommandation à l’International Race Planning Advisory Committee (Irpac), de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques (Fiah), que toutes les courses black types italiennes soient rétrogradées de la partie 1 à la partie 2 des catalogues internationaux. Francesco Ruffo, le dirigeant qui représentait l’Italie à la réunion de lundi à Newmarket, a envoyé une lettre au président de l’E.P.C. pour critiquer la façon avec laquelle la communication a été effectuée. En effet, la délégation italienne n'a appris la décision qu'au moment de la diffusion du communiqué de presse. Le document n’a pas été transmis à la presse italienne, obligée de le reprendre par l’intermédiaire de l’information publiée par le Racing Post, donc avec un "filtre" journalistique qui a engendré des malentendus.

OU EN SONT LES PAIEMENTS ?

D’après une liste officielle, avancée par les représentants italiens à la réunion, deux cents virements différents ont été effectués sur les comptes des propriétaires, entraîneurs et jockey étrangers pour les allocations gagnées au cours du dernier trimestre 2012. Au total, il s’agit de 1.497.000 euros, c’est-à-dire 98 % du total dû. Les 2 % restants (32.940 euros, à fractionner entre 28 créanciers) est à disposition, mais n’a pas été payé parce que les coordonnées bancaires ne sont jamais arrivées au ministère de l’Agriculture.

Les allocations 2013 ont été payées et le mois de janvier 2014 sera soldé la semaine prochaine, donc dans le délai de 90 jours fixé comme condition impérative par l'E.P.C., dans l’objectif de raccourcir plus encore les délais de versement durant l'année.

L'EUROPE DU GALOP POURRAIT-ELLE ETRE AVANTAGEE EN "RETROGRADANT" L’ITALIE ?

Deux points assez importantes méritent tout d'abord d'être évoqués. Le premier est lié au paiement des allocations du dernier trimestre 2012 aux propriétaires et professionnels italiens, pour un montant de 26 millions d’euros (trot et galop confondus). Le "trou" provoqué par la décision de Francesco Saverio Romano, ministre de l’Agriculture du dernier gouvernement Berlusconi, sera bouché avant la fin 2014, peut-être plus rapidement encore. En Italie, il a été souligné que ce paiement est garanti par une loi de l’État et que les "sociopros" ont préféré recevoir les allocations 2013 et 2014 de façon régulière plutôt que "courir" après les crédits.

Le deuxième point important est la création d’un organisme hippique de référence en Italie, capable de dialoguer avec les autres pays. Le gouvernement est au travail sur le projet de la Lega Ippica, c’est-à-dire la privatisation des courses.

Lorsque le nouveau système sera opérationnel, la transition sera difficile. La date la plus probable de mise en fonction devrait se situer dans les derniers mois de l’année 2014, voire au début 2015. D’ici là, le département du ministère de l’Agriculture effectuera le travail avec les employés et les dirigeants qui étaient en place à l’Unire puis à l’Assi.

Il reste une troisième et dernière question. L’Europe du galop peut-elle se trouver avantagée en rétrogradant l’Italie, un pays qui compte tout de même 40 millions d’euros d'allocations rien que pour le galop (soit plus du double de l’Allemagne) ? « Nous nous sommes montrés très durs envers le ministère qui a provoqué cette situation. À présent, grâce à la pression des "sociopros" italiens et à leurs sacrifices, l’Italie a payé ses dettes. Je pense que l’Europe n’a aucun intérêt à tuer les courses en Italie parce qu’une rétrogradation ne signifie pas autre chose. Les éleveurs et propriétaires italiens investissent pour acheter des saillies, des poulinières, des yearlings. Tous ces investissements ne seront plus les mêmes avec l’Italie en Ligue 2. L’Italie est en cours de redémarrage, et ce avec la même passion qu'auparavant. Aussi nous faut-il le soutien de nos partenaires européens », a déclaré Isabella Bezzera, Présidente de l’ANAC, l’association des éleveurs. Le cas italien sera revu au mois de juillet par l'E.P.C. En trois mois, l’Italie peut renforcer sa position, mais il faudra travailler dur et sans faiblir. D’un autre coté, l'E.P.C. doit assouplir son attitude et comprendre que l’Europe des courses n’est pas faite seulement par des dirigeants, mais aussi par des dizaines de milliers de personnes qui travaillent et investissent. Un pays peut se retrouver dans un état de crise, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut l’effacer de la carte géographique.