Le secretariat de frédéric sauque

Autres informations / 06.06.2014

Le secretariat de frédéric sauque

Les États-Unis aiment célébrer leurs idoles. Et si la folie médiatique s’empare en ce moment de California Chrome, à quelques jours de sa tentative de remporter la Triple couronne, Secretariat avait déchaîné les foules lors de son exploit de 1973. Un homme a vécu cet engouement hors du commun au côté du champion. Il s’agit du courtier français Frédéric Sauque, qui se trouvait aux États-Unis lorsque le champion de Penny Chenery a conquis sa Triple couronne. Il se souvient...

« En 1973, j’avais 21 ans et grâce à un ami de mes parents, Jean Cruguet, jockey français installé aux États-Unis, je suis arrivé, quelques jours avant le Kentucky Derby, dans l’écurie de Lucien Laurin, l’entraîneur de Secretariat. Je ne parlais pas un mot d’anglais, mais lui parlait le français canadien, alors cela a facilité la communication... J’étais simple horse walker, c’est-à-dire que je marchais les chevaux en main pour 60 dollars la semaine ! Je n’avais pas le droit de m’occuper de Secretariat. J’ai dû le tenir une seule fois, quand son entraîneur le douchait. À cette époque, il avait un autre bon cheval, un 4ans, Riva Ridge, qui avait gagné l’année précédente le Kentucky Derby et les Belmont Stakes. Lui, j’avais le droit de m’en occuper... D’ailleurs, Lucien Laurin n’avait d’yeux que pour ces deux chevaux, les autres ne l’intéressaient guère. Je n’ai pas assisté aux deux premiers succès de Secretariat dans la Triple couronne. J’étais resté à New York pour faire mon job. Mais pour la dernière, les Belmont Stakes, j’étais sur place. Et j’ai pu voir la folie autour du cheval ! Des journalistes, et pas qu’une poignée, campaient à côté du barn de 5 heures du matin à 20 heures le soir, guettant le moindre mouvement du cheval. Penny Chenery était là aussi tous les jours précédant la course. Le cheval faisait même la couverture de Sports Illustrated, le plus grand journal américain traitant de sport. C’était du jamais vu pour un cheval. Le jour des "Belmont", on m’avait trouvé un job bien rémunéré : il s’agissait de me poster à deux cents mètres du poteau, et de prendre des photos pour Sports Illustrated. L’appareil était réglé, il n’y avait plus qu’à appuyer sur le bouton. Heureusement, parce que je n’avais aucune notion de photographie ! Un policier m’accompagnait, pour ne pas que je me fasse lyncher. J’étais donc posté à deux cents mètres du poteau, devant le public. Mais j’étais tellement excité que j’ai coupé les jambes de Secretariat : mes photos étaient inutilisables !

Je regrette d’avoir été trop jeune pour me rendre compte de la portée de ce que j’étais en train de vivre. Secretariat reste le cheval le plus parfait que j’aie vu. Il n’avait aucun défaut et, fait rare pour un tel crack, il était extrêmement gentil, facile. C’était tout sauf une diva. Et son record de la piste de Belmont tient encore ! Plus tard, je suis allé le voir au haras. Il n’a pas produit à la hauteur des espérances, mais il est devenu un bon père de mères. »

LE JOCKEY DE CALIFORNIA CHROME INVITÉ DU LATE SHOW

L’émission The Late Show est une institution aux EtatsUnis, à laquelle toutes les plus grandes stars ont été invitées. Or, Victor Espinoza, jockey de California Chrome (Lucky Pulpit), candidat à la victoire dans la Triple couronne américaine, samedi dans les Belmont Stakes (Gr1), y participera, ce qui constitue un véritable événement et témoigne de la grande attente existant autour du poulain.