A newmarket, au cœur de l’empire pur-sang de godolphin

Autres informations / 12.01.2015

A newmarket, au cœur de l’empire pur-sang de godolphin

Nous reprenons le fil des aventures de Fanny Cyprès, étudiante française du prestigieux programme du Darley Flying Start. Cet épisode raconte les six semaines passées à Newmarket, dans le temple des courses britanniques.

« Après avoir passé près de trois mois en Irlande, la troupe Darley Flying Start faisait une escale de six semaines en Angleterre, dans la région de Newmarket, avant de s’envoler début janvier pour les États-Unis.

Nous sommes tout début novembre, et que ce soit en Irlande ou en Angleterre, la saison des courses plates rend son dernier souffle. Il est temps de poser nos valises à Newmarket, dans une gigantesque maison, aux allures de château de la “Star’Ac”, et située à deux pas du complexe des ventes de Tattersalls.

Pour notre plus grand bonheur, l’emploi du temps comporte peu d’examens et s’annonce riche en visites et en expériences orientées principalement sur l’entraînement. Suite logique des choses donc, puisque la phase anglaise s’insère dans le calendrier après plusieurs semaines consacrées au débourrage des yearlings en Irlande.

Dès notre arrivée, nous sillonnons les nombreux kilomètres de pistes vallonnées du fameux centre d’entraînement de Newmarket. À cela s’ajoutent plusieurs visites chez des entraîneurs où les premiers yearlings ont d’ailleurs fait leur arrivée. La matinée passée avec Sir Mark Prescott restera un de mes très bons souvenirs. Aristocrate pour le moins atypique, ce personnage désopilant ne manque pas de dérision. Sir Prescott est installé depuis plus de quarante ans dans la plus vieille écurie de Newmarket, juste au pied des pistes de la célèbre colline de Warren Hill. Piscine, marcheur, manège... rien ne manque. L’agencement des infrastructures est ingénieusement pensé, et de ce fait, très fonctionnel. Le travail des yearlings auquel nous avons assisté, dans le manège, était vraiment intéressant. Tel un chef d’orchestre, cigare à la bouche, Sir Prescott donne ses ordres à ses cavaliers et les yearlings, pourtant juste débourrés, s’exécutent dans un calme olympien : des huit, des transitions, prendre la tête, rester à l’arrière, passer dans un semblant de stalle de départ...

Qui dit Newmarket dit bien sûr Godolphin, la partie course de l’empire pur-sang du cheikh Mohammed Al Maktoum. Sous la houlette de son directeur opérationnel, Hugh Anderson, nous avons le privilège de visiter les deux “camps de base” impénétrables de l’Armée Bleue, dirigés respectivement par Saeed bin Suroor et Charly Appebly. Si le premier cité se mêle souvent à la foule des pistes de Newmarket, l’opération de Charly Appebly (Moulton Paddocks), basée à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau, est quand à elle un immense domaine appartenant exclusivement à Godolphin.

Derrière les grilles de cet édifice, où le cheval est roi, se cachent des infrastructures exceptionnelles avec piscine, spa, marcheur à eau de mer, de grands paddocks, et surtout une grande variété de pistes, que ce soit en termes de surfaces, de distances, de tracés ou bien encore d’inclinaisons.

Ces visites en tout genre viennent compléter une trilogie de rotations hebdomadaires extrêmement enrichissantes. De l’expérience acquise à la British Racing School (équivalent de l’Afasec), au préentrainement de Godolphin (Hamilton Hill) en passant par une semaine de découverte des différents départements basés à Dalham Hall Stud... Ces semaines d’immersion sont incroyablement formatrices et nous laissent à tous des souvenirs inoubliables.

Pour ma part, la semaine passée au préentrainement de Godolphin fut assez insolite. Je n’oublierai certainement pas ce matin où je me suis retrouvée dans un lot de 25 à 30 yearlings, assise sur un trois quarts frère de Carlton House. C’était la première fois que tous ces bébés, à plusieurs millions d’euros, s’élançaient sur le gazon pour un petit canter juste derrière l’hippodrome du Rowley Mile...

Enfin, notre séjour en Angleterre coïncidait aussi avec les incontournables ventes d’élevage de Tattersalls, qui, avec la vente d’élevage Arqana, constituent une marathon d’une quinzaine de jours. Après avoir suivi Mick Flanagan pour les ventes de Goffs Orby deux mois plus tôt en Irlande, je pense avoir encore tiré le gros lot pour les ventes de foals ! Angus Gold est un habitué des ventes de Deauville, que l’on ne présente plus en France. Prélude aux ventes d’élevage d’Arqana, les ventes d’élevage de "Tatts" attirent les acheteurs du monde entier et se déroulent dans une ambiance plutôt chaleureuse !

Lors des ventes de foals, Angus Gold a acheté un total de onze lots pour le compte de Shadwell dont les deux top prices de la vente. Cette année marquait aussi l’arrivée sur les rings de vente des premiers produits de Frankel ainsi que le passage en vente de la gagnante des Guinées irlandaises, Just the Judge, adjugée 4,5 millions de guinées dans un silence saisissant.

Nous avons aussi eu la chance de visiter de nombreux haras tels Cheveley Park Stud, Shadwell, Juddmonte, et je ne peux conclure le récit de mon séjour à Newmarket sans mentionner la rencontre inoubliable avec le champion Frankel.

À l’heure où j’écris ces lignes, nous venons d’arriver au Kentucky et la météo prévue pour demain est un froid sec avec une température ressentie de - 2°F... Changement de pays donc, changement de décor, mais surtout changement d’unité : le taux de change Fahrenheit / Celsius nous tire un peu plus bas dans les négatifs : - 17°C...!