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Vision d’état et dabirsim, deux profils différents et inoubliables

Autres informations / 13.08.2014

Vision d’état et dabirsim, deux profils différents et inoubliables

« Je ne peux pas différencier Vision d’État (Chichicastenango) et Dabirsim (Hat Trick), qui sont tous deux arrivés ici pour la préparation en vue des ventes. Ils ont une histoire, et je crois d’ailleurs que tous les chevaux en ont une, ce petit détail qui change tout », nous a tout de suite déclaré Éric Lhermite. Ces deux chevaux, aux parcours et tempéraments totalement différents, ont tous deux marqué l’histoire du haras de Grandcamp.

VISION D’ETAT, LE CALME ET LA CLASSE

« Vision d’État était un yearling normal dans son attitude et son comportement, si ce n’est que c’était un fainéant », se rappelle Éric Lhermite. « À la longe, il voulait trotter, mais pas galoper. » Cheval très calme, et ce encore aujourd’hui en tant qu’étalon, Vision d’État se révélait totalement en piste. « Après le travail à l’entraînement, il s’allongeait dans son box et faisait une sieste. Aux ventes, il fallait aussi que quelqu’un le suive ! Il a toujours été très froid et très placide. Sa force était sa locomotion, qui était et est encore très belle, et il transmet d’ailleurs cela à sa progéniture. Il a aussi de très beaux tissus, très qualiteux, ce qui se retrouve aussi chez ses produits. »

Ce calme imperturbable est certainement ce qui a fait la force de Vision d’État. « Sa carrière doit aussi être liée à cela. Il ne faisait pas sa course dans les transports. Il a quand même remporté quatre Grs1 dans trois pays différents. Sa course la plus marquante pour moi était sa victoire à Ascot. Il était derrière, et nous nous sommes dit que c’était perdu. Mais quand il a mis le clignotant... » Vision d’État a été acheté 39.000 euros par Éric Libaud, son entraîneur, lors de la vente de yearlings de décembre. Avec des origines finalement peu commerciales, Chichicastenango n’étant pas alors un étalon particulièrement populaire.

« Avec son modèle et son pedigree, il a certainement fait son prix. Il a été acheté lors de la vente de yearlings de décembre, et je crois qu’il était d’ailleurs top price. Depuis, tout le monde a pu constater que Chichicastenango était un étalon très améliorateur. On ne donne pas deux vainqueurs de Prix du Jockey Club par chance. À ce stade, ce n’est plus un hasard. »

Vision d’État fait désormais la monte au haras de Grandcamp, où sa présence a physiquement changé le haras. « J’ai fait construire les boxes des étalons pour l’arrivée de Vision d’État. Je m’étais engagé à le faire s’il venait faire la monte ici. Nous avions déjà mis le pied à l’étrier avant, mais son arrivée à changé des choses. Je suis très heureux de l’avoir, il est facile à croiser et je lui ai envoyé beaucoup de juments maison. »

DABIRSIM, HORS NORMES

« Dabirsim était à part. C’était un très grand yearling, avec un physique hors normes et une robe très flatteuse. Et il avait surtout cette manière de se déplacer... Il en faisait trop quand il marchait, et beaucoup ont pensé qu’il ne verrait jamais un champ de course. Quand nous le lâchions dans le paddock, c’était le contraire de Vision d’État : il faisait son breeze. »

Cheval hors norme, Dabirsim n’avait pas non plus un profil très commercial, par Hat Trick. Son physique et sa façon de se déplacer ont plus effrayé que séduit les acheteurs. Il sera acheté 30.000 euros par Christophe Ferland. « Nous pensions qu’il allait faire plus. Je pense qu’il a fait peur aux acheteurs. Mais la seule règle avec les chevaux, c’est qu’il n’y en a pas. »

« Un jour, j’étais aux courses, et Christophe Ferland m’a dit qu’il allait remporter le Prix Morny avec Dabirsim. Et il avait raison. C’était un phénomène à 2ans. À chaque fois qu’il courait, c’était le grand frisson lorsqu’il déboîtait. J’aurais beaucoup aimé l’avoir comme étalon ici, et nous lui avons envoyé quelques juments. Nous présentons son frère par New Approach cette année, qui est un très beau poulain. Il est assez costaud, avec une façon de se déplacer qui rappelle Dabirsim. »