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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Disparition de jean-michel de choubersky

Autres informations / 16.09.2014

Disparition de jean-michel de choubersky

Nous avons appris la disparition de Jean-Michel de Choubersky, décédé lundi des suites d’un cancer. Au cours de sa carrière d’entraîneur, beaucoup de grandes casaques lui avaient fait confiance. Jean-Michel Choubersky a notamment eu sous sa responsabilité des représentants de la casaque Wildenstein (Virunga) et de Guy de Rothschild. Il a obtenu son dernier grand succès dans le Grand Prix de Saint-Cloud (Gr1) 2001 avec Mirio (Priolo), qui devançait alors notamment Egyptband. Ce cheval, propriété d'Erik Soderberg, était alors monté par un jeune jockey en devenir, Christophe Soumillon, alors récent lauréat du Prix du Jockey Club avec Anabaa Blue.

Considéré par ses pairs comme un véritable gentleman des courses, Jean-Michel de Choubersky avait beaucoup d’amis dans l’univers hippique, notamment André Fabre, qui aimait s’entretenir avec lui. Ses amis nous l’ont décrit comme un grand travailleur, qui était toujours très tôt sur les pistes et aurait mérité d’obtenir un palmarès plus étoffé. Ils nous ont également rappelé que Jean-Michel de Choubersky était un vrai homme de cheval, dont l’élégance pouvait parfois masquer le sérieux et le stakhanovisme. Il savait également être généreux avec ses confrères, et sa compagnie restera pour beaucoup une référence dans le monde des courses. Jean-Michel de Choubersky sera inhumé jeudi, à 16 heures, à Escalans, dans les Landes.

À sa famille et ses proches, Jour de Galop adresse ses plus sincères condoléances.

JEAN-MICHEL DE CHOUBERSKY

par Guy THIBAULT, historien des courses

« Mais dans une autre vie, je me serais volontiers vu... grand avocat », telle était la conclusion d’un article de la revue Week-End après la victoire en 2001 dans le Grand Prix de Saint- Cloud de Mirio entraîné par "l’atypique" Jean-Michel de Choubersky, décédé lundi, âgé de 76 ans.

Neveu du baron Maurice de Nexon – président de la Société de Sport de France, cavalier aux 176 victoires –, Jean-Michel de Choubersky passait ses vacances à Nexon, un des hauts lieux de l’élevage en France. Tout en faisant connaissance avec les chevaux, il n’envisageait pas son avenir dans la profession équestre. C’est après avoir été mobilisé dans un régiment de spahis en Algérie, qu’il décide de faire un stage chez un entraîneur. Après avoir essuyé des refus d’Étienne Pollet et de François Mathet, c’est Geff Watson (entraîneur du baron Guy de Rothschild) qui l’initie au métier.

Après avoir sellé un premier vainqueur en 1971 à Amiens, grâce à Olivier Nicol, il se voit confier le "trop plein" de l’abondant élevage de Daniel Wildenstein. Parmi le surplus se trouve Virunga qui a le malheur d’être la contemporaine d’Allez France et de Dahlia dont elle se classe troisième dans le Prix de Diane en 1973. Après quoi, Virunga se console en remportant le Prix de Malleret.

En 1972, Jean-Michel de Choubersky entraîne aussi une partie de l’effectif du baron Guy de Rothschild. Parmi les élèves du haras de Meautry, figure un très bon poulain, Mariacci, qui remporte à 2ans, en 1974, le Grand Critérium, et fait

partie à 3ans de l’élite de sa génération en gagnant le Prix Greffulhe et en se classant deuxième du Prix Lupin et troisième du "Jockey Club".

Après avoir entraîné pour ces casaques célèbres, Jean-Michel de Choubersky a dû se contenter de fréquenter des propriétaires plus modestes, mais plus fidèles. Parmi eux un Suédois, Erik Soderberg, pour qui il a entraîné Mirio, gagnant de huit courses de 2 à 4ans dont un second Groupe 1, le Grand Prix de Saint-Cloud en 2001.

Jean-Michel de Choubersky, qui s’était retiré dans le Sud- Ouest (Landes), venait souvent sur les hippodromes parisiens rencontrer ses connaissances auxquelles manquera son humour détonnant.