décharge de nonant-le-pin : le reportage choc de "pièces à conviction

Autres informations / 26.12.2014

décharge de nonant-le-pin : le reportage choc de "pièces à conviction

Pièces à conviction, l’émission d’investigation de France 3, s’est intéressée au gigantesque marché de la dépollution et du recyclage des déchets. La moitié du reportage diffusé mercredi soir était consacrée à la décharge que l’entreprise GDE a implantée à côté de Nonant-le-Pin, et à la lutte organisée par les riverains pour obtenir sa fermeture définitive. Ce qu’on y apprend est édifiant.

Cela débute par des photographies prises par Fabrice Simon, l’étalonnier de Jean-Pierre Dubois, dès l’ouverture de la décharge. Le site n’est sensé accueillir que des restes de voitures dépollués, c’est-à-dire sans fluides, pneus, garnitures etc. Or, en dépit des règles, on voit clairement des pneus joncher le sol de la décharge.

L’émission revient aussi sur l’entreprise GDE, qui a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires énorme, et dont le président, Claude Dauphin, a été impliqué, via sa société Trafigura, dans l’affaire du Probo Koala, catastrophe environnementale survenue en Côte d’Ivoire en 2006. Pour cette affaire, Claude Dauphin a fait cinq mois de détention préventive en Côte d’Ivoire. L’État ivoirien a finalement retiré sa plainte, après avoir touché 152 millions d’euros d’indemnités... Un passé sulfureux, qui a alerté dès le début les riverains.

Pierre de Bretizel, géologue mandaté par les opposants à GDE, explique les dangers sur l’activité agricole et d’élevage liés à la proximité de la nappe phréatique, qui affleure à certains endroits de la décharge. Nicolas Desjouis, promoteur immobilier qui avait étudié la faisabilité de l’implantation d’une décharge sur ce site, confirme les propos du géologue : « Il existe à Nonant-le-Pin une vrai problème lié à la proximité de la nappe phréatique. C’était une telle aberration à première vue que nous n’avons même pas poursuivi notre étude. »

L’INTERVENTION DERANGEANTE DES POUVOIRS PUBLICS

On arrive ensuite sur le rôle qu’ont joué les pouvoirs publics dans l’installation de GDE à Nonant-le-Pin. Et là, ça fait mal ! GDE a commencé par obtenir le soutien du maire de Nonant, en promettant de doubler la redevance obligatoire pour l’enfouissement des déchets, soit 3 euros la tonne. Mais quand le journaliste demande à Jacques Queudeville pourquoi il continue de soutenir le projet malgré les agissements de GDE, la réponse est désarmante : « Je ne sais pas... Cela ne s’explique pas. »

On en vient alors au feuilleton pour l’obtention de l’autorisation de la construction de la décharge. Les choses avaient mal débuté pour GDE quand, dès 2007, la Direction régionale de l’environnement de l’Orne avait émis un avis défavorable pour l’implantation de cette décharge. Après une enquête approfondie, le préfet de l’Orne, Bertrand Maré-

chaux, refuse à GDE le droit de construire sa décharge. GDE contre-attaque et le tribunal administratif de Caen annule la décision du préfet. Mais avant que le préfet ne fasse appel de cette décision, le président du Conseil Général de l’Orne, Alain Lambert, s’en mêle. Il écrit à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie de l’époque, pour qu’elle incite le préfet à ne pas faire appel. Message reçu et transmis... Commentaires des deux intéressés à ce sujet : néant ! Le reportage nous apprend aussi que le directeur de cabinet d’Alain Lambert était alors Alain Pelleray, dont la société, la SEP, spécialisée dans le recyclage des déchets, vend du "platinage" à GDE... à des tarifs très supérieurs à ceux du marché.

Le dernier rebondissement concernant GDE date de février 2014. La société a été mise en examen pour complicité d’escroquerie. Elle aurait en effet procédé à des surfacturations systématiques aux collectivités locales. Face aux documents produits par les journalistes, les élus restent interdits : ils découvrent comme le spectateur que GDE les a volés ! Les opposants à GDE ont gagné un combat en obtenant du tribunal correctionnel d’Argentan, le 13 mai dernier, la fermeture définitive de la décharge. Mais la guerre n’est pas finie, puisque GDE a fait appel...

Suite à cette émission, les associations Sauvegarde des terres d’élevage et Nonant Environnement, qui s’opposent depuis plusieurs années au projet de centre d’enfouissement de GDE, ont déposé ce jeudi une plainte contre Alain Lambert et Alain Pelleray auprès du procureur de la République d’Argentan, des chefs de corruption passive et de prise illégale d’intérêt.

Pour visionner l’émission Pièces à Conviction,

cliquez sur ce lien : http://pluzz.francetv.fr/videos/pieces_a_conviction_,109521998.html