Quatre questions à… michael prosser

Autres informations / 03.04.2014

Quatre questions à… michael prosser

AU CŒUR DE L’ACTU

Comme à son habitude, le directeur de l’hippodrome de

Newmarket, Michael Prosser, avait effectué le déplacement sur l’hippodrome de

Maisons-Laffitte ce jeudi. Il a ainsi pu assister aux performances de Charm

Spirit ou encore Vorda ?, qui devraient, elles, se rendre en Angleterre pour

les 2.000 et 1.000 Guinées.

 

JDG. – Que pensez-vous des performances de Charm Spirit et

Vorda, qui pourraient venir à Newmarket ? Michael Prosser. – Je trouve que

Charm Spirit a fait preuve d’une belle accélération, qui m’a beaucoup plu. Il a

su venir en pleine piste pour s’imposer. Je pense qu’il est très intéressant

qu’un troisième de "Lagardère" se soit imposé pour sa rentrée. Tous

les autres concurrents qui

visaient la course sont pour le moment encore en piste, même

si la sélection commencera avec nos propres préparatoires. J’ai cru comprendre

que Charm Spirit était probable pour les 2.000 Guinées, et je serais ravi de

l’accueillir. Vorda m’a beaucoup plu aussi. Elle était très belle au rond,

fraîche, elle a encore une marge de progression, et les deux premières de

l’“Imprudence” ont laissé leurs adversaires à deux longueurs.

 

Les "Guinées" 2014 s’annoncent ouvertes, côté

poulains comme côté pouliches. Comment abordez-vous la course cette année, et

quelles sont les 1.000 et 2.000 Guinées qui vous ont le plus marqué ?

Les Guinées seront très ouvertes cette année. Si vous

regardez les ratings, les pouliches de 2ans ont laissé l’an dernier une

meilleure impression que les mâles. Concernant les 2.000 Guinées, j’ai

l’impression que les poulains en lice cette année ont laissé beaucoup de

promesses à confirmer : Toormore, Kingston Hill, Kingman… Il y a aussi ceux

ayant emprunté une voie plus classique comme War Command, le vainqueur des

Dewhurst Stakes, ou Outstrip, vainqueur du Breeders’ Cup Juvenile Turf.

Australia, le grand favori actuellement, et celui sur lequel courent des bruits

très flatteurs. Depuis que je travaille à Newmarket, 2001, j’ai eu la chance

d’assister à quelques performances incroyables. Il y a Frankel, lorsqu’il avait

pris dix longueurs d’avance à la mi-course. C’était une performance

exceptionnelle. Je n’avais jamais entendu la foule applaudir un cheval à quatre

cents mètres de l’arrivée, et c’est ce qu’il s’est passé ce jour-là. Il y a

aussi Sea the Stars... Mais j’ai beaucoup aimé George Washington. Je l’ai vu

courir sa première course à 2ans. Ce fut lors du meeting des

"Guinées", et il a été battu. Et revenir quasiment un an jour pour

jour après dans le cercle des vainqueurs… Pour les pouliches, je pense que les

meilleures 1.000 Guinées que j’aie vues ont été celles de Russian Rhythm en

2003, où elle battait Six Perfections, Intercontinental et Soviet Song, qui ont

eu les carrières que l’on connaît.

 

Pourquoi est-ce si important pour vous d’être présent à

Maisons-Laffitte pour voir les prétendants aux "Guinées" ?

Il y a plusieurs raisons. Je pense qu’il est primordial pour

n’importe quel directeur des courses d’aller voir d’autres hippodromes, et de

parler aux entraîneurs qui ont des engagements à Newmarket. Ce n’est pas

seulement pour les "Guinées", mais pour les chevaux en général. Aller

les voir, leur demander s’il y a quelque chose en particulier dont ils auraient

besoin… Nous pouvons mieux préparer l’arrivée des chevaux à Newmarket. Je pense

que c’est très important. De plus, c’est génial de voyager et de voir un

hippodrome comme Maisons-Laffitte, que j’aime beaucoup. La piste et les chevaux

sont en très belle condition, alors qu’il y a un an, les conditions météo

étaient très difficiles, voire polaires dans toute l’Europe ! Je tiens à

féliciter les personnes qui prennent soin de la piste à Maisons-Laffitte, le

terrain est magnifique.

 

Comment situez-vous les "Guinées" de Newmarket par

rapport aux Poules françaises et aux "Guinées" irlandaises ?

Je pense que les "Guinées", anglaises et

irlandaises, et les Poules d’Essai sont des classiques d’une très grande

importance dans leur exercice propre. Elles portent les fondations de la saison

de plat à venir. Newmarket est un hippodrome unique. Il possède une ligne droite

de 2.000m, et une piste très large. Du coup, nous pouvons la diviser. Cela

permet d’avoir une portion de piste dédiée pour le Craven Meeting, et d’avoir

ensuite une portion pour les "Guinées". C’est un hippodrome où la

sélection est juste. Mais que ce soit en Angleterre ou en France, peu importe

qui gagne, ce sera un excellent cheval. Notre ambition à Newmarket est de

pousser la course à ses limites, d’aller au plus loin des possibilités qu’elle

nous offre.