Avec bon sens... et dans le bon sens

Autres informations / 13.12.2014

Avec bon sens... et dans le bon sens

Par Mayeul Caire, directeur de Jour de Galop

Je salue le sens des responsabilités du mouvement des "Entraîneurs en Colère". Car il faut plus de courage pour arrêter un mouvement que pour le lancer.

L’idéal aurait été que cette semaine ne soit pas plombée par la menace de grève et que les courses commencent à l’horaire prévu... mais bon ! Malgré l’heure et demie de retard, la journée d’aujourd’hui aura fait moins de perdants que l’on ne pouvait le craindre : les parieurs ont pu jouer, les propriétaires ont pu courir, France Galop a gagné du temps sans rien lâcher, et les "Entraîneurs en Colère" ont gagné en crédibilité, en ne bloquant pas les courses. De plus, le discours lu par Mathieu Boutin (sans juger les propositions en elles-mêmes, avec lesquelles on peut être d’accord ou pas) a montré que le mouvement a des opinions à défendre sur des sujets plus larges, plus nombreux et, sur- tout, plus cruciaux pour la filière – je veux dire : plus décisifs pour l’avenir de l’en- semble des courses françaises – que de savoir si un entraîneur a le droit de se présenter dans le collège "Propriétaires".

Maintenant, il faut que les deux camps qui se sont affrontés ces derniers jours trouvent une nouvelle manière de communiquer. Que leur confrontation devienne un débat d’idées. Plus facile à dire qu’à faire... Si « l’union est un combat », comme disait le député communiste Étienne Fajon (et comme le dit toujours Guillaume de Saint-Seine quand il termine une conversation téléphonique), alors l’union du galop français est une guerre atomique – mais il faudra gagner cette guerre si on veut que les courses au galop françaises continuent à

servir de modèle durant de longues années encore.

Ce soir, finalement, les seuls perdants sont ces minables qui ont craqué une allumette puis soufflé sur les braises depuis quelques mois, en espérant que l’incendie réduirait la filière hip- pique en cendres. Réjouissons- nous que leurs écrits anonymes n’aient eu aucun poids dans le débat. La filière ne veut pas de ces vengeurs numériques, cachés derrière leur sombre masque de Z...éros !