Bertrand bélinguier a présenté ses vœux à la presse : " 2015 ne sera pas une année en roue libre !

Autres informations / 22.01.2015

Bertrand bélinguier a présenté ses vœux à la presse : " 2015 ne sera pas une année en roue libre !

Bertrand Bélinguier a présenté ses vœux à la presse : " 2015 ne sera pas une année en roue libre ! "

 

Mercredi matin, devant une vingtaine de journalistes, Bertrand Bélinguier, Président de France Galop, a présenté ses vœux à la presse. Il était accompagné de ses deux vice-présidents, Jean d'Indy et Loïc Malivet, ainsi que de Thierry Delègue et Jean-Christophe Giletta. Un exercice de style sous une nouvelle formule, puisqu'il s'est employé, pendant plus d'une heure et demie, à répondre aux questions lui ayant été préalablement soumises par les journalistes et qui ont été regroupées en grands thèmes.

En préambule, Bertrand Bélinguier a rappelé la période difficile que traversent les paris hippiques et donc les courses : " France Galop recevra cette année 38 millions d'euros en moins de la part du PMU, comparativement à 2013, en raison de la baisse des paris hippiques. Cette situation a bien entendu des effets sur notre activité. Conscients que l'ouverture du marché des paris hippiques aurait des conséquences, nous avions largement anticipé cette situation, notamment via notre comité stratégique lancé il y a bientôt trois ans et qui comporte, je le rappelle, un volet économie et un volet développement. "

 

LES NOUVEAUX STATUTS DE FRANCE GALOP, LE CODE ÉLECTORAL, ET LES ÉLECTIONS

Que contiennent les nouveaux statuts des sociétés mères, et où en sont-ils ?

Bertrand Bélinguier. Nous sommes régis par un décret en Conseil d'État qui date de 1997. Depuis, beaucoup de choses se sont produites, et notamment l'ouverture du marché des jeux à la concurrence. Il était absolument indispensable qu'il y ait un nouveau décret en Conseil d'État.

De façon générale, un décret, établi par un ou plusieurs ministères, est soumis à l'approbation de ce même Conseil.

Une fois qu'il a rendu son avis, le gouvernement met le texte en signature. C'est une procédure qui prend donc un peu de temps. Le décret qui nous concerne est actuellement au stade de l'examen par le Conseil d'État. Si tout va bien, nous pourrions espérer qu'il soit publié début mars, ce qui correspondrait assez bien, par rapport à la période électorale qui aura lieu en fin d'année. Bien entendu, les statuts des sociétés de courses et du PMU doivent être conformes aux règles éditées par ce décret. Une fois le décret paru, il y aura donc certainement des adaptations des statuts des sociétés mères et du PMU.

Mais j'insiste sur un point : ce décret n'est pas fait pour les élections. Il est nécessaire pour présenter l'organisation des courses et du pari mutuel à partir d'une situation nouvelle. Mais comme nous sommes en année électorale, il a bien fallu commencer par agir comme nous le faisons tous les quatre ans, c'est-à-dire prévoir en début d'année l'adoption d'un code électoral qui, lui, ne dépend pas forcément des dispositions du décret.

Qu'est-ce qui empêchera les propriétaires entraîneurs de présenter des listes dans d'autres collèges avec des candidats qui partagent leurs idées mais n'ont pas de licence professionnelle ?

Rien. La disposition qui a été prise est en rapport avec notre organisation par collèges, afin qu'il ne puisse pas y avoir de titulaires d'une licence professionnelle d'entraîneur ou jockey présentant des candidats dans des collèges d'éleveurs ou propriétaires.

 

Serez-vous candidat à la présidence de France Galop ?

Comme je l'ai déjà dit, je ferai connaître ma position à l'été.

 

Une année électorale est traditionnellement peu propice à l'action normale d'un gouvernement et à sa capacité à poursuivre les réformes. Dans ce cas, avez-vous défini les axes et/ou les actions prioritaires que vous souhaitez mener avant la fin 2015 ? Je vais être catégorique dans ma réponse. Dans la situation actuelle, on ne peut pas se permettre d'aborder cette année en roue libre, en attendant les élections. C'est tout simplement impossible et cela serait irresponsable. Nous sommes là pour gérer France Galop au mieux des intérêts du galop en France, et notre action doit continuer tout au long de l'année, en traitant les sujets fondamentaux que nous avons déjà évoqués. Les actions réformatrices du galop, qui doivent mener au redressement des paris hippiques en particulier la rénovation des points de vente du PMU qui est un chantier majeur -, à la conquête ou la reconquête du public et des propriétaires, représentent une série de dossiers extrêmement importants. Je voudrais insister sur ce point. Je sais bien que lorsqu'il y a moins d'argent, il y a plus de disputes et de désaccords. Mais je pense qu'il est fondamental qu'il y ait de l'unité dans la gestion des courses. Je le dis à la fois entre la partie paris et la partie courses, je le dis aussi entre le trot et le galop. Le conseil d'administration de France Galop assurera ses responsabilités comme il se doit et cela jusqu'à la fin de l'année.

 

LE NOUVEAU LONGCHAMP

Où en est le projet du nouveau Longchamp ?

Le projet suit son cours. Le permis de construire a été accordé par la mairie au printemps dernier. Nous sommes maintenant dans la phase d'étude des propositions des entreprises sur la construction des bâtiments. À partir de là, nous aurons d'abord à choisir quelle est la meilleure, et ensuite nous aurons tous les éléments à notre disposition pour que le Conseil d'administration prenne la décision définitive d'aller de l'avant. C'est ce qui devrait être décidé dans le courant de l'année.

 

Qu'en est-il de l'engagement dans ce projet des partenaires qataris ?

Nos partenaires du Qatar ont manifesté leur intérêt de participer au financement de la rénovation de l'hippodrome de Longchamp. Nous sommes actuellement en discussion avec eux, et nous en saurons plus dans les semaines qui viennent. La hauteur de leur participation fait partie des sujets dont nous discutons avec elle, mais dans tous les cas, ce ne sera pas à 100 %. Je dirais que cette participation restera dans des proportions raisonnables. Forcément, il y aura des contreparties, car il n'est pas question pour eux de faire un don en quelque sorte.

 

Quels sont les grands principes qui ont guidé le projet et quel événement pourrait empêcher sa réalisation ?

Tous les grands hippodromes internationaux, et plus largement, tous les grands équipements sportifs ont été rénovés au cours des dernières années. Longchamp a été construit dans sa dernière version dans les années 60. Aujourd'hui et depuis des années, nous sommes confrontés à un vieillissement des installations de Longchamp. L'hippodrome a besoin d'être modernisé, et il aurait dû être rénové depuis une quinzaine d'année. Un hippodrome modernisé, au goût du jour et des attentes du public, est de nature à créer un appel d'air pour un élément d'attractivité que nous souhaitons. Il doit s'adapter à un nouveau parcours client, qui a été grandement modifié au cours des dernières années. Le client veut trouver tout au même endroit. Le parti pris architectural est celui d'un hippodrome plus profond, et moins long. Pour la seconde partie de la question, ma réponse est simple : une question de finance ! Nous verrons au bout de compte quel est le montant total de la facture. C'est pour cela que la phase d'étude des propositions est cruciale : il faut choisir la meilleure, au meilleur coût. Le chantier est estimé à 130 millions d'euros. Je rappelle aussi que notre fonds de réserves affectées à ce projet s'élève à 80 millions d'euros.

Il faut aussi rappeler que nous sommes contraints à des mises aux normes obligatoires, suite à la nouvelle convention que nous avons conclue il y a deux ans, et qui nous garantit l'exploitation d'Auteuil et de Longchamp jusqu'en 2056.

 

MAISONS-LAFFITTE

Thierry Delègue a récemment déclaré que France Galop réfléchissait à la gestion de son patrimoine, et qu'elle avait décidé de vendre plutôt de louer certaines écuries de Maisons-Laffitte. Cela veut-il dire qu'elle va se désengager du centre de Maisons-Laffitte ?

Thierry Delègue. Sur ce point, il faut être extrêmement clair. France Galop fait face à une situation financière complexe, puisque nous avons retenu un budget avec un déficit de 38 millions d'euros. Nous regardons tous les points qui peuvent contribuer à accroître ce déficit. Aujourd'hui, Maisons-Laffitte est un centre d'entraînement qui est en déséquilibre, comme beaucoup  d'autres  centres  d'entraînement,

mais qui l'est sans doute davantage. À partir de ce constat, nous avons une réflexion qui consiste à étudier toutes les pistes qui peuvent soit nous permettre des économies, soit

nous permettre des recettes supplémentaires. Nous avons plusieurs pistes. La première, c'est de réfléchir au dimensionnement de Maisons-Laffitte. Aujourd'hui, ce centre accueille entre 600 et 650 chevaux. Il pourrait en accueillir facilement, compte tenu de ses installations, le double. Il est donc logique de réfléchir au dimensionnement des pistes qui existent, et c'est dans cet esprit que nous allons organiser une réunion avec les entraîneurs, dès qu'ils seront revenus des meetings de Cagnes et de Pau. Le deuxième axe, c'est le patrimoine immobilier que nous possédons à Maisons-Laffitte. Nous n'avons pas décidé de vendre les écuries. Mais certains entraîneurs peuvent être désireux d'acquérir des écuries disponibles. Il n'est pas impossible que sur les baux qui se terminent, France Galop propose aux entraîneurs d'acheter ces écuries. Certains y voient un signe de notre volonté de nous en aller de Maisons-Laffitte. Moi, j'y vois un signe extrêmement positif, car si un entraîneur souhaite acquérir une écurie, c'est qu'il a confiance dans ce centre, et qu'il souhaite y pérenniser son activité. Il faut vraiment faire attention à l'interprétation d'une telle mesure. Le rôle de France Galop n'est pas de gérer des écuries.

 

LE PROGRAMME

Faut-il revoir le système de distribution des allocations entre le cheval vainqueur et les placés ?

Thierry Delègue. Tout est ouvert, ce sont des débats qui peuvent intéresser les conseils du plat et de l'obstacle.

Il y a quelques années, il y avait eu un grand débat sur ce sujet. Je rappelle simplement que dans la plupart des pays, on donne bien davantage au gagnant par rapport aux placés que ce que nous faisons en France. En France, la répartition est plus en faveur des placés. En obstacle, c'est encore plus marqué. Aujourd'hui, nous n'avons pas senti une vraie demande de modifica-

tion mais si cela s'avère nécessaire, nous nous pencherons sur cette question.

 

LES ACTIONS COMMUNES DES DEUX SOCIETES MERES

Le Trot et France Galop se sont unis dans le cadre du marketing commun des courses. D'autres thèmes pourraient-ils associer les deux sociétés mères ?

Bertrand Bélinguier. Je voudrais d'abord souligner que les deux sociétés mères travaillent ensemble depuis quelque temps, puisque dès 2012, nous avions pris des décisions communes pour la retransmission télévisée des courses, ce qui nous avait permis de faire des économies substantielles. Ces derniers temps, nous avons effectué cette action de marketing commun des courses. Une quarantaine de personnes a travaillé pendant plusieurs mois sur ce sujet. C'est un vrai travail de réflexion pour se dire qu'il n'était pas forcément souhaitable d'avoir un marketing différent pour le trot, le galop et les paris.

Il y a forcément un tronc commun qui peut être trouvé dans l'intérêt des courses en général. Après, bien entendu, il y aura des déclinaisons pour chacune des parties concernées. Ce travail sera présenté lors d'une réunion avec les deux comités des sociétés mères, ce qui ne s'est jamais produit. Il y a évidemment beaucoup d'autres sujets où nous pourrons être amenés à travailler ensemble, comme l'examen des contrats de gestion (assurance, électricité, achats publicitaires). Nous pouvons avoir des actions communes sur toute une panoplie de sujets.