Retournement de situation dans l'affaire peta/asmussen

Autres informations / 17.01.2015

Retournement de situation dans l'affaire peta/asmussen

RETOURNEMENT DE SITUATION DANS L'AFFAIRE PETA/ASMUSSEN

STEVE ASMUSSEN BLANCHI PAR SES PAIRS

L'entraîneur américain Steve Asmussen et son assistant Scott

Blasi viennent d'être innocentés après dix mois d'enquête menée par le KHRC

(Kentucky Horse Racing Commission) à la suite des accusations de cruauté envers

des chevaux proférées par la PETA, la "SPA" américaine. La New York

Gaming Commission, qui avait aussi diligenté une enquête, n'a pas encore rendu

son verdict publiquement. Vu l'ampleur qu'avait pris cette affaire, une telle

conclusion était dure à envisager il y a seulement quelques mois. Indignée par

cette décision, la PETA se défend bien mal... Bob Beck, président du KHRC, a

annoncé dans un communiqué jeudi dernier : " Les recherches ont prouvé que

les pensionnaires de Steve Asmussen étaient entre de bonnes mains et qu'en

aucun cas ils n'ont reçu des traitements médicaux inutiles les faisant souffrir

ni n'ont fait l'objet d'utilisation de matériels interdits tels que la cravache

électrique. "

Clark Brewster, l'avocat de l'entraîneur, a immédiatement

réagi à cette décision, en déclarant : " Bien entendu, nous sommes

contents de voir enfin la conclusion de cette histoire ? Nous sommes aussi

ravis que les enquêteurs aient effectué un examen approfondi et éliminé

beaucoup des accusations qui ont dramatisé le message que cette organisation

d'activistes, PETA, a voulu essayer d'adresser. "

La PETA, le New York Times, et un vrai scandale public

L'affaire Asmussen, qui avait fortement secoué les courses américaines, était

partie d'un article du New York Times, publié en mars 2014 et écrit par Joe

Drape, commentant une vidéo réalisée par une activiste de la PETA infiltrée

dans l'écurie d'Asmussen. Dans ce film, on entendait principalement Scott Blasi

(remercié par Steve Asmussen après l'affaire, puis réintégré à l'équipe), qui

affublait les chevaux de surnoms méprisants, mais la PETA dénonçait aussi de

mauvais traitements

envers les pur-sang (médication à outrance, brutalité...).

Le quotidien new-yorkais avait déjà attaqué les courses, et

notamment le taux de mortalité anormal sur l'hippodrome d'Aqueduct, en 2012.

Clark Brewster ne s'est pas gêné pour rappeler : " L'affaire a débuté

lorsque Joe Drape a écrit un article dans le New York Times. Cet article a été

publié dix mois après que la fille de PETA est partie des

écuries de Steve. La première question qui se pose est :

pourquoi la PETA a-t-elle attendu dix mois pour dénoncer une telle chose ?

Lorsque l'article est paru dans le New York Times, nous avons essayé de convaincre

Joe Drape que c'était faux, que nous pouvions lui montrer des documents

prouvant que PETA avait tort. Il n'était pas ouvert à la discussion, il n'avait

aucun intérêt à ce que cette histoire ne soit pas prise en considération, il

voulait simplement faire sensation avec son article. Je pense qu'il a fortement

contribué à ce qui s'est passé durant l'année qui s'est écoulée. "

Si l'opinion publique a été fortement émue par cet article

et la vidéo qui l'accompagnait, égratignant un peu plus l'image des courses

américaines, Steve Asmussen n'est pas sorti indemne de cette histoire. Toujours

selon son avocat, il a perdu cinquante-trois chevaux en deux jours, et sa

nomination pour le Hall of Fame 2014 a été retirée.

 

La crédibilité de la PETA mise en cause

Logiquement, la PETA n'est pas restée les bras croisés face

à cette conclusion. Via sa porte-parole, Kathy Guillermo, l'association a

protesté : " Le KHRC a prouvé aujourd'hui son désintéressement total pour

le bien-être des chevaux autant que le gouvernement syrien pour la souffrance

humaine. Si les images produites par la PETA ne montrent rien d'interdit, alors

quelque chose ne va pas avec les courses en général dans le Kentucky. Tout

organisme compétent chargé de faire respecter la loi aurait réexaminé toutes

les preuves disponibles, y compris des chevaux blessés qui étaient traités au

lieu de les laisser se reposer. " Il faut dire que dans son rapport, le

KHRC n'a pas épargné la PETA, l'un de ses ennemis historiques : "La PETA a

présenté dans sa vidéo des conversations hors contexte et contraires au contenu

de la conversation globale. Tout ce qu'ils affirment ne concerne que certains

chevaux et certains événements ayant eu lieu presque un an avant la polémique.

" D'après le comité des courses du Kentucky, la PETA n'a en outre jamais

voulu fournir des informations complémentaires ou être assigné à comparaître

pour les besoins de l'enquête. Le refus de la PETA à collaborer pleinement à

l'enquête a remis en cause sa crédibilité, d'autant plus que la pseudocavalière-journaliste

aurait eu une relation avec Scott Blasi alors qu'elle travaillait de façon

anonyme pour la PETA. Clark Brewster souhaite que Steve Asmussen réfléchisse à

des actions légales envers la PETA. L'affaire n'est donc sans doute pas encore

terminée.