Montmartre doit rester français !

Autres informations / 22.06.2014

Montmartre doit rester français !

Propriétaire, éleveur et porteur de parts d’étalons (Penny’s Picnic, qui courait sous ses couleurs, et Montmartre...), Guillaume de Saint-Seine appelle de ses vœux la création d’un "nouveau syndicat Montmartre" pour permettre à l’étalon de poursuivre sa carrière en France à un tarif raisonnable.

MONTMARTRE DOIT RESTER FRANÇAIS !

C'est aussi une grande journée pour Montmartre, via Amour à Papa. Montmartre s’était lui-même illustré dans le Prix du Lys 2008 – désormais couru le jour du Prix de Diane et à l’époque disputé à Longchamp – avant de remporter le Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1). Il avait aussi été conservé comme étalon en France grâce à la volonté conjointe de Son Altesse l'Aga Khan et d'une joint-venture inédite à l'époque entre les Haras nationaux et les éleveurs français – majoritaires parmi les porteurs de parts. Chaque semaine dans JDG, cet étalon s'affirme comme un excellent père de vainqueurs, et ce avec une jumenterie limitée en nombre. En véhiculant le sang de Montjeu et de Linamix, il démontre la validité de la sélection "à la française" et représente pour la communauté des éleveurs basés en France un potentiel très intéressant à un prix raisonnable. » Ne courons pas le risque de voir migrer.

UN ETALON PROMETTEUR

« Or, malheureusement, la décision, sur laquelle cette chronique n'a pas objet de se prononcer, de France Haras de mettre fin à son activité d'étalonnier, fait peser sur l'élevage français une menace réelle de voir Montmartre quitter la France alors même que ses porteurs de parts privés ne sont pas vendeurs. Les statuts de l'indivision entre l'opérateur public et ses associés, pourtant majoritaires en nombre de parts, prévoient un droit de vote triple pour France Haras dans le seul cas d'une délibération portant sur la vente de l'étalon. Avec 21 parts sur 50, la cause paraît entendue, et France Haras a convoqué pour le 1er juillet une assemblée des porteurs avec pour ordre du jour la "mise en vente de l’étalon". C’est oublier l’esprit dans lequel a été instauré ce partenariat entre l’Aga Khan, des éleveurs privés et France

Haras : permettre à Montmartre de rester en France, palier le manque de moyens de France Haras en 2009 en "injectant" du capital privé et favoriser l’accès à ce courant de sang d’éleveurs (plat et obstacle). S’il est inscrit en décembre prochain à la vente de dispersion des étalons possédés par France Haras, le risque est grand que l’élevage français voie disparaître pour l’étranger un reproducteur à l'aube d'une grande carrière. »

LA BALLE EST DANS LE CAMP DES ELEVEURS FRANÇAIS... ET DE FRANCE HARAS

« J'en appelle donc les ex-Haras nationaux à renoncer de manière exceptionnelle et unilatérale à ce droit de vote triple pour permettre l'émergence d'une offre alternative émanant des porteurs de parts actuels qui pourraient se réunir dans un "nouveau syndicat Montmartre" visant à offrir un prix juste à France Haras tout en permettant à cet étalon de poursuivre sa carrière en France à un tarif raisonnable. France Haras pourrait ainsi voir sa mission lui survivre. Le dispositif, un temps envisagé par France Galop pour permettre via des prêts à conditions favorables à des étalons de demeurer sur notre sol, pourrait être inauguré à cette occasion sans grand risque pour la société-mère. Il s'agirait donc de formuler rapidement une offre sur les parts détenues par France Haras et de trouver sur notre sol un haras commercial désireux d'accueillir Montmartre. La balle est donc à la fois dans le camp des éleveurs français, des investisseurs dans la filière, dont je fais partie – étant déjà associé au destin de Montmartre pour lequel je suis prêt à prendre un intérêt supplémentaire –, et bien sûr, de France Haras. Ne laissons pas ce reproducteur à l'avenir prometteur filer et jouons le jeu du marché en offrant un prix équitable pour les parts détenues par France Haras. »