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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Voyage au cœur du cercle de deauville

Autres informations / 10.08.2014

Voyage au cœur du cercle de deauville

Qui dit mois d’août, dit Deauville et, pour les amoureux des courses et surtout de l’esprit traditionnel qui en émane, dit Le Cercle. Au calme dans le salon privé de l’hippodrome, Jean d’Indy et Hubert Tassin, qui en sont respectivement Président et Administrateur, ont accepté de nous ouvrir le Cercle.

AUX ORIGINES DES COURSES DEAUVILLAISES

« À l’origine, à la fin du XIXe siècle, les cercles, grâce à leurs membres, donnaient de l’argent qui garantissait les courses, explique Hubert Tassin. En 1921, Le Cercle de Deauville a donné le terrain de l’hippodrome à la société d’encouragement (l’ancêtre de France Galop) afin que cette dernière finance les courses. En contrepartie, France Galop réserve exclusivement au Cercle un salon et un emplacement dans la tribune. »

La villa du Cercle, située face à la plage, détient, elle aussi, une histoire. « Elle est l’une des dernières villas à Deauville à ne pas avoir été divisée en appartements, poursuit Hubert Tassin. Elle a fermé deux fois, durant les guerres, a servi d’hôpital pour les Anglais et il y a même eu un bunker allemand, juste devant la maison ! En 1948, elle a été restituée au Cercle, non sans avoir été amputée de son terrain de tennis et de sa plage privée. »

UN FONCTIONNEMENT PARTICULIER

Élu Président en 2000, à la suite du Duc de Noailles, Jean d’Indy détaille les particularités du club privé. « Contrairement aux autres clubs parisiens ou anglais, Le Cercle de Deauville ne fonctionne que durant le mois d’août, spécialement pour le meeting de Deauville. Il ouvre ses portes du premier au dernier jour. Le reste de l’année, la villa est utilisée par la ville de Deauville, qui la loue pour des réceptions ou encore des rendez-vous politiques comme le G20 ou le G3. »

LE CERCLE, UN ETAT D’ESPRIT

Quand il parle du Cercle, Jean d’Indy insiste : « Les membres ne sont pas forcément issus de vieilles familles ou ne font pas partie "de la haute". Ce sont surtout des personnes qui partagent le même centre d’intérêt, qui aiment la convivialité, la gastronomie, les jeux de cartes et, bien sûr, les courses ! Le Cercle est très cosmopolite. En plus des propriétaires ou des entraîneurs, il y a des gens non issus des courses, des Anglais, mais aussi le Prince Abdullah ou encore le Prince de Galles ! »

Pour l’anecdote, le Prince de Galles était venu jouer au polo avec Le Cercle et, appréciant l’ambiance, était revenu le lendemain à la Villa. N’étant pas membre, il s’en est vu refuser l’accès. C’est alors que le Comité a décidé sur-le-champ d’en faire l’unique "membre d’honneur".

Le Président raconte : « Au Cercle, on doit se sentir comme chez soi : quelqu’un qui n’est pas membre ne peut pas venir dîner, à moins d’être invité par l’un d’entre nous. » Il n’existe pas de femmes membres, à proprement parler, du Cercle. Mais elles bénéficient d’un statut particulier, celui de "dame associée".

UNE AMBIANCE "OLD FASHION"

Le Cercle a beau être convivial, il n’est pas dénué de codes pour autant. « Lorsque les gens viennent au Cercle, ils doivent porter veste et cravate. Cela peut paraître un peu désuet ou "old fashion", mais nous l’assumons », reconnaît Jean d’Indy. L’élégance est le maître mot de la maison. C’est ainsi que le restaurant ne propose que de la cuisine bourgeoise, servie à la française. « En revanche, le repas ne coûte pas plus cher que dans un restaurant classique. Alors que, dans ces derniers, le coût de revient est multiplié par trois, nous ne le multiplions que par deux », justifie Jean d’Indy.

L’HABIT NE SUFFIT PAS

Il ne suffit pas de porter une veste et une cravate pour intégrer Le Cercle. Si quelqu’un souhaite y entrer, il doit passer par un vote et faire l’unanimité. Hubert Tassin détaille : « En plus d’avoir les mêmes centres d’intérêt, il ne faut pas avoir trop d’ennemis si l’on souhaite intégrer le club. Ce système de cooptation aide à cela, mais le vote est obligatoire. Les parrains affichent le nom et il faut que personne ne s’y oppose. »

En 2014, neuf nouveaux membres ont été accueillis dans Le Cercle, composé de deux cents personnes environ. Pour 520 euros par an, ils peuvent ensuite passer le mois d’août dans la villa deauvillaise, où convivialité rime avec élégance.