Guy denuault, les courses en famille

Autres informations / 17.05.2014

Guy denuault, les courses en famille

Guy Denuault, propriétaire mais aussi entraîneur et éleveur, s'est prêté au jeu de l'interview avec entrain et bonne humeur. Sa femme, Liliane, propriétaire des "chevaux Denuault" a également participé à cet entretien, dans le cadre de notre série sur les propriétaires.

JDG. – AU QUOTIDIEN, QUEL ROLE JOUE VOTRE FEMME DANS VOTRE ACTIVITE HIPPIQUE ?

Guy Denuault. – Elle passe le balai et la "soufflette" ! (rires) Non, plus sérieusement, elle s'occupe de tout le côté administratif et elle donne à manger aux chevaux tous les jours. Elle seule le fait. Elle leur prodigue les soins au quotidien. Dans le temps, elle montait même le matin. Ma femme vit sa passion à fond. Elle conduit le camion pour aller aux courses et elle est archi-stressée quand l'un de ses chevaux est en piste ou lorsque ses trois enfants montent en course. Mardi [le 29 avril, ndlr], l'un des trotteurs que nous avons avec Anne, la femme de Joël Boisnard, et ma fille Laetitia, a gagné. C'était la veille des soixante ans de ma femme ! Et vous l'auriez vue, elle sautait partout dans le salon, on ne pouvait plus l'arrêter ! (rires). Elle est vraiment investie à 100 %.

LEQUEL DE VOUS DEUX A AMENE L'AUTRE AUX COURSES ?

C'est moi. Avant, elle n'y connaissait rien. J'ai toujours été dans le milieu. J'ai commencé dans les courses de poneys avec Yves Dreux et Jean-Luc Bigeon notamment. Après, j'ai travaillé dans des écuries de trotteurs. J'ai monté en course, même à Vincennes et à Enghien, et j'ai eu cinq, six gagnants.

POURQUOI VOUS ETES-VOUS FINALEMENT ORIENTE VERS LE GALOP ?

Je ne sais pas... Je regardais les courses d'obstacle, j'aimais bien, cela m'a donné envie. J'ai fait mon apprentissage chez Jean Couétil et Pierre Cherruau. Je me suis installé entraîneur à vingt-trois ans, c'était en 1978, à l'endroit même où nous sommes encore actuellement [à Combrée, en région Pays-de-la-Loire]. Quand nous avons commencé, nous n'avions pas un sou. C'était très difficile car nous vivions avec les seuls revenus de ma femme. Mais je n'ai jamais voulu être entraîneur de propriétaires. Alors, cela a pris le temps nécessaire. Mais nous y sommes arrivés et aujourd'hui j'ai uniquement des chevaux en location, ou ceux de ma femme, et nous ne devons rien à personne.

COMMENT CHOISISSEZ-VOUS VOS CHEVAUX ?

À l'amiable essentiellement. Je regarde le physique et l'élevage. J'achète des chevaux aux professionnels que j'aime bien, à partir du moment où le cheval me plaît aussi. J'achète uniquement de jeunes chevaux entre 18 mois et 3ans. Ainsi, c'est moi qui les façonne. Et puis j'ai aussi les chevaux issus de notre élevage. Nous avons trois poulinières. L'une d'entre elles, la mère de Biendenuo (Princeton), gagnant hier [jeudi 1er mai] de la course des 3ans au Lion-d'Angers, n'a produit à ce jour que des vainqueurs. Ses quatre produits cumulent près de 400.000 euros de gains. Il y a Biendenuo donc et puis Ucocotte (Califet), Voiladenuo (Network) et Atuvuedenuo (Assessor). Nous avons la chance de connaître une belle réussite en tant qu'éleveurs.

QUEL EST VOTRE PLUS BEAU SOUVENIR DE PROPRIETAIRE ? Certainement Orlando Magic (Assessor), notre meilleur cheval à ce jour. Il a pris la deuxième place du "Président de la République" (Gr3) en 2008 et la troisième en 2009. En soixante-neuf courses, Orlando Magic a été trentesept fois "dans l'argent", a obtenu quatre victoires. Et puis c'est aussi le cheval qui a marqué notre fils, Wilfrid.

WILFRID EST JOCKEY, VOTRE FEMME PROPRIETAIRE, VOUS ENTRAINEUR ET ELEVEUR ET TOUS VOS CHEVAUX SONT VOTRE PLEINE PROPRIETE OU EN LOCATION... C'EST UNE PASSION VECUE UNIQUEMENT EN FAMILLE ?

Oui, complètement et nous sommes très fiers de nos enfants. De Wilfrid, de ma fille qui travaille avec moi, et de Maxime, mon deuxième fils, qui "fait" la Fegentri cette année. Il vient d'ailleurs de gagner en Irlande. C'est vrai que nous vivons notre passion en famille, mais nous nous entendons bien avec tous les professionnels des courses, nous n'avons pas d'ennemi et nous aimons la compétition. Quand j'engage mes chevaux, je regarde qui court évidemment et s’il y a des "Macaire", je me dis tant mieux ! Je verrai Guillaume aux courses et s'il me bat, il me paiera un verre ! (rires)