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Jour de Galop

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Haras du pin : une coopérative au service des éleveurs

Autres informations / 21.11.2014

Haras du pin : une coopérative au service des éleveurs

Depuis un an, le haras du Pin est géré par une coopérative d’éleveurs bénévoles présidée par Jean-Pierre Viel. Le directeur de cette coopérative est Philippe Martin. Il nous a expliqué pourquoi cette structure a vu le jour et a dressé un bilan de la dernière saison de monte au haras du Pin.

JDG. – POURQUOI ET COMMENT UNE COOPERATIVE A VU LE JOUR AU HARAS DU PIN ?

Philippe Martin. – Suite au retrait des haras nationaux, les éleveurs voulaient que le site historique du haras du Pin reste dédié à l’élevage et ne tombe pas dans les mains d’investisseurs privés. C’est la détermination du monde du cheval qui a guidé la création de cette coopérative. Cette action s’est montée un peu à la dernière minute. Et, il faut le dire, au départ, c’est surtout grâce au soutien du monde du trot qu’elle a pu voir le jour. Nous avons la volonté de représenter toute la filière du monde du cheval : le trot, le galop, les chevaux de sport, les poneys et les chevaux de trait percherons. Pour la première saison de monte, en 2014, nous avons accueillis quasiment quatre cents juments au haras du Pin.

POUR LA SAISON DE MONTE 2015, QUELS SONT LES ETALONS PUR-SANG QUI FERONT LA MONTE AU HARAS DU PIN ?

Pour l’instant, quatre étalons pur-sang sont confirmés pour la prochaine saison de monte. Il y a Honolulu, que nous accueillons en collaboration avec une autre coopérative, celle de Cercy-la-Tour. Nous recevons aussi Pont Des Arts et le gagnant de Gr2 Now We Can, qui va commencer sa carrière d’étalon au haras du Pin. Le haras proposera également Alex The Winner, l’étalon américain de Jean-Pierre Dubois. Nous sommes encore en pourparlers pour tenter de faire venir un cheval à la production confirmée.

QUEL PREMIER BILAN DRESSEZ-VOUS DE LA SAISON DE MONTE 2014 ?

Le bilan est très positif pour la coopérative. Nous sommes partis de rien et il a fallu tout organiser entre la mi-décembre et la mi-février. La mise en place des statuts et toutes les procédures administrative, c'est très long ! Autant dire que nous n’avons pas pu faire de promotion et de publicité. Malgré cela, nous avons accueilli quasiment quatre cents juments. C’est un bon résultat, mais nous en gardons encore sous la pédale. La marge de progression est grande. Nous avons les infrastructures, les boxes et les paddocks. Nous pouvons donc faire mieux, maintenant que la coopérative est en place.

L’INDISPENSABLE COOPÉRATIVE AU PIN

La coopérative qui a repris la gestion du haras du Pin compte aujourd’hui 80 membres qui ont chacun investi 1.000 euros.

Cette somme peut paraître dérisoire, mais elle ne correspond pas non plus à un engagement symbolique, a précisé Philippe Martin. Il nous a également rappelé que le haras du Pin avait longtemps souffert du désengagement de l’État et de sa rivalité – plutôt stupide selon lui – avec le site de Saint-Lô, alors que la Normandie était tout à fait capable de promouvoir deux grands pôles. La mobilisation des éleveurs qui ont monté cette coopérative a permis au site du Pin de ne pas basculer dans le giron d’un investisseur privé.

C’était d’autant plus indispensable que le haras du Pin est l’un des plus beaux et plus grand haras de France. Il fait partie de notre patrimoine.

LES ÉLEVEURS ONT ÉTÉ ENTENDUS PAR STÉPHANE LE FOLL

Les éleveurs se sont mobilisés afin que les étalons des ex-haras nationaux ne soient pas vendus et dispersés. Des représentants de chaque filière se sont réunis et ont décidé d’aller expliquer au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pourquoi il ne fallait pas disperser tous les étalons des haras nationaux qui sont le fruit du travail des éleveurs français. Philippe Martin a tenu à nous dire que la filière remerciait le ministre d’avoir entendu l’appel des éleveurs afin que les étalons des ex-haras nationaux soient loués aux coopératives.