Le nouveau jockey club répond aux exigence modernes

Autres informations / 15.07.2014

Le nouveau jockey club répond aux exigence modernes

Par Simone Brogi, assistant de Jean-Claude Rouget

« Depuis qu’il a été réformé, notre "pauvre Jockey Club" à fait couler énormément d’encre. La pétition lancée ces dernières semaines m’a incité à participer au débat. Même si je suis conscient de n'avoir ni l’expérience ni la connaissance pour comparer l’ancienne version avec la nouvelle, j’ai essayé de réfléchir aux différents arguments. Si ce changement de distance a été fait,

c’est aussi pour répondre à la loi de l’offre et de la demande sur le marché de l’élevage et des ventes. Cela se comptabilise déjà sur les produits proposés aux ventes : cinq des dix gagnants (The Grey Gatsby, Le Havre, Vision d’État, Lawman & Shamardal), depuis le raccourcissement de la distance, sont passés sous le marteau d’une vente aux enchères. Ce nombre est de trois pour les dix dernières éditions sur 2.400m (Blue Canari, Anabaa Blue & Ragmar) qui précèdent le changement. Le "nouveau Jockey Club" répond aux exigences du marché, où un vrai cheval de 2.400m est de plus en plus rare aux ventes. En disant cela, je ne veux pas aller contre le "classicisme" mais un retour aux origines ne suivrait pas l’évolution de l’élevage et donc de l’offre qui est proposée actuellement sur les places de ventes, en France notamment.

On fait souvent la comparaison du Derby français avec les autres, en Europe, courus sur 2.400m. Mais peut-on imaginer un pays comme l’Angleterre, où la tradition prime sur tout le reste, toucher quelque chose à son mythique Derby ? Le Derby d’Epsom est le Derby d’Epsom : un monument en soi. Il ne faut pas essayer à tout prix de le copier car cette course possède une aura que le Prix du Jockey Club, même en revenant sur 2.400m, ne peut atteindre. Peut-on imaginer les Irlandais raccourcir leur Derby, sachant que sur cette terre officient les étalons Galileo et, désormais, Sea the Stars (et avant eux Montjeu), qui assurent aux éleveurs irlandais une production constante de chevaux de premier plan sur 2.400m, et donc une réussite d’une année sur l’autre dans le Derby d’Irlande ? L’Allemagne suit cette logique, forte de son élevage qui a toujours produit de vrais chevaux de tenue, ce qui est la "marque de fabrique" de l’élevage germanique.

En considérant tout cela, il est évident qu’il faut, en France, une épreuve de sélection sur 2.400m avec une vraie identité pour nos 3ans. Plutôt que de vouloir retoucher encore le "Jockey Club", ne faut-il pas améliorer la formule du Grand Prix de Paris ? Avec une plus forte allocation – en prenant au "Jockey Club" qui offre beaucoup (trop ?) d’argent –, on peut donner aux vrais 3ans de 2.400m, qui peuvent être compétitifs le premier dimanche d’octobre, un réel objectif qui leur permettra de ne pas commencer la saison trop tôt. Le Grand Prix de Paris pourra ainsi devenir la vraie alternative au Derby du Curragh (délaissé depuis plusieurs années par les chevaux français) et, à plus de trois semaines, comme cette année, une possible préparatoire pour les 3ans en vue des "King George" avant un break estival. Pardonnez-moi l’insolence de laisser mon clavier défendre la modernité mais, à mon âge, on ne connaît pas encore la nostalgie. »