Tribune libre rassemblement, lucidite, determination

Autres informations / 10.01.2015

Tribune libre rassemblement, lucidite, determination

TRIBUNE LIBREµ

RASSEMBLEMENT, LUCIDITÉ, DÉTERMINATION

Patrick Burel a écrit à Loïc Malivet pour présenter sa candidature au Syndicat des Éleveurs. Il nous a autorisés à reproduire dans

Jour de Galop son courrier, qui intéressera tous ceux qui suivent l'actualité sportive et institutionnelle française.

 

 

" J'ai le plaisir de présenter ma candidature au Comité du Syndicat, conformément au Titre 2 des statuts et sous le titre : rassemblement Lucidité détermination.

Je suis un jeune éleveur sans sol, avec deux poulinières PS de plat, mais je suis le monde des courses et de l'élevage depuis plus près d'un demi-siècle. Par ailleurs, mon activité professionnelle m'amène à être en contact 30 % de mon temps avec la Présidence de la République, Bercy, l'Assemblée nationale et le Sénat, ce qui peut être utile au syndicat.

 

Devant les défis qui se posent et vont se poser à l'élevage français, et plus globalement au monde des courses, je souhaite donner trois objectifs à ma candidature.

1. Le rassemblement

Il est primordial que le syndicat des éleveurs rassemble la totalité des éleveurs de pur-sang qui exercent cette activité en France. Donc, il faut prendre contact avec ceux qui ont quitté le syndicat pour faire en sorte qu'ils en redeviennent membres. Les grands élevages internationaux ont besoin des petits éleveurs, avec sol ou hors sol et réciproquement. Vis-à-vis des pouvoirs publics, en ces temps de frénésie fiscale, si nous voulons d'une part éviter les taxations abusives et, d'autre part, pouvoir plaider la mise en œuvre de mesures spécifiques pour notre activité, avec une chance de réussite importante, seule la présence d'un grand nombre de petits éleveurs pourra justifier ce type de mesure, car je rappelle que l'élevage de pursang est considéré, sauf exception, par l'Administration et/ou la classe politique (de droite comme de gauche) comme un loisir réservé aux riches et rarement comme une activité économique permettant d'avoir des emplois dans des territoires qui, sans celle-ci, se trouveraient assez désertiques. Je ne néglige pas les actions entreprises par le syndicat, mais je pense qu'il faut poursuivre et étendre cette action, car les interlocuteurs sont sollicités par d'autres sujets et ont besoin que nous leur rappelions l'importance économique de notre activité.

A contrario, les petits éleveurs ont impérativement besoin de la présence des grands élevages internationaux pour disposer d'étalons économiquement compétitifs et de juments à acheter pour renouveler régulièrement les leurs, afin de rester "dans la course" dans ce contexte de grosse concurrence internationale.

 

2. La lucidité

Nous disposons d'un dispositif de primes à l'élevage et de primes propriétaires que le monde de l'élevage et des courses à l'étranger nous envie et qui a pour objectif premier et principal de contribuer à l'amélioration de la race du Pur-sang par la sélection, faut-il le rappeler une fois encore ?

C'est la raison pour laquelle il faut faire en sorte que soit poursuivie et encouragée la politique mise en œuvre actuellement, qui consiste progressivement à réserver strictement aux nés et élevés en France ces primes, avec comme corollaire une politique d'amélioration qualitative proactive et volontariste des juments et du parc étalon français. Je constate à ce propos qu'en 2015 deux grands élevages internationaux, celui du Prince Aga Khan et celui de la famille Al Thani, ont fixé plusieurs étalons internationaux. Cela pourrait, me semble-t-il, pouvoir être considéré comme une réponse "par le haut", avec tous les avantages induits (non-envoi à l'étranger d'un grand nombre de juments à la saillie, paiement de pensions en France, etc.) à la nouvelle politique des primes à l'élevage en France.

Je rappelle aux "amnésiques de service" que nos amis irlandais ont mis en place, il y a un temps certain, une politique fiscale très "agressive" concernant les étalons et que Bruxelles l'a laissée exister, sans "broncher" pendant de très nombreuses années.  A contrario, il faut le répéter, un pourcentage non négligeable de poulinières, d'étalons et de chevaux à l'entraînement ne sont plus dans le marché.

Il faut donc les retirer rapidement, sauf à considérer que leurs propriétaires les considèrent plus comme des animaux de compagnie que dans une optique d'activité économiquement viable. Cela pourrait passer, par exemple, par la suppression des primes à l'élevage pour les juments n'ayant pas produit un ou deux gagnants d'une course "F" dans leurs quatre premiers produits vivants.

Par ailleurs, comme l'a suggéré le grand entraîneur Jean-Claude Rouget dans l'interview parue dans le dernier numéro 2014 de JDG, il faut que France Galop empêche les nuls de courir.

Cela pourrait passer aussi par la suppression de la prime propriétaire pour les chevaux âgés de sept ans et plus et ayant une valeur inférieure à 32. Cela devrait contribuer à améliorer la rotation des chevaux à l'entraînement, donc aider les éleveurs à mieux vendre leur production.

Enfin, pour permettre aux petits éleveurs de pouvoir acheter des juments de qualité, en dehors des ventes aux enchères existantes, le syndicat devrait organiser, avec les associations professionnelles concernées, une place de marché utilisant internet, comme cela existe pour d'autres produits (automobiles, biens d'équipement, etc.). Cela contribuerait à fluidifier encore plus le marché tout au long de l'année.

 

3. La détermination

Pour mettre en œuvre cette politique, il faut des femmes et hommes qui, au-delà de leurs intérêts personnels, sachent les dépasser et apportent aussi leur expérience d'homme ou de femme d'entreprise et non principalement, comme actuellement, des membres du "microcosme". En effet, même si l'aspect plaisir et loisir est important, il faut avoir une approche économique raisonnée de l'élevage, sans quoi beaucoup d'éleveurs, avec ou sans sol, se lasseront vite de l'absence de résultat associée à un coût financier trop important à supporter. Il faut aussi réfléchir à mettre en place une filière financière, en particulier de financements pour quitter l'approche "artisanale" qui existe actuellement concernant les étalons et les juments.

De même, au niveau des assurances, il faut réfléchir avec les acteurs existants et les compagnies d'assurances à de nouveaux produits.

Puis il faut prendre contact avec les directions de gestion de fortune des grands établissements bancaires et assurances français et étrangers, pour voir s'il existe de la part de leurs clients un intérêt pour ce type d'investissement.

Enfin, mettre en place une politique pour aller chercher de nouveaux éleveurs, tout ceci devant s'intégrer dans le cadre de la politique générale et de celle destinée à l'élevage de France

Galop. "